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	<title>BoDoï, explorateur de bandes dessinées - Infos BD, comics, mangas &#187; Magazine</title>
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		<title>Sandawe : un nouveau modèle d&#8217;édition qui démarre doucement</title>
		<link>http://www.bodoi.info/a-la-une/2010-09-01/sandawe-un-nouveau-modele-dedition-qui-demarre-doucement/36989</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 06:40:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Roure</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Patrick Pinchart, ancien rédacteur en chef de Spirou et fondateur de Sandawe, revient sur les premiers mois compliqués de son initiative inédite : lancer le crowdfunding dans l'édition BD. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="post"><p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/sandawe_intro.jpg" alt="sandawe_intro" width="400" height="300" />Lancée en janvier dernier et plutôt atypique, la maison d&#8217;édition <a href="http://www.sandawe.com" target="_blank">Sandawe</a></strong><strong> sortira ses premiers livres à la fin d&#8217;année. Des délais dus à quelques soucis pratiques, et aussi à la nécessité de convaincre les lecteurs et professionnels du livre du bien-fondé d&#8217;un nouveau concept en matière de bandes dessinées : le </strong><em><strong>crowdfunding</strong></em><strong>. Via le site de la société, les internautes sont ainsi invités à investir de l&#8217;argent sur des projets, sur la base d&#8217;un synopsis, d&#8217;esquisses, d&#8217;une bande-annonce, d&#8217;un blog&#8230; Une fois l&#8217;objectif financier atteint (environ 30 000 € par album), le livre entre en production, et les &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo; pourront, en cas de gros succès, espérer toucher un retour sur investissement. Sinon, ils auront juste eu la satisfaction d&#8217;avoir contribué à une création artistique&#8230; Depuis sa chambre d&#8217;hôpital, où il se remet d&#8217;un grave accident, Patrick Pinchart, ancien rédacteur en chef de </strong><em><strong>Spirou</strong></em><strong> et fondateur de Sandawe, revient sur les premiers mois compliqués de cette initiative inédite.</strong></p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/sandawe_logo2.jpg" alt="sandawe_logo2" width="300" height="323" />Comment est née l&#8217;envie de lancer Sandawe ?</strong><br />
Elle remonte à l&#8217;époque où j&#8217;étais rédacteur en chef de <em>Spirou</em>. Je choisissais et lançais des séries dans le journal et certaines étaient parfois arrêtées par l&#8217;éditeur, ou ne connaissaient jamais de version album. <strong>Le fait que l&#8217;éditeur, seul, puisse décider du destin de certaines séries, dont je savais qu&#8217;elles comptaient de nombreux fans, me gênait beaucoup.</strong> Au même moment, j&#8217;avais écrit un article sur Aka music, l&#8217;équivalent belge de My Major Company [<em>des sites qui proposent aux internautes de coproduire les albums de chanteurs ou groupes, ndlr</em>]. L&#8217;idée d&#8217;adapter le concept au monde de la bande dessinée est née de là.</p>
<p><strong>Comment êtes-vous passé à l&#8217;action ?</strong><br />
Chez Dupuis, je m&#8217;occupais aussi du web, donc j&#8217;ai commencé à monter un dossier, petit à petit. <strong>Et quand on m&#8217;a proposé de prendre en charge l&#8217;aspect &laquo;&nbsp;archives&nbsp;&raquo; de l&#8217;éditeur, j&#8217;ai considéré cela comme une mise au placard</strong>. Alors, je suis parti et me suis lancé dans le projet Sandawe, que j&#8217;ai peaufiné pendant près de deux ans. Comme je suis très loin des préoccupations financières et des business plans, je me suis rapproché d&#8217;un professionnel en la matière qui a étudié la question de près. Il m&#8217;a répondu que mon projet avait du potentiel : il n&#8217;était pas certain qu&#8217;il soit véritablement viable, mais il trouvait que c&#8217;était une belle aventure, alors il m&#8217;a suivi !</p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/sandawe_corbaque.jpg" alt="sandawe_corbaque" width="250" height="326" />Vous avez ouvert <a href="http://www.sandawe.com" target="_blank">le site</a></strong><strong> en janvier. Pourtant vous venez simplement de valider trois projets. Pourquoi un si long temps de gestation ?</strong><br />
Pour plusieurs raisons. D&#8217;abord, une fois le projet validé financièrement, nous n&#8217;avons eu que deux mois pour créer le site, car nous voulions être prêts pour Angoulême 2010. C&#8217;était un peu court, et le site n&#8217;était pas totalement satisfaisant à ce moment-là&#8230; Mais il existait et a suscité beaucoup de réactions. <strong>De l&#8217;intérêt, mais surtout du scepticisme.</strong> Et puis, j&#8217;ai eu un accident, qui m&#8217;a cloué au lit pendant plusieurs mois. D&#8217;ailleurs, je n&#8217;en suis pas encore tout à fait remis&#8230; Ensuite, je me suis séparé de mon premier partenaire financier, avec lequel j&#8217;avais finalement de profondes divergences sur le fond. Heureusement, j&#8217;ai pu trouver quelqu&#8217;un d&#8217;autre relativement vite. Mais tous ces aléas ont fait que le site a végété jusqu&#8217;en mai dernier.</p>
<p><strong>Tout s&#8217;est accéléré à partir de là&#8230;</strong><br />
Oui, 15 jours après ma sortie de l&#8217;hôpital (d&#8217;où je travaillais à distance, comme je pouvais), un premier album trouvait son financement : <em>Il Pennello</em>. Maintenant que le site est actif et que la communauté grossit, les sceptiques sont moins nombreux !</p>
<p><strong>Avez-vous été surpris qu&#8217;<em>Il Pennello</em></strong><strong> soit financé le premier ?</strong><br />
Un peu, car c&#8217;est un vrai projet d&#8217;auteur. Je pensais que les albums plus commerciaux atteindraient leur objectif financier en premier.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="ngg-singlepic ngg-center aligncenter" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/sandawe_pennello.jpg" alt="sandawe_pennello" width="550" height="189" /></p>
<p><strong>Avez-vous eu de moins bonnes surprises ?</strong><br />
Oui, mais c&#8217;est le jeu. Je pensais par exemple que <em><strong>Suivez le guide</strong></em><strong>, scénarisé par Zidrou et dessiné par Godi</strong>, serait un des premiers projets validés. C&#8217;est un concept original et drôle, j&#8217;y crois encore, nous allons tout mettre en oeuvre pour qu&#8217;il trouve son public [<em>à</em><em> l'heure où cet article est publié, </em>Suivez le guide<em> n'a réuni que 7% de l'investissement nécessaire à sa publication, ndlr</em>]. <img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/sandawe_non_finances.jpg" alt="sandawe_non_finances" width="450" height="175" />D&#8217;ailleurs, <strong>le site devrait connaître une nouvelle version à l&#8217;automne</strong>, pour mieux mettre en valeur les différents projets; il y a encore du travail à faire de ce côté-là.</p>
<p><strong>Quelle est la ligne éditoriale de Sandawe ?</strong><br />
Il n&#8217;y en a pas ! Ce sont les &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo; qui la font. Mais bien sûr, il y a une sélection des projets en amont. Comme tous les éditeurs, je reçois deux ou trois projets par jour. <strong>Je ne les choisis pas selon mes goûts, mais selon des critères purement qualitatifs</strong> : qualité des dessins et du scénario, sens de la narration&#8230;</p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/sandawe_maudit_mardi.jpg" alt="sandawe_maudit_mardi" width="200" height="280" />Une fois un projet sélectionné, comment cela se passe-t-il ?</strong><br />
Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une situation standard tranquille, dans laquelle l&#8217;auteur toucherait un à-valoir sur ses droits pour démarrer la création de l&#8217;album. Le principe étant d&#8217;attendre que les &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo; le financent. Nous signons un contrat d&#8217;édition qui lie l&#8217;auteur et Sandawe pendant un an. À partir de là, nous lançons <strong>une animation autour de son projet</strong> : création d&#8217;un blog dédié, montage d&#8217;un dossier explicatif (avec résumé, esquisses, planches&#8230;)&#8230; Nous avons remarqué que l&#8217;engouement des internautes se renforce si l&#8217;auteur est très actif dans la promotion de son projet.</p>
<p><strong>Cette nouvelle forme d&#8217;édition demande plus d&#8217;engagement à l&#8217;auteur que l&#8217;édition classique. Il doit beaucoup travailler sans savoir si son projet aboutira un jour.</strong><br />
C&#8217;est malheureusement un peu le cas de tous les auteurs aujourd&#8217;hui&#8230; <strong>Mais combien d&#8217;auteurs voient leur livre sortir sans aucun accompagnement marketing ou démarche promotionnelle ?</strong> Combien de premiers tomes de série ne trouvent pas leur place parmi toutes les nouveautés et partent directement au pilon ? Combien de jeunes auteurs s&#8217;investissent dans un projet qui ne connaîtra jamais de suite ?</p>
<p><strong>Mais leur livre existe et ils ont quand même touché un peu d&#8217;argent pour cela. Que répondez-vous à ceux qui pensent que Sandawe favorise la précarisation des auteurs ?</strong><br />
Ça me fait un peu mal d&#8217;entendre cela, car c&#8217;est totalement faux. <strong>En sollicitant la communauté, nous voulons éviter de mettre sur le marché un livre qui n&#8217;aurait aucune chance de s&#8217;imposer en librairies.</strong> Nous faisons tout pour aider les auteurs à se faire connaître, à susciter l&#8217;attente autour de leur album. Et il faut rappeler que Sandawe ne gagnera de l&#8217;argent que si les albums se vendent. Actuellement, nous ne sommes que deux à faire tourner le site, et nous ne nous rémunérons pas&#8230;</p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/sandawe_membres.jpg" alt="sandawe_membres" width="450" height="175" />Les internautes qui investissent dans les albums peuvent-ils sérieusement espérer toucher de l&#8217;argent ?</strong><br />
Pourquoi pas ? Mais il n&#8217;y a aucune recette magique, il ne faut simplement<strong> pas mettre tous ses oeufs dans le même panier</strong>. Les édinautes doivent jouer leur rôle d&#8217;éditeur et ne pas se concentrer sur un projet en espérant ramasser le jackpot, mais au contraire diversifier leurs choix.</p>
<p><strong>Comment comptez-vous développer le site ?</strong><br />
Notre communauté est pour l&#8217;instant assez réduite, mais nous ambitionnons de la voir atteindre 4000 à 5000 membres d&#8217;ici la fin de l&#8217;année. Nous allons sans doute ouvrir une nouvelle zone sur le site, dédiée à des projets intéressants, mais dont je ne suis pas certain du potentiel. Là, les édinautes pourront faire des <strong>promesses d&#8217;investissement</strong>, plutôt que payer tout de suite. Cela permettra d&#8217;élargir le champ des auteurs et des genres. Mais attention, je ne vais pas accepter n&#8217;importe quoi : <strong>je tiens à mon rôle d&#8217;éditeur</strong> ! Par ailleurs, nous allons communiquer auprès des libraires pour nous faire connaître, car nos livres vont rapidement être disponibles chez eux.</p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/sandawe_hell_west.jpg" alt="sandawe_hell_west" width="450" height="128" />Quel est votre regard sur le lent développement de la bande dessinée numérique ?</strong><br />
Ce qu&#8217;on voit actuellement est très décevant. Nous sommes dans <strong>une période transitoire où l&#8217;on remplit les tuyaux avec n&#8217;importe quoi</strong> : on scanne des planches créées pour être lues en double-page, et on les fait rentrer dans un système de visionnage qui force à lire de manière verticale ou case par case. Ça n&#8217;a pas de sens ! <strong>Il faut que les éditeurs prennent conscience que les enfants d&#8217;aujourd&#8217;hui se moquent du fameux &laquo;&nbsp;contact avec le papier&nbsp;&raquo; : demain, ils liront des BD numériques.</strong> Il faut donc qu&#8217;il y ait de la création pour les écrans. Les premiers auteurs qui se lancent actuellement là-dedans défrichent le terrain, et payent parfois les pots cassés. Les éditeurs doivent aussi accepter qu&#8217;adapter la règle des 8 à 10 % de droits d&#8217;auteurs des ventes papier aux ventes numériques est absurde. S&#8217;ils persistent, les auteurs trouveront d&#8217;autres manières de diffuser leurs créations&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Propos recueillis par Benjamin Roure</strong></p>
<p><a href="http://www.sandawe.com" target="_blank">Le site de Sandawe</a>.</p>
<p>Images © Sandawe éditions / E411-Zidrou / Allais-Perrotin / Vadot / Vervish-Lamy</p>
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		<title>&#171;&#160;Omni-visibilis&#160;&#187; : Lewis Trondheim et la comédie parano de la rentrée</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 06:15:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurence Le Saux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C'est la meilleure comédie de la rentrée : Omni-visibilis, dessinée par le virtuose Matthieu Bonhomme, et imaginée par Lewis Trondheim. Ce dernier revient sur la genèse et la réalisation de ce one-shot piquant et réjouissant. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="post"><p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/omnivisibilis_intro.jpg" alt="omnivisibilis_intro" width="450" height="300" />Et si, comme Hervé, vous vous rendiez compte un matin que la terre entière peut voir à travers vos yeux, entendre par vos oreilles ? Voilà le postulat délirant d&#8217;<em>Omni-visibilis</em>, comédie insensée dessinée par le virtuose Matthieu Bonhomme, et imaginée par Lewis Trondheim. Ce dernier, auteur entre autres des <em>Formidables aventures de Lapinot</em>, des <em>Petits Riens</em> ou de <em>Bludzee</em>, revient sur la genèse et la réalisation de ce one-shot piquant et réjouissant.</strong></p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/omni_1.jpg" alt="INT_OMNI VISIBILIS_01_FR_PG03-158.qxp:0" width="216" height="196" />Comment l’intrigue d’<em>Omni-visibilis</em> est-elle née?</strong><br />
Un dimanche, il y a quelques années. L&#8217;idée est apparue. J&#8217;ai tiré le fil et j&#8217;ai écrit le déroulé général sur trois pages dans les deux heures qui ont suivi.</p>
<p><strong>Aviez-vous la volonté d’écrire une comédie ou de faire de la science-fiction légère ?</strong><br />
Je voulais voir où m&#8217;emmènerait l&#8217;idée de base, en traitant ce pouvoir de manière réaliste &#8211; c&#8217;est à dire, qu&#8217;est ce qui se passerait concrètement si ça arrivait à quelqu&#8217;un. Et comment ça se passerait si cette personne était un idiot ? Je voulais en faire une comédie, mais pas un truc à la <em>Lapinot</em> avec des blagues et des dialogues qui cinglent. Il m’a semblé qu’il fallait orienter le livre vers un format « roman graphique » pour lui donner du souffle. Et puis ensuite, laisser le temps aux choses…</p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/omni_2.jpg" alt="INT_OMNI VISIBILIS_01_FR_PG03-158.qxp:0" width="211" height="587" />Que tout le monde voie à travers vos yeux, est-ce votre cauchemar ?</strong><br />
En tant qu&#8217;auteur de bande dessinée, si le gens voyaient à travers mes yeux constamment, je perdrai mon boulot. Tout le monde aurait déjà lu mes BD au moment où elles se créent et personne ne les achèterait.</p>
<p><strong>Par qui le personnage d’Hervé vous a-t-il été inspiré ?</strong><br />
C&#8217;est un mélange de moi avec des choses poussées à l&#8217;extrême. Graphiquement, je crois que c&#8217;est un serveur de resto pas loin de l&#8217;atelier de Matthieu Bonhomme. J&#8217;espère qu&#8217;il ne lit jamais de bande dessinée et qu&#8217;aucun de ses copains n&#8217;en lit non plus.</p>
<p><strong>Avez-vous rencontré des difficultés ou des joies particulières en élaborant cette histoire ?</strong><br />
J&#8217;ai recouru au récitatif pour me glisser dans la tête du héros. J&#8217;ai hésité à user de ça parce que je n&#8217;en ai pas trop l&#8217;habitude, mais je crois que ça simplifie pas mal la lecture du personnage. Et puis on peut rajouter des tonnes de bêtises inédites.</p>
<p><strong>Comment avez-vous rencontré Matthieu Bonhomme, et pourquoi avoir collaboré avec lui?</strong><br />
Je le croisais de temps à autre en festival. Mais le défi m&#8217;a été lancé dans un couloir de l&#8217;hôtel Mercure à Angoulême il y a quatre ans, je crois. On m&#8217;a dit qu’il était facile de faire des scénarios avec des bonshommes patates, mais que j&#8217;aurais bien plus de difficultés à écrire une histoire pour un dessinateur réaliste. En deux secondes, je voulais savoir si ce que m&#8217;avait dit cette personne était vrai. Et comme j&#8217;aime beaucoup l&#8217;élégance du trait de Matthieu Bonhomme, j&#8217;ai de suite été le voir (à 3 mètres de là) et lui ai demandé s&#8217;il voulait bien qu&#8217;on travaille ensemble. Il a accepté d&#8217;emblée, mais en me prévenant que ce ne serait pas avant deux ans et demi car là, il avait plein d&#8217;album à faire (<em>Messire Guillaume, Anaon, Esteban</em>). En rentrant, j&#8217;ai pensé à ce beau dimanche où j&#8217;avais écrit un synopsis et je me suis dit que ça pourrait coller. J&#8217;ai envoyé les trois pages à Matthieu, qui était enthousiaste. J&#8217;ai donc attendu deux ans et demi. J&#8217;ai rappelé Matthieu qui m&#8217;a dit qu&#8217;il était en retard et qu&#8217;il en avait encore pour six mois. J&#8217;ai attendu six mois. Et Matthieu m&#8217;a dit qu&#8217;il était embêté parce qu&#8217;on venait de lui proposer un album de <em>XIII</em>. Et qu&#8217;il allait très certainement le faire, mais que du coup, quand il aurait fini, il faudrait qu&#8217;il refasse <em>Messire Guillaume</em> et <em>Esteban</em> et <em>Le Marquis d&#8217;Anaon</em> et que ça repoussait notre collaboration à au moins un an et demi&#8230; Je lui ai donc dit que ça faisait trop d&#8217;attente pour moi, que j&#8217;allais faire <em>Omni-visibilis</em> avec quelqu&#8217;un d&#8217;autre et qu&#8217;on ferait un autre projet ensemble plus tard. Le lendemain, il m&#8217;a rappelé pour me dire qu&#8217;il voulait faire <em>Omni-visibilis</em> et que tant pis, il ne ferait pas <em>XIII</em>.</p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/omni_3.jpg" alt="INT_OMNI VISIBILIS_01_FR_PG03-158.qxp:0" width="425" height="195" />Qu’appréciez-vous dans son trait ?</strong><br />
Généralement, je ne suis pas fan des dessins réalistes, mais avec lui, ça va. Il a une très bonne ré-interprétation du réel, et une élégance, un dynamisme dans le dessin.</p>
<p><strong>De quelle manière avez-vous travaillé avec lui?</strong><br />
Je lui ai envoyé le scénario (écrit, pas dessiné) au fur et à mesure. A chaque fois, il était content des scènes et j&#8217;étais content qu&#8217;il soit content. Et j&#8217;étais content de ce qu&#8217;il dessinait. C&#8217;était le pays des nains joyeux.</p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1035/omni_4.jpg" alt="INT_OMNI VISIBILIS_01_FR_PG03-158.qxp:0" width="348" height="470" />Pourquoi attribuer à l’histoire une tonalité graphique bleutée ?</strong><br />
C&#8217;est son choix, et j&#8217;approuve. Ça donne plus de lisibilité et une identité propre à ce livre.</p>
<p><strong>Après <a href="http://www.bodoi.info/magazine/2009-08-21/bludzee-premiere-creation-bd-francaise-pour-les-terminaux-mobiles/20196" target="_self">un an de </a><em><a href="http://www.bodoi.info/magazine/2009-08-21/bludzee-premiere-creation-bd-francaise-pour-les-terminaux-mobiles/20196" target="_self">Bludzee</a></em></strong><strong>, quel bilan à la fois artistique et commercial tirez-vous de cette aventure numérique ?</strong><br />
Je pense que l&#8217;avènement de la BD numérique n’aura pas lieu au cours des cinq prochaines années. Et qu&#8217;il faut continuer à faire des livres. De bons livres, et de beaux livres. L&#8217;objet physique est irremplaçable. Par contre, niveau capacité de diffusion, contact direct avec le public et éviction de toute la chaine habituelle du livre, je comprends que certains se fassent du souci car le modèle numérique permet beaucoup de choses. Je suis persuadé qu’à l&#8217;avenir, il y aura la place pour les deux.</p>
<p><strong>De quelle façon avez-vous réalisé la version papier de <em>Bludzee</em>, à paraître chez Delcourt<em> </em>?</strong><br />
C&#8217;était facile, j&#8217;avais travaillé en format de demi-page. Et je n&#8217;avais pas adjoint de sons ou de mouvements sur le support numérique, il m&#8217;a donc juste fallu dessiner une couverture.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets en bande dessinée papier et numérique &#8211; et ailleurs, par exemple au cinéma ou en animation ?</strong><br />
Je n&#8217;aime pas parler des projets, ça ne rime à rien.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Propos recueillis (par mail) par Laurence Le Saux</strong></p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p><strong><em>Omni-visibilis</em></strong><strong>.</strong><br />
Par Matthieu Bonhomme et Lewis Trondheim.<br />
Dupuis, 24 €, le 27 août 2010.</p>
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<p>Images © Bonhomme-Trondheim / Dupuis<br />
Photo © Pierre Duffour</p>
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		<title>Clothroad VS Artelier : deux mangas trop proches pour ne pas être comparés</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Aug 2010 06:25:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>BoDoï</dc:creator>
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		<description><![CDATA["Hasard de la production", deux mangas au thème similaire (un mix entre haute couture et quête héroïque) sont sortis en France cette année. L'occasion de se livrer au jeu des sept différences. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="post"><p><em><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/clothroad_couv.jpg" alt="clothroad_couv" width="175" height="250" /><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/artelier_couv.jpg" alt="artelier_couv" width="162" height="250" />Armaggeddon</em> versus <em>Deep Impact</em>, <em>Fourmiz</em> contre <em>1001 Pattes</em>, <em>Volcano</em> et <em>Le Pic de Dante</em>… Il fut un temps où les studios hollywoodiens se tiraient la bourre en lançant au même moment des projets aux contenus similaires. Le spectateur s’amusait toutefois de ces &laquo;&nbsp;hasards de calendriers de production&nbsp;&raquo; tant que les films étaient bons. Enfin pour certains …</p>
<p>Cette fois, un de ces &laquo;&nbsp;hasards&nbsp;&raquo; vient directement du Japon. <strong>En 2003 et 2005, deux mangas aux sujets similaires apparaissent dans les librairies nippones</strong> : respectivement <em><strong>Clothroad</strong></em> et <em><strong>Artelier</strong></em>. Comble de la coïncidence, ces deux mangas sortent aussi quasi simultanément en France en 2010 ! Décidément, le hasard est un grand coquin qui fait bien les choses, tout en nous donnant l’occasion de nous lancer dans le fameux jeu des comparaisons.</p>
<h2>De quoi ça parle ?</h2>
<p><em><strong>CLOTHROAD</strong></em><br />
Le jeune tailleur Fergus vit dans un monde où la nanotechnologie se situe désormais dans nos vêtements de tous les jours ! Sept grandes maisons de haute couture se partagent ainsi le pouvoir planétaire, et les mannequins sont des combattants utilisant leurs plus beaux atours dans des joutes mortelles sur podiums ! <img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/clothroad_case2.jpg" alt="clothroad_case" width="300" height="328" />Accompagné de sa jolie sœur Jennifer, Fergus va partir à la recherche de ses parents dans ce monde où seules les apparences (trompeuses) et la grâce (mortelle) comptent !</p>
<p><em><strong>ARTELIER</strong></em><br />
Les Masterpieces sont des artisans de génie, capables d’insuffler des pouvoirs magiques à leurs créations (vêtements, pâtisseries&#8230;). Makumo est un jeune apprenti couturier qui compte bien faire éclater son talent au grand jour, mais se retrouve bien malgré lui embarqué dans une sombre machination impliquant d’autres Masterpieces. Le combat est-il inévitable ?</p>
<p>A la lecture de ces résumés, difficile de croire que ces deux mangas sont l’œuvre de deux auteurs différents ! Et pourtant, <em>Clothroad</em> est signé par le scénariste <strong>Kurata Hideyuki</strong>, créateur de la géniale mini série animée <em>Read or Die</em>. De son côté, <em>Artelier</em> est l’œuvre d’un auteur unique s’occupant également du graphisme. La palme de <strong>l’inventivité</strong> revient sans conteste à <em>Clothroad</em> de par son univers très original, contrairement à <em>Artelier</em> qui semble se dérouler dans une classique uchronie à la <em>Dragon Ball </em>(une Terre alternative en somme). Un univers certes plus académique, à l’image de mangas d’action pour ados comme <em>One Piece</em> ou <em>Naruto</em>, mais bien construit et très accessible. <strong>Dans les deux cas, les scénarios font la part belle à l’action et aux personnages forts promis à de bien belles aventures.</strong> Néanmoins <em>Clothroad</em> se destine à <strong>un public plus adulte</strong>, en raison de la violence de ses combats, et de certains penchants &laquo;&nbsp;incestueux&nbsp;&raquo; de quelques protagonistes rencontrés par Fergus et sa sœur&#8230;</p>
<p><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/artelier_case2.jpg" alt="artelier_case2" width="300" height="305" />Les auteurs n’hésitent pas ainsi à mettre en scène quelques scènes &laquo;&nbsp;provocantes&nbsp;&raquo; mais franchement gratuites. En effet, le dessinateur Okama employé sur <em>Clothroad</em> est aussi connu au Japon pour être <strong>un auteur d’œuvres érotiques sulfureuses</strong> mettant en scène nombres de nymphettes. Certes, dans ce manga, il met la pédale douce, et livre un produit hybride, à l’image d’un <em><a href="http://www.bodoi.info/magazine/2010-03-10/naru-taru-histoire-dun-manga-aux-apparences-trompeuses/30984" target="_self">Naru Taru</a></em>. On pense lire un manga tous publics, et d’un seul coup, une scène osée et clairement destinée à un public mature et averti vient faire irruption. Un mélange de tons qui peut interloquer, amuser, ou choquer, selon la sensibilité de chacun…</p>
<p>Dans <em>Artelier</em>, rien de choquant au contraire. On est dans la tradition du manga d’aventures pour ados : amitié, courage, dévotion, humour, etc. Tous les ingrédients d’un dynamique manga d’action sont réunis pour livrer un récit certes classique, mais ayant tout de même quelques bonnes idées au niveau de son univers pour nous tenir en haleine.</p>
<h2>Et côté dessin ?</h2>
<p><em><strong>CLOTHROAD</strong></em><br />
Kurata Hideyuki s’est donc offert les services d’un illustrateur très célèbre : Okama. Celui-ci n’est pas qu’un érotomane, il est aussi un designer reconnu pour ses univers baroques et barrés, mais surtout ses <strong>très belles créations de costumes pour personnages de dessins animés haut de gamme</strong>. Or, comme certains illustrateurs, Okama a un peu de mal avec la narration BD. Le premier volume de <em>Clothroad</em> est brouillon dans sa mise en scène<strong>,</strong> les combats sont presque illisibles… Mais dès le deuxième volume, il fait d’énormes progrès et nous gratifie de scènes d’action bien mieux construites et riches en suspense !</p>
<p><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/clothroad_planche2.jpg" alt="clothroad_planche2" width="240" height="388" />Okama crée donc avec <em>Clothroad</em> un monde à mi-chemin entre l’heroic fantasy, le steam punk, et le cyber punk à la <em>Final Fantasy</em>. <strong>Un véritable régal pour les yeux</strong> tout en gardant une certaine pêche dans un encrage lâché mais maîtrisé.</p>
<p><em><strong>ARTELIER</strong></em><br />
La passion ne peut hélas toujours masquer le manque de maturité graphique d’un créatif. <em>Artelier</em> est l’œuvre d’un auteur qui se cherche encore : encrage hésitant, décor approximatif, personnages au design académique (mais bien fichus dans l’ensemble)… <strong>Le tout sentirait l’amateurisme, si l&#8217;ensemble n’était pas sauvé par une mise en scène dynamique et lisible</strong>. <em>Artelier</em> est donc un manga graphiquement &laquo;&nbsp;classique&nbsp;&raquo; mais qui ne demande qu’à mûrir, pour enfin faire exploser le talent latent de son auteur bouillonnant d’idées !</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p>Au final, choisir l’une ou l’autre de ces œuvres relèvera plutôt du type de public auquel chacune est destinée :</p>
<p><em>Clothroad</em> se destine clairement à <strong>un public mature, voire averti</strong>. Nanti d’un univers très original, voici un récit d’action qui ne cesse d’étonner par son inventivité graphique et narrative. On est bluffé par les progrès fulgurants d’Okama d’un volume à l’autre en matière de mise en scène ! Que nous réserve-t-il pour la suite ?<br />
<img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/artelier_planche2.jpg" alt="artelier_planche2" width="240" height="424" /><br />
<em>Artelier</em> est <strong>un manga idéal pour un jeune public </strong>déjà fan d’œuvres telles que <em>Fairy Tail</em> ou <em>Bleach</em>. Porteuse de valeurs positives, nantie d’une mise en scène dynamique et de personnages carrés mais sympathiques, cette série est un solide récit d’aventures, idéal à lire sur la plage en cette fin de vacances du mois d’août !</p>
<p style="text-align: right;"><strong>KARA</strong></p>
<p>_______________________________</p>
<p><em><strong>Clothroad #1-2.</strong></em>(tome 3 en octobre)<br />
Par Okama et Kurata Hideyuki.<br />
Kazé Manga, 6,95 €.<br />
<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2849658014?ie=UTF8&amp;tag=bodoiinfo-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2849658014">Achetez le tome 1 sur Amazon.fr</a><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=bodoiinfo-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2849658014" border="0" alt="" width="1" height="1" /><br />
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<p><em><strong>Artelier #1-3.</strong></em> (tome 4 en septembre)<br />
Par Yen Hioka.<br />
Ki oon 6,50 €.<br />
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		<title>Le Monde du manga #1</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Aug 2010 06:25:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi I.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nouveau rendez-vous sur BoDoï: une revue de presse toute subjective de ce qui se déroule sur la planète de la culture nipponne. Au sommaire : une expo à Monaco, la guerre du manga numérique et toute l'actu en bref, en France et au Japon. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="post"><p><strong>Après nos chroniques régulières consacrées aux comics et aux albums jeunesse, il était plus que temps que nous donnions la place qu&#8217;elle mérite à la bande dessinée japonaise. Voici donc un nouveau rendez-vous régulier, concocté chaque mois par Rémi I. : Le Monde du manga. Vous y retrouverez une revue de presse toute subjective de ce qui se déroule sur la planète de la culture nipponne.</strong></p>
<h2><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/monde_manga_expo_monaco.jpg" alt="monde_manga_expo_monaco" width="200" height="283" />UN LIEN ENTRE LE JAPON D&#8217;HIER ET D&#8217;AUJOURD&#8217;HUI</h2>
<p><strong>L&#8217;</strong><strong>exposition</strong> à voir avant le 12 septembre est sans aucun doute <a href="http://www.grimaldiforum.com/fr/evenements-culturels-monaco/agenda/kyoto-tokyo-des-samourais-aux-mangas-101" target="_self">Kyoto-Tokyo: des samouraïs aux mangas</a>. Présente depuis le 14 juillet 2010 au Grimaldi Forum de Monaco, cette exposition propose des ateliers pratiques pour les enfants, des démonstrations d&#8217;arts martiaux, des performances live, <strong>des planches originales d&#8217;Hiroshi Hirata, de Jirô Taniguchi, de Kazuo Kamimura</strong>, un espace consacré à <a href="http://www.bodoi.info/magazine/2009-05-07/osamu-tezuka-un-guide-de-lecture/15762" target="_self">Osamu Tezuka</a>&#8230; Une manifestation de taille, avec presque 600 oeuvres sur 4000 m2. (Sources: <a href="http://www.journaldujapon.com/2010/06/expo-kyoto-tokyo-des-samourais-aux-mangas-a-monaco.html" target="_self">JournalduJapon</a>, <a href="http://www.facebook.com/album.php?aid=14748&amp;id=104923642876701&amp;ref=mf" target="_self">Akata via Facebook</a>)</p>
<h2><strong>LA CHASSE AUX ÉQUIPES DE SCANS ANNONCE-T-ELLE L&#8217;ARRIVÉE D&#8217;UNE OFFRE LÉGALE VALABLE ?</strong></h2>
<p>Alors que de nombreux magazines de prépublication annoncent leur fin proche au Japon, ça commence à bouger du côté des <strong>offres numériques</strong>. Depuis plus d&#8217;un an le magazine <a href="http://www.sigikki.com/" target="_self"><em>IKKI</em></a> (<a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-02-25/blessures-nocturnes-1-5/30095" target="_self"><em>Blessures nocturnes</em></a>, <a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-03-05/la-cite-saturne-1-2/29443" target="_self"><em>La Cité Saturne</em></a>, <a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-04-14/goyo-1-5/30841" target="_self"><em>Goyô</em></a>&#8230;) propose déjà une prépublication en ligne de certaines de ses séries aux États-Unis. La France commence enfin à se lancer sur le secteur. Si tout n&#8217;est pas encore au point et le marché pas encore réellement sondé, il est temps de faire face aux sites de scans amateurs qui fleurissent depuis de nombreuses années sur le net.</p>
<p>En effet, le <strong>scantrad</strong> (traduction amateur de mangas à partir de copies des pages originales) <strong>vient de voir son plus gros site retirer son contenu illégal depuis la fin juillet</strong>. Vus par les éditeurs comme une concurrence sans précédent envers leur propre travail (en plus du non-respect évident de l&#8217;oeuvre et de son auteur), <img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/monde_manga_onemanga.jpg" alt="monde_manga_onemanga" width="400" height="173" /> les principaux sites ont peu à peu été invités à supprimer les chapitres traduits et diffusés illégalement, afin d&#8217;éviter toute poursuite. Classé 830ème site le plus visité au monde en juin 2010 d&#8217;après Google, <a href="http://www.onemanga.com/" target="_self">One Manga</a> a donc dû plier face au poids des plus puissants éditeurs japonais.</p>
<p>Bien entendu, <strong>inutile de supprimer une offre illégale si l&#8217;on ne propose pas une offre légale raisonable, attractive et intéressante</strong>&#8230; C&#8217;est là que le bât blesse pour l&#8217;instant. Il y a sans aucun doute une demande importante de la part des lecteurs, mais les éditeurs semblent traîner pour mettre en place leur propre système. Si Shueisha avait proposé une poignée de chapitres de ses séries phares du <em><a href="http://www.shonenjump.com/" target="_self">Shonen Jump</a></em> il y a quelque temps, plus rien n&#8217;est disponible en français actuellement. <img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/monde_manga_ikki.jpg" alt="monde_manga_ikki" width="450" height="100" /> Le diffuseur de contenus sur mobiles <a href="http://www.mangamode.net/" target="_self">Manga Mode</a>, actif depuis un an, se  fait plutôt discret. Uniquement disponible sur téléphone portable, son système offre un confort de lecture limité, qui freine à mon avis grandement le nombre d&#8217;intéressés&#8230;</p>
<p>Un petit nouveau arrive sur le marché: <a href="http://youtoo.co.jp/index.html" target="_self"><strong>Youtoo</strong></a>. S&#8217;il n&#8217;a pas encore de site français dédié, il a déjà lancé quatre premiers chapitres sur iTunes. Pour 0,79€ vous pouvez lire le premier épisode de <em>Pédaleur né</em> de Wataru Watanabe (auteur du<em> Garçon du train</em> chez Taïfu comics) et pour 3,99€ (!) vous pouvez lire ceux de <em>La Déchéance d&#8217;un homme</em> d&#8217;Osamu Dazai, <em>Bushidô &#8211; l&#8217;âme du Japon</em> d&#8217;Inazô Nitobe ou <em>Clair de lune</em> de Shin&#8217;ya Ômori. Ces titres sont inédits en français et donc proposés au lecteur sans intermédiaire hexagonal. <img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/monde_manga_iphone.jpg" alt="monde_manga_iphone" width="200" height="363" /> Si ce système fonctionne, il risque de donner un grand coup de pied dans la fourmilière des éditeurs français qui, s&#8217;ils ne nient pas l&#8217;évidence du numérique, ne proposent rien pour y faire face (car ils sont sans doute coincés face à leurs homologues nippons qui verrouillent les droits d&#8217;exploitation digitale). Ces 4 mangas ne sont pour l&#8217;instant pas prévus en version papier. Affaire à suivre! (Source: <a href="http://www.animeland.com/news/voir/1890/4-manga-inedits-sur-iPhone" target="_self">Animeland</a>)</p>
<p>Les éditeurs japonais commencent aussi à bouger. <strong>Kodansha</strong> est de la partie puisqu&#8217;il a annoncé au Comic-Con une version en ligne de son magazine seinen <a href="http://morningmanga.com/" target="_self"><em>Morning</em></a> (<em>Billy Bat</em>, <em>Vagabond</em>, <em>Les Gouttes de Dieu</em>, <em>Planètes</em>&#8230;) pour ce mois d&#8217;août. Cette version numérique sera disponible en 7 langues, on ne sait pas encore lesquelles mais on peut parier sans trop se mouiller que le français en fera partie. Aucun prix n&#8217;est toutefois annoncé, ni aucune série&#8230; (Source: <a href="http://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/book-news/comics/article/43968-classy-creators-online-manga-and-bean-dogs-manga-at-comic-con.html" target="_self">Publishers Weekly</a>)</p>
<p>Un autre éditeur japonais pointe également le bout de son nez : <a href="http://www.square-enix.com/eu/fr/manga/" target="_self">Square Enix</a>, qui a mis en ligne gratuitement les premiers chapitres de 4 mangas. Ces valeurs sûres sont <em>Fullmetal Alchemist</em>, <em><a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-05-06/black-butler-1-3/33270" target="_self">Black Butler</a></em>, <em>Soul Eater</em> et <em>666 Satan</em>, soit quatre des plus grosses licences de l&#8217;éditeur actuellement. Square Enix propose une numérisation de qualité même si l&#8217;on a parfois l&#8217;impression que les images sont obtenues à partir des volumes imprimés français. <em>Jusqu&#8217;à ce que la mort nous sépare</em>, <em>Sumomomo Momomo</em>, <em>Pandora Hearts</em> et <em>Shikabane Hime </em>vont bientôt venir étoffer l&#8217;offre, avant une mise en service effective du site cet automne. <img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/monde_manga_square_enix.jpg" alt="monde_manga_square_enix" width="350" height="227" /> (Source: <a href="http://www.animeland.com/news/voir/1899/Square-Enix-en-ligne" target="_self">Animeland</a>)</p>
<p>Du côté des éditeurs français, seul Pika propose <em>Twilight</em> et à présent <em>Dreamland</em> en lecture payante sur des supports numériques. Ce ne sont pas des titres japonais, mais peut-être que cette initiative permettra à l&#8217;éditeur de convaincre ses homologues japonais du bien-fondé d&#8217;une telle offre. (Source: <a href="http://www.animeland.com/news/voir/1901/Dreamland-sur-iPad" target="_self">Animeland</a>)</p>
<p>Au final, la diffusion mondiale de mangas numériques est encore une vaste univers inexploré. Mais son fort potentiel devrait pousser les éditeurs nippons, en partenariat ou non avec leurs homologues français, à proposer du concret rapidement, s&#8217;ils n&#8217;ont pas envie de se retrouver dans une situation dont les labels musicaux se souviennent encore&#8230;</p>
<h2>EN BREF &#8211; France</h2>
<p>- À l&#8217;occasion de <strong>Japan Expo</strong>, de nombreux auteurs japonais sont venus en France début juillet. Le site <a href="http://www.manga-news.com/" target="_self">Manga-news</a> propose à ceux qui n&#8217;ont pas pu venir des vidéos de deux dédicaces particulièrement réussies de <a href="http://www.manga-news.com/index.php/actus/2010/06/30/Dedicace-Masakazu-Katsura-au-Virgin-des-Champs-Elysee" target="_self">Masakazu Katsura</a> et <a href="http://www.manga-news.com/index.php/actus/2010/07/02/Byun-Byung-en-dedicace-a-Japan-Expo" target="_self">Byun Byung</a>. On peut également voir l&#8217;exposition en l&#8217;honneur de <a href="http://www.manga-news.com/index.php/actus/2010/07/01/Lexpo-Hojo-comme-si-vous-y-etiez" target="_self">Tsukasa Hojô</a> et celle sur le travail de <a href="http://www.manga-news.com/index.php/actus/2010/07/05/Expo-Shotaro-Ishinomori" target="_self">Shotaro Ishinomori</a>.</p>
<p><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/monde_manga_kaze.jpg" alt="monde_manga_kaze" width="300" height="234" />- Après <a href="http://www.dailymotion.com/dybex" target="_self">Dybex</a> et le <strong>streaming</strong> légal de l&#8217;intégrale de <em>Fullmetal Alchemist Brotherhood</em>, d&#8217;autres éditeurs commencent à s&#8217;immiscer dans la brèche. Ankama propose actuellement <a href="http://www.ankama.com/fr/247-video-planetes" target="_self"><em>PLANETES</em></a> de Makoto Yukimura (<a href="http://www.bodoi.info/critiques/2009-06-22/vinland-saga-3/18066" target="_self"><em>Vinland Saga</em></a>). Seul problème ici, il ne faut rater aucun numéro car à chaque diffusion d&#8217;un nouvel épisode, le précédent n&#8217;est plus disponible&#8230;</p>
<p>- Parmi les très nombreux nouveaux titres que <strong>Kazé Manga</strong> annonce, deux nous intriguent déjà: <em>Ultimo</em> avec un scénario de Stan Lee et le dessin de Hiroyuki Takei (<em>Shaman King</em>), et <em>Moonlight Act</em>, la nouvelle série du très atypique Kazuhiro Fujita. (Source: <a href="http://www.manga-news.com/index.php/actus/2010/06/30/5-nouveaux-titres-Kaze-Manga" target="_self">Manga-News</a>)</p>
<p>- <strong>Paquet</strong> annonce l&#8217;arrêt de commercialisation de très nombreux titres asiatiques : <em>Another World War II</em>, <em>CAT</em>,  <em>Fever</em>, <em>Hotel Africa</em>, <em>Taeguk</em> et <em>Stanle</em>. (Source: <a href="http://www.manga-news.com/index.php/actus/2010/07/15/Arret-de-commercialisation-Paquet" target="_self">Manga-News</a>)</p>
<h2>EN BREF &#8211; Japon</h2>
<p>- Le manga <a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-03-23/ippo-–-la-rage-de-vaincre-1-30/30430" target="_self"><em>Hajime no Ippo</em></a> vient de dépasser les <strong>900 chapitres</strong> en un peu plus de 20 ans de pré-publication. Cette oeuvre de qualité est l&#8217;une des plus longues séries encore en cours du patrimoine culturel japonais! (Source: <a href="http://www.manga-news.com/index.php/actus/2010/07/07/Et-de-900-pour-Hajime-no-Ippo" target="_self">Manga-News</a>)</p>
<p><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/monde_manga_tsukuda.jpg" alt="monde_manga_tsukuda" width="400" height="200" />- Pour rester dans les chiffres impressionnants, <em><strong>One Piece</strong></em> vient de battre (encore) son propre record. Le tome 59 est tiré à 3 200 000 exemplaires! (Source: <a href="http://www.manga-news.com/index.php/actus/2010/07/17/Nouveau-Record-pour-One-Piece" target="_self">Manga-News</a>)</p>
<p>- <strong>Kimihiko Tsukuda est décédé</strong> à l&#8217;âge de 80 ans, le 28 juin dernier. Son nom vous dit peut-être rien, mais il est l&#8217;auteur du plus long yonkoma jamais publié. <em>Honobono-kun</em> a donné vie à l&#8217;équivalent japonais de Charlie Brown avec pas moins de <strong>15 451 strips verticaux </strong>! A quand une publication en français ? <a href="http://www.bodoi.info/critiques/2009-12-30/mes-voisins-les-yamada-1-3/26008" target="_self"><em>Mes voisins les Yamada</em></a> et <a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-05-12/le-voyage-de-kuro/33723" target="_self"><em>Le Voyage de Kuro</em></a> nous ont déjà montré que les Japonais peuvent maîtriser le support. (Source: <a href="http://www.animenewsnetwork.com/news/2010-07-17/honobono-kun-manga-kimihiko-tsukuda-passes-away" target="_self">AnimeNewsNetwork</a>)</p>
<p>- Alors que l&#8217;adaptation cinématographique de <em><strong>Gunnm</strong></em> est au point mort &#8211; James Cameron semble avoir trouvé un autre filon très rentable&#8230; -,  Yukito Kishiro vient de mettre en suspens la suite de sa série éponyme (<em>Gunnm Last Order</em>) pour un désaccord avec son éditeur&#8230; (Source: <a href="http://www.mangavore.fr/actualiteje-minforme/les-news/6-manga/4964-fin-prematuree-pour-last-order-.html" target="_self">Mangavore</a>)</p>
<p><em><strong><span style="color: #3366ff;">LECTURES CONSEILLÉES DU MOIS :</span></strong></em></p>
<p><em><a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-07-05/7-milliards-d’aiguilles-1-3/34926" target="_self">7 milliards d&#8217;aiguilles #3</a></em> &#8211; Nobuaki Tadano &#8211; Doki-Doki<br />
<em><a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-06-09/ashita-no-joe-–-tomorrow’s-joe-1-2/33796" target="_self"> Ashita no Joe</a> #3</em> &#8211; Asao Takamori &amp; Tetsuya Chiba &#8211; Glénat<br />
<em> Gente #3</em> &#8211; <a href="http://www.bodoi.info/?s=natsume+ono" target="_self">Natsume Ono</a> &#8211; Kana<br />
<em><a href="http://www.bodoi.info/critiques/2009-01-26/ikigami-avis-de-mort-1/9844" target="_self"> Ikigami</a> #7 &#8211; Mase Motorô </em>- Kaze Manga<br />
<em> Le coffre aux esprits #1</em> &#8211; Natsuhiko Kyogoku &amp; Aki Shimizu &#8211; Soleil<br />
<em> Yotsuba #9</em> &#8211; Kiyohiko Azuma &#8211; Kurokawa</p>
<p><span style="color: #3366ff;"><em><strong>DERNIÈRES CHRONIQUES sur BoDoï:</strong></em></span></p>
<p><a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-07-05/7-milliards-d’aiguilles-1-3/34926" target="_self"><em>7 milliards d&#8217;aiguilles #1 à 3</em></a>, <a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-07-08/bakuman-1-2-°/36159" target="_self"><em>Bakuman #1 à 2</em></a>, <a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-07-28/dorohedoro-1-8/33134" target="_self"><em>Dorohedoro #1 à 8</em></a>, <em><a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-07-19/dossier-a-1-4/35669" target="_self">Dossier A #1 à 4</a>, <a href="http://www.bodoi.info/critiques/2010-08-06/homunculus-1-11/35974">Homunculus #1-11</a></em>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Réservé aux adultes &#8211; une sélection de BD érotiques #2</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Aug 2010 06:30:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Roure</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comment se repérer dans la torride jungle de sorties de bandes dessinées érotiques ? BoDoï prend un certain plaisir à vous guider, dans sa rubrique "Réservé aux adultes" [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="post"><p>Après <a href="http://www.bodoi.info/magazine/2010-05-20/reserve-aux-adultes-une-selection-de-bd-erotiques-1/33922" target="_self">un premier épisode plébiscité</a>, voici une nouvelle sélection de bandes dessinées érotiques, dans des styles bien différents, parues ces derniers mois. Ouvrez grand vos yeux <em><strong>(et n’hésitez pas à cliquer sur les planches pour les voir en plus grand !)</strong></em>.</p>
<h2><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_lantre_de_la_terreur_couv.jpg" alt="erotique_lantre_de_la_terreur_couv" width="120" height="162" />L&#8217;Antre de la terreur</h2>
<p>Ce sont deux maîtres de la <strong>bande dessinée argentine </strong>qui ont produit cet explosif bijou de bande dessinée érotique. Et on peut dire qu&#8217;ils n&#8217;ont pas eu froid aux yeux ! Imaginez <strong>Londres à la fin du XIXe siècle</strong>, une capitale britannique poisseuse et dangereuse, celle de Jack l&#8217;éventreur et des récits de Stevenson. Vous visualisez ? Et bien, n&#8217;allez pas plus loin, car c&#8217;est exactement dans cette ambiance que nous plongent les deux auteurs, faisant même intervenir plusieurs personnages familiers, fictifs ou historiques, dans une intrigue complètement dingue. On croise ainsi <strong>Sherlock Holmes et Sigmund Freud, le jeune Winston Churchill et Albert Einstein, et l&#8217;auteur de </strong><em><strong>Docteur Jekyll et Mister Hyde</strong></em><strong> en personne !</strong><br />
<a href="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_lantre_de_la_terreur_image2g.jpg" rel="shadowbox[post-36203];player=img;"><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 5px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_lantre_de_la_terreur_image2p.jpg" alt="erotique_lantre_de_la_terreur_image2p" width="100" height="148" /></a><a href="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_lantre_de_la_terreur_image1g.jpg" rel="shadowbox[post-36203];player=img;"><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 5px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_lantre_de_la_terreur_image1p.jpg" alt="erotique_lantre_de_la_terreur_image1p" width="100" height="148" /></a>On y découvre un cabaret pervers, dont les caves sont remplies de pucelles (surtout de jeunes religieuses) droguées de force par une perfusion dans le vagin, qui assouviront des désirs malsains et des desseins maléfiques. Ces <em>Aventures sexuelles de Lilian et Agathe</em>, deuxième épisode d&#8217;une série démarrée dans les années 90, sont <strong>totalement débridées, souvent loufoques, parfois franchement crades</strong>. Quel pied !</p>
<p><em><strong>L&#8217;Antre de la terreur &#8211; les aventures sexuelles de Lilian et Agathe</strong></em>.<br />
Par Francisco Solano López et Ricardo Barreiro.<br />
Dynamite, 13,50 €, avril 2010.<br />
<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2915101507?ie=UTF8&amp;tag=bodoiinfo-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2915101507">Achetez L&#8217;Antre de la terreur sur Amazon.fr</a><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=bodoiinfo-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2915101507" border="0" alt="" width="1" height="1" /></p>
<h2><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chiara_rosenberg_couv.jpg" alt="erotique_chiara_rosenberg_couv" width="120" height="160" />Chiara Rosenberg</h2>
<p>Attention, le sous-titre (&laquo;&nbsp;la double vie d&#8217;une dominatrice&nbsp;&raquo;) peut prêter à confusion. Ce bel album de la collection Erotix des éditions Delcourt n&#8217;est pas une bête plongée dans le quotidien d&#8217;une spécialiste du sado-masochisme. Comme le prévient l&#8217;héroïne dans une lettre préliminaire : <em>&laquo;&nbsp;Le récit que vous êtes sur le point de lire est seulement <strong>une histoire d&#8217;amour, mais du genre d&#8217;amour capable d&#8217;ouvrir en grand les grilles de la passion, ce qui permet de dépasser les limites définies par des siècles de prudence sociale</strong>. Quand on franchit ce seuil, on entrevoit avec une vertigineuse clarté l&#8217;origine sociale de chaque perversion sexuelle et les risques qui découlent d&#8217;une véritable transgression.&nbsp;&raquo;</em> Voici donc Chiara, ménagère docile, qui se plie à tous les caprices, parfois franchement violents, de son mari. Mais elle rencontre un jeune homme qui n&#8217;est pas insensible à ses charmes (qui sont nombreux) et elle va passer de dominée à dominatrice. <a href="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chiara_rosenberg_image2g.jpg" rel="shadowbox[post-36203];player=img;"><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 5px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chiara_rosenberg_image2p.jpg" alt="erotique_chiara_rosenberg_image2p" width="110" height="148" /></a><a href="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chiara_rosenberg_image1g.jpg" rel="shadowbox[post-36203];player=img;"><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 5px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chiara_rosenberg_image1p.jpg" alt="erotique_chiara_rosenberg_image1p" width="110" height="148" /></a>Servi par <strong>la ligne claire de toute beauté de Roberto Baldazzini</strong>, ce conte érotique et conjugal risque de choquer par sa violence, et sa conclusion. Mais l&#8217;avertissement de la protagoniste revient à l&#8217;esprit et laisse entrevoir une façon de s&#8217;aimer qui n&#8217;est pas donnée à tout le monde (enfin, ceux qui veulent éviter les bleus&#8230;). Cette &laquo;&nbsp;édition définitive&nbsp;&raquo; de Chiara Rosenberg comprend <strong>une histoire inédite de 16 pages</strong>, qui évoque la rencontre entre l&#8217;héroïne et celui qui deviendra son époux. Une rencontre déjà placée sous le signe des coups&#8230;</p>
<p><em><strong>Chiara Rosenberg, la double vie d&#8217;une dominatrice</strong></em>.<br />
Par Roberto Baldazzini et Celestino Pes.<br />
Delcourt, 18,90 €, mai 2010.<br />
<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2756020672?ie=UTF8&amp;tag=bodoiinfo-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2756020672">Achetez Chiara Rosenberg &#8211; la double vie d&#8217;une dominatrice sur Amazon.fr</a><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=bodoiinfo-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2756020672" border="0" alt="" width="1" height="1" /></p>
<h2><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_elves_dreams_couv.jpg" alt="erotique_elves_dreams_couv" width="120" height="169" />Elves Dreams</h2>
<p>Amateur de <strong>fantasy</strong> et de nymphettes vulnérables, voici un album pour vous. En revanche, si votre truc, ce sont les histoires coquines, avec dialogues sensuels ou crus, et mises en scène élaborées, passez votre chemin. En effet, ce one-shot de 48 pages est composé d&#8217;<strong>une vingtaine de mini-récits de deux pages</strong> &#8211; plus quelques pin-up &#8211; dessiné dans un style sous influence manga. <a href="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_elves_imageg.jpg" rel="shadowbox[post-36203];player=img;"><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_elves_imagep.jpg" alt="erotique_elves_imagep" width="150" height="198" /></a>Où l&#8217;on retrouve invariablement une jeune créature &laquo;&nbsp;elfique&nbsp;&raquo; (les oreilles en pointe, ou la peau de couleur violette) ou une aventurière se caresser ou se faire attraper par, au choix : des brigands de la forêt, des pénis multiples sortis des parois d&#8217;une grotte, des esclaves à fond de cale&#8230; C&#8217;est souvent <strong>bourrin et moite</strong>, et même parfois proche de viols à répétition. Des fantasmes limites quoi. Comme si les contes de fées qu&#8217;on nous raconte depuis toujours ne se finissaient pas toujours bien&#8230;</p>
<p><em><strong>Elves Dreams</strong></em>.<br />
Par Alessandro Mazzetti.<br />
Éditions Blanche, 13,95 €, mai 2010.<br />
<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2846282544?ie=UTF8&amp;tag=bodoiinfo-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2846282544">Achetez Elves Dreams sur Amazon.fr</a><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=bodoiinfo-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2846282544" border="0" alt="" width="1" height="1" /></p>
<h2><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chambre121_couv.jpg" alt="erotique_chambre121_couv" width="120" height="170" />Chambre 121</h2>
<p>C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un employé d&#8217;hôtel pas comme les autres. Un groom de BD qui n&#8217;a pas de petit écureuil malin sous son calot, mais un engin bien rodé dans son pantalon. Il oeuvre en effet, sous les ordres langoureux d&#8217;une goulue patronne, au bien-être de femmes trop seules, qui ont un gros besoin d&#8217;affection. <strong>Bavarde, drôle et décontractée</strong>, cette série érotique au format <strong>comics</strong> (fascicules d&#8217;une cinquantaine de pages, peu chers, mais de belle qualité) enchaîne avec bonheur les chapitres coquins dans lesquels le héros n&#8217;a qu&#8217;un seul but : la jouissance de ses partenaires. Dans ce cinquième opus, notre gentleman baiseur prend en main une rondelette ménagère, qui découvre avec lui son plein potentiel de plaisir. À tel point qu&#8217;il la débauche pour oeuvrer de concert auprès de nouveaux clients.<br />
<a href="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chambre121_image2g.jpg" rel="shadowbox[post-36203];player=img;"><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 5px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chambre121_image2p.jpg" alt="erotique_chambre121_image2p" width="100" height="140" /></a><a href="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chambre121_image1p.jpg" rel="shadowbox[post-36203];player=img;"><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 5px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/aout2010/erotique_chambre121_image1p.jpg" alt="erotique_chambre121_image1p" width="100" height="140" /></a>La récurrence de ce personnage enlève un peu de piment à ce cinquième opus, qui manque peut-être ainsi de variété. Mais <strong>la plume légère d&#8217;Igor et le dessin absolument impeccable d&#8217;</strong><a href="http://boccere.blogspot.com" target="_blank"><strong>Olaf Boccère</strong></a> font que l&#8217;on réservera aussi longtemps que possible la <em>Chambre 121</em> dans leur hôtel de charme.</p>
<p><em><strong>Chambre 121 #5</strong></em>.<br />
Par Boccère et Igor.<br />
Dynamite, 7 €, juin 2010.<br />
<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2915101523?ie=UTF8&amp;tag=bodoiinfo-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2915101523">Achetez Chambre 121 T5 sur Amazon.fr</a><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=bodoiinfo-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2915101523" border="0" alt="" width="1" height="1" /></p>
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		<title>Louis Joos en quête de père</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 06:40:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurence Le Saux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On le connaissait passionné de jazz, prompt à représenter la vie des musiciens. Artiste exigeant, le Belge Louis Joos, 70 ans, se livre en profondeur dans "Un piano". Un émouvant ouvrage, qu'il commente de façon intime. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="post"><p style="text-align: left;"><strong><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1026/joos_intro.jpg" alt="joos_intro" width="450" height="300" />On le connaissait passionné de jazz, prompt à représenter la vie des musiciens. Artiste exigeant, le Belge <a href="http://www.louisjoos.com" target="_blank">Louis Joos</a>, 70 ans, se livre en profondeur dans <em>Un piano</em>. En cinq temps, il raconte des bribes de son enfance, au contact épisodique d&#8217;un père <em>&laquo;&nbsp;relégué&nbsp;&raquo;</em>. Un bel et émouvant ouvrage, qu&#8217;il commente de façon intime.</strong></p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1024/un_piano_1_1.jpg" alt="un_piano_1_1" width="260" height="315" />Quel est la part autobiographique présente dans <em>Un piano </em>?</strong><br />
Elle est très importante, même si le récit est teinté de notes poétiques. J&#8217;y mets tout ce que je sais de mon père, que je n&#8217;ai pratiquement pas connu, et qui m&#8217;a laissé comme seul souvenir matériel un piano à queue, que j&#8217;ai toujours.</p>
<p><strong>Qui était votre père ?</strong><br />
Un musicien, pianiste, devenu professeur de musique. Il est mort à l&#8217;âge de 70 ans, lorsque j&#8217;avais dix ans. Il avait trente ans de plus que ma mère, sa quatrième épouse, dont il était séparé. Décédé avant de m&#8217;apprendre vraiment le piano, il a tout de même tenté de m&#8217;inculquer &#8211; sans grand succès &#8211; des rudiments de solfège, lors de séances hebdomadaires.</p>
<p><strong>Quelle image aviez-vous de lui ?</strong><br />
Il vivait dans une situation de relégué, comme un hors-la-loi. La famille de ma mère l&#8217;avait complètement rejeté. Je n&#8217;ai jamais osé questionner cette dernière à son sujet, je me suis rapidement résigné au silence. Même si ces non-dits généraient beaucoup de malaise.</p>
<p><strong>Quand et pourquoi avez-vous décidé de creuser son histoire ?</strong><br />
Il y a quelques années, en approchant l&#8217;âge qu&#8217;il avait lorsqu&#8217;il est décédé, une curiosité m&#8217;est venue à son endroit :<img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1024/un_piano_2_1.jpg" alt="un_piano_2_1" width="400" height="138" />je me suis demandé comment il avait ressenti tout cela. J&#8217;ai retrouvé un album comportant de petites photos, que j&#8217;ai agrandies au scanner. J&#8217;ai alors enfin revu mon père, connu ses traits.</p>
<p><strong>Que savez-vous de lui aujourd&#8217;hui ?</strong><br />
Tout ce qui est dans l&#8217;album et rien de plus, vraiment. Il est allé trois fois aux États-Unis avant la Première Guerre mondiale. Il a eu deux filles là-bas, dont il me parlait parfois. Peut-être a-t-il eu d&#8217;autres enfants, puisqu&#8217;il avait déjà été marié trois fois&#8230;<img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1024/un_piano_3.jpg" alt="un_piano_3" width="300" height="259" />Je n&#8217;ai jamais effectué d&#8217;enquête pour entrer en contact avec eux ou en savoir plus. À l&#8217;âge de 25 ans, j&#8217;ai été approché par des gens qui voulaient savoir si j&#8217;étais le fils d&#8217;Henry Joos. Je n&#8217;ai pas donné suite, ça ne m&#8217;intéressait pas à l&#8217;époque.</p>
<p><strong>Que cherchiez-vous en réalisant cet ouvrage? </strong><br />
Développer le thème du père, dont on cache la vérité à son enfant. Montrer comment il avait réussi à me transmettre son amour de la musique. Même si, adolescent, c&#8217;est vers le jazz que je me suis tourné, et pas le classique.</p>
<p><strong>Comment ce goût vous est-il venu ?</strong><br />
Disons que j&#8217;ai eu une enfance assez marginalisée, ma mère s&#8217;étant remariée avec un bonhomme qui n&#8217;aimait pas ma présence. Alors que j&#8217;avais grandi sur la côte belge flamande, j&#8217;ai été envoyé dans une pension à Dunkerque. Je me sentais à l&#8217;écart, une impression amplifiée par les nombreuses maladies dont j&#8217;ai souffert. Revenu ensuite en Belgique &#8211; toujours en internat -, j&#8217;ai entendu du jazz.<img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1024/un_piano_4.jpg" alt="MEP_UnPiano_214x290.qxd:Mise en page 1" width="400" height="196" /> J&#8217;ai tout de suite été enthousiasmé par cette musique vivante, neuve, spontanée. Je savais que les Noirs étaient opprimés en Amérique et revendiquaient le droit d&#8217;être des citoyens à part entière. Je trouvais cette initiative admirable, et j&#8217;étais attiré par les fortes personnalités des jazzmen. <strong>Ils étaient souvent des marginaux, comme mon père et, en un sens, moi-même</strong>.</p>
<p><strong>Quel a été ensuite votre parcours ?</strong><br />
Comme j&#8217;aimais aussi le monde de la peinture, j&#8217;ai fait les Beaux-Arts à Bruxelles. Je voulais m&#8217;approcher des peintres, comprendre leur langage, leur façon de créer une atmosphère, de dégager une humanité d&#8217;une toile. J&#8217;ai ainsi appris le graphisme et la gravure.</p>
<p><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1024/un_piano_6.jpg" alt="un_piano_6" width="360" height="486" /></p>
<p><strong>Comment êtes-vous devenu auteur de bandes dessinées ?</strong><br />
Bien plus tard. À la fin des années 70, je faisais partie d&#8217;un groupe de <strong>pataphysiciens</strong> qui éditaient une revue. J&#8217;étais leur &laquo;&nbsp;pianiste de spectacle&nbsp;&raquo;. Comme j&#8217;avais proposé de faire aussi des dessins, l&#8217;un d&#8217;eux m&#8217;a réclamé un récit de huit pages sur le colaxa, pour une thématique spéciale champignons. En 1982, l&#8217;histoire est devenue un album de 44 pages, édité par Futuropolis.</p>
<p><strong>Quelle technique avez-vous utilisée pour <em>Un piano </em>?</strong><br />
J&#8217;avais d&#8217;abord pensé à les varier, en mêlant selon les pages des croquis, la couleur, la peinture à l&#8217;huile, l&#8217;acrylique&#8230; Mais j&#8217;ai fini par opter pour le noir et blanc, pour son côté plus spontané et jeté. Cela colle aussi bien au sujet du livre, à savoir les souvenirs. <strong>Je n&#8217;ai pas chercher à atteindre de perfection formelle. </strong>J&#8217;ai voulu laisser les cases dans un état un peu brut, avec des crayonnés, pas toujours encrés. Ces contrastes mettent ainsi en valeur les différents plans.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong><br />
En ce moment, je ne dessine pas. Je mets de l&#8217;ordre chez moi, c&#8217;est un vrai chantier ! J&#8217;ai beaucoup de livres à lire. En ce moment je suis plongée dans une biographie monumentale de Godard par Antoine de Baecque, 800 pages rudement bien écrites, très documentées. Ensuite, je m&#8217;attellerai à <strong>un récit graphique sur Thelonious Monk</strong>, pour un livre-disque des éditions BDMusic.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Propos recueillis par Laurence Le Saux</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong><br />
</strong></p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p><strong><em>Un piano</em></strong><strong>.</strong><br />
Par Louis Joos.<br />
Futuropolis, 20€, le 3 juin 2010.</p>
<p>Images et photos © Louis Joos &#8211; Futuropolis.</p>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2754803009?ie=UTF8&amp;tag=bodoiinfo-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2754803009">Achetez Un piano sur Amazon.fr</a><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=bodoiinfo-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2754803009" border="0" alt="" width="1" height="1" /></p>
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		<title>Christian Binet envoie la musique</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 06:40:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurence Le Saux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un musicien aigri et impatient se retrouve obligé d’enseigner son art à des élèves pas toujours doués… Voilà une mine de gags pour Christian Binet, accordéoniste fervent. Le père des Bidochon amuse avec "Haut de gamme", sa nouvelle série. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="post"><p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin-top: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/juillet2010/binet_intro.jpg" alt="binet_intro" width="375" height="250" />Un musicien aigri et impatient se retrouve obligé d’enseigner son art à des élèves pas toujours doués… Voilà une mine de gags pour Christian Binet, accordéoniste fervent. Le père des Bidochon amuse avec <em>Haut de gamme</em>, sa nouvelle série. Il raconte son goût des notes et l’avenir de Raymond et Roberte.</strong></p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1026/gamme_1.jpg" alt="gamme_1" width="360" height="275" />La musique classique, c’est votre passion ?</strong><br />
Oui. J’aime surtout la musique baroque, moins la période romantique, même si j’apprécie Mendelssohn et Chopin – sur lequel je m’acharne sans raison dans l’album… Ma femme et moi avons un abonnement à l’année à l’Opéra national de Paris. Je suis fan d’opéra depuis que j’ai vu une pub à la télé pour des bornes magnétiques, qui utilisait un air de <em>Manon Lescaut</em> de Puccini.</p>
<p><strong>Votre personnage principal vous a-t-il été inspiré par des gens de votre connaissance ?</strong><br />
Pas vraiment, même si j’ai eu pendant dix ans un très mauvais prof d’accordéon, qui est finalement devenu électricien. Beaucoup de gens sortent du Conservatoire avec l’espoir de faire carrière, et se retrouvent à donner des leçons. Or il faut avoir un minimum de vertus pédagogiques, savoir déstresser les novices qui se sentent nuls. C’est le cas de ma prof actuelle, bien plus efficace que son prédécesseur. Lorsque je ne suis pas en forme, je me dis tout de même que ça doit être difficile pour elle de supporter cela, alors qu’elle a suivi de longues années d’études… Mon héros, lui, est frustré, désappointé, amer. Son rêve a été brisé. Il a connu son heure de gloire mais est passé de mode. Il supporte tellement mal ses élèves qu’il veut se reconvertir dans la charcuterie…</p>
<p><strong><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1026/gamme_2.jpg" alt="gamme_2" width="320" height="245" />Pourquoi avoir choisi la forme du gag en quelques pages, que vous utilisez déjà pour <em>Les Bidochon </em>?</strong><br />
Au départ, je souhaitais réaliser une histoire de 45 pages. Mais je n’ai pas réussi à la visualiser complètement. Des récits sur quelques planches me permettent de savoir tout de suite où je mets les pieds et me simplifient le travail.</p>
<p><strong>Pourquoi publier <em>Haut de gamme</em> chez Dargaud, alors que vos précédents ouvrages ont été édités par Fluide Glacial ?</strong><br />
Claude de Saint-Vincent, le patron de Dargaud, m’a demandé d’amener <em>Les Bidochon</em> chez lui. J’ai refusé car je suis très attaché à Fluide. Claude et moi avons ensuite sympathisé, et j’ai cherché un sujet de série pour sa maison.</p>
<p><strong>Le prochain épisode des <em>Bidochon </em>– disponible en septembre – les montre accros aux gadgets domestiques modernes. C’est aussi votre cas ?</strong><br />
<img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1026/bidochon_1.jpg" alt="bidochon_1" width="300" height="239" />Comme Robert Bidochon, je possède un moulin à poivre qui fait de la lumière, très pratique pour manger dans le noir… Mes beaux-parents, eux, ont la fausse cheminée électrique, qui produit de la chaleur en hiver et de la fraîcheur en été. J’ai eu cette idée en feuilletant des catalogues type L’Homme moderne, que je reçois régulièrement.</p>
<p><strong>Au bout de vingt albums, ne vous lassez-vous pas des Bidochon ?</strong><br />
Non, car ce sont des personnages prétextes qui me servent à aborder des thèmes de société. Le prochain tournera autour de l’écologie, d’ailleurs. Car si l’on recycle nos déchets, tout le monde n’a pas encore compris comment trier… J’y vois une belle source de gags.</p>
<p><strong>Comment travaillez-vous ?</strong><br />
Je m’astreins à des horaires de bureau relativement fixes, pour pouvoir passer du temps avec ma famille. Dans mon atelier, je peux peindre, jouer de la musique (de l’accordéon à base chromatique) ou composer – je prends des cours d’harmonie et de contrepoint par Internet. <img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1026/gamme_4.jpg" alt="gamme_4" width="350" height="247" /> Je passe beaucoup de temps à écrire les textes, je suis à la recherche du dialogue percutant, du bon mot. Je pense qu’il vaut mieux tenir un bon scénario et le mettre en images avec un trait médiocre que l’inverse. Le dessin me prend moins de temps. J’ai développé un style maladroit mais assez efficace. Je ne m’embarrasse pas de détails, mes voitures sont souvent de traviole. Heureusement j’arrive à faire passer mes idées et mon humour !</p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong><br />
Je vais réaliser en parallèle la suite des <em>Bidochon </em>et celle de <em>Haut de gamme</em>. On y retrouvera mon professeur de musique frustré, mais avec d’autres élèves…</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Propos recueillis par Laurence Le Saux</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong><br />
</strong></p>
<p>_____________________________</p>
<p><strong><em>Haut de gamme #1</em></strong><strong>.</strong><br />
Par Christian Binet.<br />
Dargaud, 9,95€, le 11 juin 2010.</p>
<p><strong><em>Les Bidochon #20</em></strong><strong>.</strong><br />
Par Christian Binet.<br />
Fluide Glacial, 10,40€, le 1er septembre 2010.</p>
<p>Images © Christian Binet &#8211; Dargaud &#8211; Fluide Glacial.</p>
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<p>_____________________________</p>
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		<title>&#171;&#160;Tamara Drewe&#160;&#187;, un film piquant et bucolique de Stephen Frears</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Jul 2010 06:30:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurence Le Saux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Magazine]]></category>
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		<category><![CDATA[Bill Camp]]></category>
		<category><![CDATA[Denoël Graphic]]></category>
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		<description><![CDATA[L'Anglais Stephen Frears adapte au cinéma "Tamara Drewe", le roman graphique "so british" de Posy Simmonds. Une bouffée d'air frais et d'humour. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="post"><p><em>&laquo;&nbsp;Elle est boudinée dans son short, elle va se choper une mycose&#8230;&nbsp;&raquo;</em> Voilà le genre de commentaires que suscite <strong>Tamara Drewe</strong> lorsqu&#8217;elle arrive dans le village anglais de Stonefield. Cette jolie brunette au nez refait provoque la concupiscence des hommes et l&#8217;agacement des femmes, et va bientôt créer un <strong>beau bazar</strong> dans une communauté jusqu&#8217;ici à peu près tranquille.</p>
<p><img class="ngg-singlepic ngg-right alignright" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1026/tamara_drewe_affiche.jpg" alt="TAMARA DREWE" width="252" height="342" />En adaptant le roman graphique <em>Tamara Drewe</em> de <strong>Posy Simmonds</strong> (Denoël Graphic), <strong>Stephen Frears</strong> &#8211; <em>Chéri</em>, <em>The Queen</em>,<em> Dirty Pretty Things</em>&#8230; &#8211; semble s&#8217;être fait plaisir, tout simplement. <em>&laquo;&nbsp;Le scénario m&#8217;a fait rire</em>, explique le cinéaste britannique. <em>Je l&#8217;ai trouvé drôle, sexy et contemporain. (&#8230;) La BD est intelligente, fine, parle de choses qu&#8217;on connaît.&nbsp;&raquo; </em>Cette<em> &laquo;&nbsp;comédie pastorale&nbsp;&raquo;</em>, comme il la qualifie, se révèle tout aussi cruelle et amusante que son modèle dessiné.</p>
<p>On y trouve des personnages rapidement mais habilement campés, en tête desquels la fameuse Tamara. Incarnée par la piquante<strong> Gemma Arterton</strong> (récemment vue dans <em>La Disparition d&#8217;Alice Creed</em>, elle fut une James Bond girl malchanceuse dans <em>Quantum of solace</em>), celle par qui le scandale arrive n&#8217;est pas qu&#8217;une belle écervelée: sa plume affûtée lui permet de vivre du métier de journaliste, et son charme ravageur la venge d&#8217;une adolescence ingrate, vécue avec un visage affublé d&#8217;un pif démesuré &#8211; et depuis opéré.</p>
<p>Mais Stephen Frears ne s&#8217;appesantit pas sur la psychologie du personnage ; Tamara Drewe n&#8217;est là que pour jouer le rôle du <strong>chien dans un jeu de quilles</strong> à Stonefield. Car la bourgade est particulièrement paisible, au point que les jeunes qui  y vivent n&#8217;ont d&#8217;autre distraction que le lancer d&#8217;oeufs sur automobiles. Certains adultes semblent toutefois y trouver leur compte, comme le célèbre romancier Nicholas Hardiment (Roger Allam, parfait de dédain et de d&#8217;auto-complaisance) et sa fidèle épouse Beth Hardiment (Tamsin Greig). Le couple tient une résidence qui accueille les écrivains, le temps de la gestation de leur ouvrage.</p>
<p><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1026/tamara_drewe_1.jpg" alt="TAMARA DREWE" width="350" height="233" />L&#8217;arrivée de Tamara &#8211; qui s&#8217;installe au village, dans la maison de sa mère &#8211; et ses<strong> frasques sentimentales</strong> (elle amène dans ses bagages une rockstar écervelée) met tout le monde en émoi. Ses formes agréables ne tardent pas à affoler Nicholas, qui trompe sa femme à tout va, sous l&#8217;oeil désapprobateur de l&#8217;auteur Glen McCreavy (Bill Camp, qui campe la maladresse avec finesse). Tandis que deux adolescentes (Charlotte Christie et la formidable Jessica Barden, qui vole la vedette au rôle-titre du film) fomentent un plan diabolique pour s&#8217;approprier le petit ami de Tamara&#8230;</p>
<p>Il faut avouer que l&#8217;on s&#8217;amuse probablement autant que le metteur en scène en regardant ce <strong>film bien ficelé et agréablement bavard</strong>, où l&#8217;on manie le verbe comme d&#8217;autres l&#8217;épée. Les acteurs sont justes, le rythme soigneusement calculé. Si elle ne restera pas dans les mémoires comme une oeuvre forte, au propos artistique original, <em>Tamara Drewe</em> s&#8217;inscrit dans la meilleure veine de la <strong>critique sociale comique de l&#8217;<em>upper class</em> britannique</strong>. Et se déguste comme un bonbon acidulé, laissant un goût de &laquo;&nbsp;revenez-y&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Laurence Le Saux</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><img class="ngg-singlepic ngg-center aligncenter" style="margin: 10px;" src="http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1026/tamara-drewe_03.jpg" alt="TAMARA DREWE" width="600" height="399" /><br />
</strong></p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p><strong><em>Tamara Drewe</em></strong><strong>.</strong><br />
Film de Stephen Frears, d&#8217;après le roman graphique de Posy Simmonds (Denoël Graphic).<br />
Avec Gemma Arterton, Dominic Cooper, Tamsin Greig, Bill Camp, Roger Allam, Luke Evans, Jessica Barden&#8230; Durée: 1h49.<br />
En salles le 14 juillet 2010.</p>
<p>Photos © Diaphana.</p>
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