Chronique d’une chair grillée ***
Posté par Laurence Le Saux le 24 avr 2009 dans Critiques • 4 commentaires
Par Aude Massot et Fabien Bertrand. Les Enfants rouges, 16 €, le 27 mars 2009.
Âmes sensibles s’abstenir. Ce petit album au trait rond et plutôt humoristique se révèle être une grenade nihiliste dégoupillée. Le scénariste Fabien Bertrand y narre une existence pathétique, celle de Louka Zöt (en référence au livre de Scott McCloud ?), chômeur divorcé. Ce dernier se raconte justement à un psy – auquel il aurait tort de se fier. Un jour, un corbeau lui a apporté Klimt, un bébé né de sa brève union physique avec Adèle…
La suite pourrait être rose (ou bleu layette), seulement notre anti-héros vit dans une société totalitaire, régie par un très strict « Code des Conventions ». Où vos génomes sont scrutés et jugés, où les géniteurs potentiels doivent prouver leur parfaite santé, et où le Ministère Central contrôle le bonheur des citoyens en les encourageant à la délation. Pour tirer Louka de cette inextricable situation – il n’a pas le droit d’avoir, et encore moins d’élever, un mouflet -, son meilleur ami Maus Spiegelman (hop, clin d’Å“il à l’ami américain Art Spiegelman, auteur du chef d’Å“uvre Maus) propose de sacrifier un rein.
Ensuite, tout dégénère en un tour de main. Dans ces bandes dessinées par Aude Massot – où le marron domine -, les scuds pleuvent, les ombres menacent, les yeux (des boules blanches assez convaincantes) n’en finissent plus de s’écarquiller. Sombre et cynique, cette Chronique d’une chair grillée fait sourire en coin son lecteur, tout en le giflant assez violemment.
Achetez Chronique d’une chair grillée sur Amazon.fr
Votez pour cet album
Sur le même sujet
Cet article a été lu 1 025 fois

(36 votes, moyenne: 4,69 sur 5)

« Ce dernier se raconte justement à son psy – petite incohérence du livre, puisqu’on ne relie pas vraiment ce choix narratif au reste de l’action. »
Pas du tout d’incohérence.
)
En lisant le livre de manière plus attentive, vous vous seriez rendu compte que le psy en question a une très bonne raison de se retrouver avec le personnage principal derrière les barreaux…
Vous avez raison Brian, où avais-je la tête, mes neurones se sont mal connectés et n’ont pas fait le rapprochement entre ce psy et l’un des protagonistes finaux… Mille excuses, je corrige le tir !
Merci pour cette critique et merci d’avoir corrigé le tir!
Effectivement merci pour la critique et d’avoir rétabli la vérité…