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OrganisĂ©e par Jean-Christophe Ogier (journaliste Ă France Info) et BenoĂ®t Peeters (scĂ©nariste et Ă©crivain), une rencontre a rĂ©uni Ă Bastia plusieurs auteurs d’adaptations littĂ©raires. Pourquoi et comment se sont-ils attaquĂ©s Ă un monument du roman ? Morceaux choisis.
Nicolas Dumontheuil (Big Foot, Futuropolis)
« Je me suis inspirĂ© de Le Monstre des Hawkline de Richard Brautigan, que j’avais lu il y a longtemps. Je ne me suis pas replongĂ© dans le bouquin avant de me lancer dans l’aventure, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© procĂ©der de manière instinctive. Je m’en suis donc librement inspirĂ©, et je ne l’ai relu qu’après ! Faire du western Ă©tait un vieux rĂŞve. Ce genre un peu con est maladroit, machiste, toujours raciste : l’histoire est toujours racontĂ©e du point de vue des Blancs. J’avais envie de corriger cela. » [voir aussi notre dossier WESTERN dans BoDoĂŻ n°114]
Hippolyte (Le Maître de Ballantrae, Denoël Graphic)
« Après avoir terminĂ© une adaptation de Dracula, je cherchais des romans Ă lire. J’ai achetĂ© une pile entière de livres de Stevenson, et j’ai tout avalĂ© en quinze jours. Le MaĂ®tre de Ballantrae m’a particulièrement marquĂ© : deux semaines après l’avoir lu, j’attaquais la première planche. C’est un grand roman d’aventures Ă l’ancienne, avec un vrai souffle Ă©pique. J’ai Ă©laguĂ© quelques parties, mais j’ai gardĂ© les dialogues de Stevenson. J’ai tentĂ© d’Ă©viter le piège de l’Ă©pate graphique : il faut savoir sacrifier le dessin au profit de la narration. J’Ă©tais très Ă l’aise avec l’univers de Stevenson. Je suis devenu monomaniaque, je voudrais adapter un autre de ses textes ! »
Marion Mousse (Frankenstein, Delcourt)
« J’avais lu le livre de Mary Shelley il y a quelques annĂ©es. Pour moi, il parlait plus de Victor Frankenstein, le crĂ©ateur, que de la crĂ©ature (mĂŞme si elle occupe les deux tiers du roman). J’ai choisi d’utiliser beaucoup de noir, des couleurs vives, assez lourdes, et un trait gras. J’ai Ă©vitĂ© les plans larges, je voulais que ce soit oppressant. »
Denis Deprez (Moby Dick, Casterman, avec Jean Rouaud)
« J’avais dĂ©jĂ adaptĂ© Frankenstein, et le bleu de l’Antarctique Ă©tait longtemps restĂ© en moi. Je cherchais un roman Ă©pique Ă adapter, qui me permettrait de rĂ©utiliser cette couleur obsĂ©dante. Avec l’Ă©crivain Jean Rouaud, j’ai choisi Moby Dick de Melville. Nous l’avons lu chacun plusieurs fois, en confrontant nos lectures et en notant des phrases afin de dĂ©velopper le squelette narratif de l’histoire. Ensuite, j’ai rĂ©alisĂ© un petit story-board, puis le dessin Ă proprement dit. Nous avons ensuite réécrit les textes, pour mieux les relier aux images. »
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