Archive pour la catégorie 'Interviews'

Florent Ruppert et Jérôme Mulot : leur méthode de travail

Mardi 22 avril 2008

Qui dessine ? Qui écrit ? Tel le duo Dupuy-Berberian, difficile de distinguer qui fait quoi. Normal, les auteurs du très bel album Le Tricheur (L’Association, le 16 mai) font tout ensemble. Explications.

 

Florent Ruppert : « Au départ, nous travaillons chacun de notre côté. Puis, dès que l’un de nous trouve quelque chose, il en fait profiter l’autre. Nous enrichissons ainsi un butin commun. »

Jérôme Mulot : « Pour Le Tricheur, nous nous sommes répartis les personnages. Par exemple, j’ai dessiné celui de Bonnet et Florent celui de Casquette. Comme nos protagonistes sont le plus souvent en duo dans les cases, cette méthode permet d’établir une véritable confrontation entre eux. »

Florent Ruppert : « Nous dessinons ainsi chacun notre héros, que nous scannons. Chaque personnage prend sa place sur un calque, de même que les décors ou les dialogues. Ensuite, nous superposons le tout sur ordinateur, comme pour un dessin animé. Comme cela, c’est plus facile à retravailler, et si un de nous rate un dessin, il ne pourrit pas celui de l’autre ! »

 

Propos recueillis par Benjamin Roure

 

Retrouvez l’intégralité de la rencontre avec Florent Ruppert et Jérôme Mulot dans BoDoï #118. Et allez faire un tour sur leur site qui contient de nombreux bonus, et un hilarant concours de bras de fer dessiné !

 

© L’Association / Ruppert et Mulot / 2008

Les + du blog : Gotlib raconte sa Rubrique-Ă -Brac

Mardi 22 avril 2008

Comme Mai 68, La Rubrique-à-brac de Gotlib fête cette année ses 40 ans. Dargaud offre à cette occasion à son créateur un album-hommage, Rubrique-à-Bracadabra, signé par 34 auteurs (de A comme Arleston à Z comme Zep). Une bonne raison pour BoDoï d’aller dialoguer avec le grand Marcel Gotlib.

 

 

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BD à Bastia : Messire Guillaume sacré outil pédagogique

Jeudi 3 avril 2008

Ils ont foulĂ© l’Ă®le de NapolĂ©on une première fois en dĂ©cembre, pour rencontrer des Ă©lèves de classes allant du CE1 au CM2. Gwen de Bonneval et Mathieu Bonhomme, auteurs de Messire Guillaume (Dupuis), sont ensuite revenus en Corse pour BD Ă  Bastia, qui leur consacrait une exposition.

Quelle était votre mission ?
Mathieu Bonhomme : il s’agissait d’expliquer le processus d’Ă©laboration d’une planche, en dĂ©taillant les diffĂ©rentes Ă©tapes permettant de passer d’un crayonnĂ© Ă  une planche terminĂ©e. Les scolaires prĂ©sents Ă©taient dĂ©jĂ  sensibilisĂ©s Ă  la chose, puisqu’il apprennent Ă  rĂ©aliser des bandes dessinĂ©es tout au long de l’annĂ©e, au cours d’ateliers spĂ©cifiques.

Comment avez-vous procédé ?
Gwen de Bonneval : Nous avons fait - entre autres - une dĂ©monstration avec nos personnages. Mathieu dessinait un Guillaume (le jeune hĂ©ros de la sĂ©rie) et un Brabançon (le chevalier qui le protège) et nous expliquions comment le physique d’un personnage peut donner des indications sur son caractère. Il s’agissait de crĂ©er une petite Ă©tincelle, de donner envie Ă  ces enfants de faire de la BD.

Verra-t-on dans une quinzaine d’annĂ©es une explosion du nombre d’auteurs corses ?
Gwen de Bonneval : On ne peut prĂ©sumer des consĂ©quences de ce genre de dĂ©marche, mais cela peut provoquer des choses. Frantz Duchazeau [Meteor Slim, Les Vaincus] s’est mis Ă  la BD après avoir rencontrĂ© un auteur lors d’un stage. Et j’ai dĂ©cidĂ© de rĂ©aliser des BD Ă  l’âge de 11 ans, après avoir vu les planches rĂ©alisĂ©es par un copain pendant un stage de BD.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Mathieu Bonhomme : Le cinquième tome du Marquis d’Anaon sort en mai. Et j’ai dessinĂ© le tiers du troisième Ă©pisode de Messire Guillaume. Ca avance, mais comme j’utilise un crayon je dois faire un travail assez technique sur les niveaux de gris, et c’est long. J’essaie aussi d’Ă©crire des scĂ©narios tout seul, mais ça pourra prendre du temps.
Gwen de Bonneval : J’avance sur mon projet d’album de science-fiction avec Fabien Vehlmann, prĂ©vu chez Futuropolis en 2009. Et j’ai adaptĂ© Les Racontars arctiques de Jorn Riel, qu’HervĂ© Tanquerelle dessine. Le livre sortira chez Sarbacane, dont je dirige la collection BD.

Propos recueillis par Laurence Le Saux
Les ateliers (reconstitués à Bastia) de Mathieu Bonhomme et Gwen de Bonneval.
Photos © BoDoï

Les + du blog : Laurent ASTIER

Mercredi 26 mars 2008

Le prolifique dessinateur Laurent Astier (Cirk, Aven) s’est penché sur le délicat sujet du trafic de prostituées en Europe, et notamment la filière albanaise. Il en a tiré un polar magistral, à la mise en couleur audacieuse, Cellule poison (Dargaud). Il évoque dans BoDoï #117 la création de cette série prévue en cinq épisodes et s’épanche plus longuement sur le blog.

Vous êtes-vous basé sur une histoire réelle pour écrire votre scénario ?
Non, j’ai inventé la cellule Poison. Mais de telles choses doivent exister. Contrairement aux États-Unis, où certaines actions du FBI et de la CIA sont assez médiatisées, la France cache tout ce qui se rapporte à la DST ou aux RG. Très peu d’agents retraités écrivent de livres sur leur expérience professionnelle, par exemple. Peut-être s’engagent-ils au silence jusqu’à la tombe…

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Anne Goscinny : « Une œuvre survit à ses auteurs. »

Mercredi 26 mars 2008
Fille unique du scĂ©nariste d’AstĂ©rix et d’Iznogoud, Anne Goscinny a prĂ©fĂ©rĂ© devenir romancière plutĂ´t que de se lancer dans la BD.
Elle veille toutefois scrupuleusement sur l’hĂ©ritage laissĂ© par son père.
Et s’exprime quant à la volonté d’Albert Uderzo qu’Astérix ne lui survive pas.
  

ĂŠtes-vous favorable, dans l’esprit, Ă  la reprise des sĂ©ries après le dĂ©cès de leur auteur ? N’est-ce pas nier le talent individuel d’un auteur que de croire que d’autres peuvent continuer leur Ĺ“uvre ?
Il faut scinder cette question en deux cas de figure :
- le créateur en question est seul.
- le créateur est le co-créateur ce qui suppose que l’autre créateur lui a survécu.
Dans le premier cas, mon opinion est sans importance. Ou si elle compte c’est uniquement en tant que lectrice. Lorsqu’un auteur créé des personnages, installe un univers, décide d’y placer des adjuvants et des opposants récurrents, ainsi bien sûr que des enjeux qui auront en commun ce qui symbolisera l’univers précité, il donne à son oeuvre, inconsciemment peut-être, toutes les chances de lui survivre.

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Les + du blog : Igor KORDEY

Mercredi 26 mars 2008

Ce grand bonhomme de 51 ans est capable de dessiner cinq albums par an. Aux pinceaux de Taras Boulba, Le Cœur des batailles ou encore L’Histoire secrète (Delcourt), Igor Kordey a quand même pris le temps de discuter avec nous autour d’un verre de Bordeaux. Faites connaissance ici avec ce charismatique dessinateur croate, et retrouvez l’intégralité de son portrait dans BoDoï #117.

Ses premiers pas dans la BD
« J’ai toujours voulu faire de la BD. À l’âge de 7 ou 8 ans, je copiais les BD qui me passaient entre les mains. J’ai commencé par Prince Vaillant et Eagle, un magazine anglais.

« Parfois, je suis très en colère de voir que les hommes détruisent le monde sans se soucier des générations futures.  »
Igor KORDEY

J’ai lu aussi pas mal de BD yougoslaves quand j’étais jeune, puis des comics américains. Daredevil a été une révélation pour moi. Ce héros est aveugle et réalise des choses incroyables. Je m’y identifiais car moi aussi, j’avais une mauvaise vue ! Comme je voyageais pas mal en Europe en auto-stop à ce moment-là, j’ai découvert des revues d’autres pays, comme Métal Hurlant. C’est au Festival de Lucca en Italie en 1986 que j’ai rencontré quelques grands auteurs qui m’ont mis le pied à l’étrier : Hugo Pratt, Bill Sienkiewicz, Attilio Micheluzzi… » 

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Dans l’atelier d’Émile Bravo

Mardi 25 mars 2008
Plutôt décontracté, en veste cuir marron et barbe de trois jours, Émile Bravo nous accueille dans son atelier parisien, à deux pas de la place de la Bastille. L’auteur des Épatantes Aventures de Jules (Dargaud) publie son premier Spirou, un album indépendant de la série officielle, baptisé Le Journal d’un ingénu. Retrouvez une visite guidée complète de l’univers de l’auteur dans BoDoï #117 et un avant-goût ici.  

Spirou et Fantasio
« On découvre dans cet album les circonstances de la rencontre entre Spirou et Fantasio. Fantasio l’aborde dans la rue, en imperméable. On peut s’imaginer qu’il s’agit d’un pervers s’adressant à un adolescent. Je trouvais cela marrant, j’aime jouer avec ce que le lecteur peut penser, et surtout qu’il prenne la responsabilité de ce que cela implique quant à son état d’esprit. Fantasio est un personnage essentiel. Dans Le Journal d’un ingénu, il demande à Spirou de s’ouvrir au monde, et l’entraîne dans l’univers du journalisme en lui donnant un appareil photo. Au fur et à mesure, Spirou adolescent devient plus mûr que l’adulte Fantasio. »

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Donjon fĂŞte ses dix ans dans BoDoĂŻ !

Vendredi 21 mars 2008
   
   

C’est un projet pharaonique lancé il y a dix ans par deux collègues, Joann Sfar et Lewis Trondheim, qui partageaient alors le même atelier. À l’époque, ces enragés du crayon n’avaient jamais signé de projet commun. Mais Joann Sfar s’entête à proposer des idées à son ami, jusqu’à trouver celle qui « cristallise [leur] passion commune pour le Muppet Show et l’heroic fantasy ». Depuis dix ans, cette saga de plus de trente volumes répartis en trois époques (Potron-Minet, Zénith et Crépuscule) passionne une nouvelle génération de dessinateurs. Retrouvez Lewis Trondheim, l’un des maîtres du Donjon, dans BoDoï #117, ainsi que les dessinateurs repreneurs des trois séries : Christophe Gaultier, Boulet et Obion.

Christophe Gaultier s’éveille à Potron-Minet
Christophe Gaultier, dessinateur du Cirque aléatoire et de Robinson Crusoé, reprend le flambeau d’un autre Christophe – Blain – sur la série Donjon Potron-Minet.

Avez-vous participé au site Donjon Pirate (http://donjonpirate.canalblog.com/), qui met en ligne des aventures imaginées autour de l’univers de la série ?
Les responsables du site me l’avaient proposé, mais je n’ai pas eu de temps à y consacrer. Sur ce site, on voit que beaucoup de dessinateurs apprécient Donjon. D’ailleurs, je crois qu’il y a beaucoup de candidats pour travailler sur la série…

Étiez-vous un lecteur de Donjon depuis le début ?
J’ai découvert la série relativement tard, avec le Monsters de Blutch [Mon fils le tueur, époque Potron-Minet], dont je suis le travail depuis ses débuts à Fluide Glacial. Après celui-là, j’ai lu tous les autres.
(interview intégrale dans BoDoï #117)

Propos recueillis par Benjamin ROURE
Christophe Gaultier sur le web :
http://wakartate.free.fr/

Images © Christophe Gaultier

Boulet, rendez-vous au Zénith
Enchaîné à son blog, Boulet canonne dans Tchô avec des séries comme Raghnarok ou Le Miya. Il a réalisé deux Donjon Zénith*, et en prépare un troisième.

Ressent-on une pression particulière quand on dessine un Donjon ?
La même que pour tout album. Travailler sur Donjon, c’est prendre un train en marche, déjà lancé par plusieurs auteurs. C’est moins stressant que de commencer seul une histoire très personnelle.

Au niveau du dessin, qu’est-ce qui vous amuse le plus ?
Je joue de plus en plus avec les cadrages. Il n’y a que sur mon blog que je me permettais des plongées et des contre-plongées. Lors des dédicaces, je me suis aperçu que c’était les séquences que les gens retenaient le mieux. Du coup, je me suis lâché dans le tome suivant. J’adore aussi dessiner des monstres et de la bagarre ! Même si je rigole moins quand Lewis et Joann me demandent une bataille avec 2 000 soldats qui se perdent dans l’horizon…
(interview intégrale dans BoDoï #117)

Propos recueillis par Allison REBER
Boulet sur le web :
http://www.bouletcorp.com/

Images © Boulet

Obion, artificier du Crépuscule
Erwan Lucas, dit Obion, dessinateur de Vilebrequin, s’est vu confier la responsabilité de succéder à Joann Sfar et aux Kerascoët sur la série Donjon Crépuscule.

Êtes-vous un amateur d’heroic fantasy ?
Je suis assez partagé quant à ce genre. J’ai bien sûr été fasciné par certaines séries, comme La Quête de l’oiseau du temps. Mais, à mon goût, les histoires d’heroic fantasy se répètent trop.

Étiez-vous un lecteur de Donjon ?
Oui, je suis la série depuis le premier tome, alors que je n’étais pas encore dessinateur professionnel. Ce qui m’a tout de suite plu, c’est son côté métissé. C’est une série plutôt grand public et humoristique, qui part dans tous les sens mais reste en même temps très cohérente. En tant que lecteur, j’apprécie aussi les ambiances des différentes époques : Potron-Minet est plus sentimentale, Zénith plus drôle, Crépuscule plus délirante…

Comment la série va-t-elle évoluer ?
Aucune idée. Pour le moment, j’ai entre les mains le scénario d’un seul album. Je pense que Joann Sfar et Lewis Trondheim improvisent pas mal et se laissent dériver.
(interview intégrale dans BoDoï #117)

Propos recueillis par Benjamin ROURE
Obion sur le web :
Son blog : http://grmb.free.fr/
Le Love Blog, avec Miss Gally : http://love-blog.fr/
Sa planche sur Donjon Pirate, un site parallèle à l’univers de la série : http://donjonpirate.canalblog.com/, section Potron-Minet.

Images © Delcourt


   
   

C’est un projet pharaonique lancé il y a dix ans par deux collègues, Joann Sfar et Lewis Trondheim, qui partageaient alors le même atelier. À l’époque, ces enragés du crayon n’avaient jamais signé de projet commun. Mais Joann Sfar s’entête à proposer des idées à son ami, jusqu’à trouver celle qui « cristallise [leur] passion commune pour le Muppet Show et l’heroic fantasy ». Depuis dix ans, cette saga de plus de trente volumes répartis en trois époques (Potron-Minet, Zénith et Crépuscule) passionne une nouvelle génération de dessinateurs. Retrouvez Lewis Trondheim, l’un des maîtres du Donjon, dans BoDoï #117, ainsi que les dessinateurs repreneurs des trois séries : Christophe Gaultier, Boulet et Obion.

Christophe Gaultier s’éveille à Potron-Minet
Christophe Gaultier, dessinateur du Cirque aléatoire et de Robinson Crusoé, reprend le flambeau d’un autre Christophe – Blain – sur la série Donjon Potron-Minet.

Avez-vous participé au site Donjon Pirate (http://donjonpirate.canalblog.com/), qui met en ligne des aventures imaginées autour de l’univers de la série ?
Les responsables du site me l’avaient proposé, mais je n’ai pas eu de temps à y consacrer. Sur ce site, on voit que beaucoup de dessinateurs apprécient Donjon. D’ailleurs, je crois qu’il y a beaucoup de candidats pour travailler sur la série…

Étiez-vous un lecteur de Donjon depuis le début ?
J’ai découvert la série relativement tard, avec le Monsters de Blutch [Mon fils le tueur, époque Potron-Minet], dont je suis le travail depuis ses débuts à Fluide Glacial. Après celui-là, j’ai lu tous les autres.
(interview intégrale dans BoDoï #117)

Propos recueillis par Benjamin ROURE
Christophe Gaultier sur le web :
http://wakartate.free.fr/

Images © Christophe Gaultier

Boulet, rendez-vous au Zénith
Enchaîné à son blog, Boulet canonne dans Tchô avec des séries comme Raghnarok ou Le Miya. Il a réalisé deux Donjon Zénith*, et en prépare un troisième.

Ressent-on une pression particulière quand on dessine un Donjon ?
La même que pour tout album. Travailler sur Donjon, c’est prendre un train en marche, déjà lancé par plusieurs auteurs. C’est moins stressant que de commencer seul une histoire très personnelle.

Au niveau du dessin, qu’est-ce qui vous amuse le plus ?
Je joue de plus en plus avec les cadrages. Il n’y a que sur mon blog que je me permettais des plongées et des contre-plongées. Lors des dédicaces, je me suis aperçu que c’était les séquences que les gens retenaient le mieux. Du coup, je me suis lâché dans le tome suivant. J’adore aussi dessiner des monstres et de la bagarre ! Même si je rigole moins quand Lewis et Joann me demandent une bataille avec 2 000 soldats qui se perdent dans l’horizon…
(interview intégrale dans BoDoï #117)

Propos recueillis par Allison REBER
Boulet sur le web :
http://www.bouletcorp.com/

Images © Boulet

Obion, artificier du Crépuscule
Erwan Lucas, dit Obion, dessinateur de Vilebrequin, s’est vu confier la responsabilité de succéder à Joann Sfar et aux Kerascoët sur la série Donjon Crépuscule.

Êtes-vous un amateur d’heroic fantasy ?
Je suis assez partagé quant à ce genre. J’ai bien sûr été fasciné par certaines séries, comme La Quête de l’oiseau du temps. Mais, à mon goût, les histoires d’heroic fantasy se répètent trop.

Étiez-vous un lecteur de Donjon ?
Oui, je suis la série depuis le premier tome, alors que je n’étais pas encore dessinateur professionnel. Ce qui m’a tout de suite plu, c’est son côté métissé. C’est une série plutôt grand public et humoristique, qui part dans tous les sens mais reste en même temps très cohérente. En tant que lecteur, j’apprécie aussi les ambiances des différentes époques : Potron-Minet est plus sentimentale, Zénith plus drôle, Crépuscule plus délirante…

Comment la série va-t-elle évoluer ?
Aucune idée. Pour le moment, j’ai entre les mains le scénario d’un seul album. Je pense que Joann Sfar et Lewis Trondheim improvisent pas mal et se laissent dériver.
(interview intégrale dans BoDoï #117)

Propos recueillis par Benjamin ROURE
Obion sur le web :
Son blog : http://grmb.free.fr/
Le Love Blog, avec Miss Gally : http://love-blog.fr/
Sa planche sur Donjon Pirate, un site parallèle à l’univers de la série : http://donjonpirate.canalblog.com/, section Potron-Minet.

Images © Delcourt


Les + du blog : Manu Larcenet

Vendredi 22 février 2008

 

Manu Larcenet n’aime pas répondre aux interviews. Mais quand il finit par accepter, il se livre suffisamment pour nourrir non seulement une interview de quatre pages dans BoDoï 116 mais aussi un supplément web ! Retour sur le dernier tome du Combat ordinaire (à paraître le 7 mars chez Dargaud) et sur la carrière de son auteur.

Manu Larcenet livre son dernier Combat
(temps additionnel)

La guerre est un thème très présent dans
Le Combat
.
Manu Larcenet : Pas la guerre en général, mais celle d’Algérie en particulier. C’est une guerre secrète que mon père a vécue et dont il n’a jamais dit un strict mot. Parce qu’il se sentait mal à l’aise d’y avoir participé et n’avait pas envie de transmettre la peur qu’il avait ressentie. La guerre d’Algérie fut une guerre coloniale sans équivalent dans notre monde actuel. Un conflit de cette nature ne serait plus possible, car les mentalités ont évolué.

Mais vous abordez régulièrement la guerre : dans Lignes de front, Presque… Pourquoi autant parler d’un événement que vous n’avez jamais connu ?
Mon obsession, c’est le conflit. Je vis en me confrontant aux autres, et pourtant je déteste ça. En parler permet de me laver de ce que j’ai dans le crâne.

Certaines scènes du Combat ordinaire pourraient parfaitement être supprimées. Comme celle où l’on voit une grand-mère venir sur la tombe de son mari pour lui rendre hommage, et dire finalement au mort ses quatre vérités.
En fait, on pourrait se priver de presque toutes les scènes du Combat. Je ne garde que celles qui permettent de renforcer un point de vue sur ce que ressent Marco. J’ai souvent croisé dans les cimetières des gens éplorés, à la larme complaisante. Marco, lorsqu’il vient sur la tombe de son père, ne sait pas très bien ce qu’il ressent lui-même. Cela s’est traduit par cette séquence plutôt humoristique.

Parmi les belles trouvailles graphiques du Combat, il y a un jeu sur les regards.
Ça vient de Blutch et de Goossens, qui s’amusent à marier un dessin réaliste avec des expressions typiques des gros nez. Notamment les regards rendus par deux flaques blanches pour exprimer la tristesse.

Celui de la fille de Marco, Maude, est traduit par deux billes noires et brillantes.
Je ne pense pas avoir réussi à obtenir ce que je voulais. D’ailleurs, le personnage de Maude m’a demandé beaucoup de travail. J’ai mis du temps à rendre sa vivacité. La bande dessinée classique a tendance à projeter dans les enfants des réactions d’adulte, comme par exemple dans Corinne et Jeannot de Tabary. Faire le tri entre ce que l’on projette et ce qui est juste est vraiment difficile. J’ai essuyé les plâtres avec Maude.

Vous travaillez déjà sur un nouveau projet : BLAST.
Quand on achève une aventure comme celle du Combat ordinaire, il faut vite trouver des voies de dégagement ! BLAST sera un gros livre. Avec le temps, j’ai acquis la confiance des lecteurs. Je peux maintenant leur proposer de plus gros ouvrages, comme BLAST, qui s’inspire du manga.

« Mon obsession,
c’est le conflit »

Manu Larcenet

Êtes-vous un grand lecteur de manga ?
Pas du tout. Je lis les plus connus, comme ceux de Jirô Taniguchi. J’ai pu apprécier chez lui l’utilisation du silence, son goût pour les blancs. Il m’a appris qu’on pouvait faire une case sur le vent ! Quand je pense qu’on glose la violence des mangas…

Pourquoi avoir transformé votre blog en site ?
Je n’utilisais pas toutes les fonctionnalités d’un blog. Impossible de me laisser un commentaire par exemple. J’apprécie de pouvoir publier de multiples travaux – croquis, photos, vidéos – et de partager mes découvertes musicales ou littéraires. Seul souci : les plateformes de blog sont vraiment moches. J’ai donc demandé à ma copine Anita, qui s’y connaît beaucoup mieux que moi en informatique, de me concevoir un site. Elle a réalisé une mise en page sympa qui a une véritable identité.

Pourquoi avoir monté une maison d’édition en 1998, Les Rêveurs ?
Je n’avais pas l’ambition de devenir Ă©diteur, mais plus Ă©goĂŻstement de sortir mes livres. A l’époque, tout comme maintenant, je n’étais pas très apprĂ©ciĂ© dans le milieu des indĂ©pendants. Et Ă  Fluide Glacial j’étais lĂ  pour faire rire. Les autres grands Ă©diteurs voulaient tous que je publie chez eux des trucs marrants. Mais moi, je voulais raconter autre chose. Aujourd’hui, Les RĂŞveurs marchent bien. J’ai un public sympa qui accepte de me suivre sur des projets très diffĂ©rents. Par contre, je dĂ©teste jouer le rĂ´le de l’éditeur. Surtout quand il s’agit d’assumer les problèmes inĂ©vitables qui jalonnent le parcours d’un livre entre mon atelier et les mains du lecteur. Ça, je le laisse Ă  Nicolas Lebedel, le vrai boss des RĂŞveurs. Je n’accompagne pas non plus les auteurs : on me soumet des projets que je prends, ou pas. Ce que j’apprĂ©cie surtout, c’est la libertĂ© de pouvoir trouver aujourd’hui un beau papier chez le libraire, et le lendemain de l’utiliser pour un livre. C’est aussi un vrai bonheur de publier quelqu’un comme Daniel Casanave et de voir son Baudelaire dans la sĂ©lection officielle du Festival d’AngoulĂŞme.

« Je fais mes albums,
tête baissée ! »

Manu Larcenet

Avec le succès, pouvez-vous désormais présenter tous les projets qui vous passent par la tête ?
C’est plus facile maintenant que certaines de mes sĂ©ries ont un gros tirage, c’est indĂ©niable ! Mais il est toujours compliquĂ© de passer d’un registre Ă  l’autre quand on a habituĂ© les gens Ă  vous lire dans un style. Avec l’âge, j’ai tendance Ă  me recentrer sur l’Ă©laboration des livres plutĂ´t que sur le reste. Je fais mes albums, tĂŞte baissĂ©e, en essayant de ne pas tenir compte des dĂ©sirs des uns ou des autres. 

Propos recueillis par Allison REBER
Images © Dargaud
 
 
 

Les + du blog : LE BDM (suite) 3/3

Samedi 4 novembre 2006

Tout ce que Michel Denni et Isabelle Morzadec, deux des auteurs du BDM (et responsables de la libraire Lutèce, rue d’Arras à Paris) n’ont pas dit dans les trois pages que leur consacre BoDoï 101 à l’occasion de la sortie de la 16e édition de la « bible » de la BD franco-belge.

OBTENIR UNE COUVERTURE D’HERGE ? FACILE !

Des nostalgiques de Sergent York se plaignent de ne pas trouver trace dans le BDM des vieux Artima, Les Choc et autres Brûlant.

Meteor Et ils ne les trouveront pas encore cette année. Il y a cependant beaucoup d’Arédit (Arédit et Artima sont les deux noms du même éditeur français) dans le BDM, les Conan par exemple. Mais, c’est vrai, il reste effectivement un gros chapitre à écrire sur le sujet. Dans le nouveau BDM, vous verrez un chapitre gigantesque sur les récits complets qui ont été historiquement les ancêtres des petits formats. Après la seconde guerre mondiale, à cause de la crise du papier et de la crise économique, il n’était pas possible d’éditer deMeteor beaux albums cartonnés.Sont alors sortis pendant une dizaine d’années des récits complets en petits fascicules à couvertures molles. On y trouvait des séries américaines comme Le Fantôme du Bengale, mais aussi de la création française comme Météor, Audax, Vigor, etc. Ces mensuels étaient les ancêtres des petits formats. Ce nouveau chapitre passe en revue 10 à 15 ans d’Histoire de la bande dessinée en 19 petits chapitres chronologiques. Autre nouveauté dans ce BDM, le recensement de tous les récits complets parus en Pattes de mouche à L’Association. Et la mise à jour des mangas, notamment ceux à caractère érotique.

Certains se plaignent de la difficulté à lire le BDM, bourré de sigles.

Dernièrement, une dame de Charenton l’a acheté pour estimer sa collection. En désespoir de cause, elle est venue nous voir. La pauvre pataugeait complètement, se demandant ce que signifiait les symboles B,C et autres DR placés devant les noms d’ouvrages delirius(brochés, cartonnés, dos rond). Pourtant, tous les sigles utilisés dans le BDM sont expliqués dans la préface, très détaillée, qui comporte aussi un lexique BD, comment vendre, les termes utilisés, etc. Mais personne ne la lit. C’est assez terrifiant.

Comment obtenez-vous vos couvertures ?

En les demandant simplement à des amis dessinateurs ! Cette année, l’illustration est de Druillet, figure importante de la BD desBDM Tintin années 1970. Delirius continue à très bien se vendre. Quand nous avons voulu mettre un Tintin en couverture, tout le monde nous a mis en garde : « La Fondation n’acceptera jamais ! » En fait, Nick Rodwell, le mari de Fanny, a été très fier qu’on lui fasse cette demande. La Fondation a simplement demandé en contrepartie une page de pub intérieure gratuite.

FIN

BDM, catalogue encyclopédique 2007-2008, 1128 pages, Éditions de l’Amateur, 49 euros, fin novembre, début décembre.

Lire les autres dossiers : 1/3, 2/3


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