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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | July 18, 2018

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Dans la valise de… Timothé Le Boucher

6 juillet 2018 |

Tout l’été, BoDoï interroge des auteurs de bande dessinée pour savoir ce qu’ils vous conseillent de lire, regarder, aller voir pendant l’été. Histoire de prendre un bon bol d’air frais et de culture, récente ou non. BD, roman, série, film, disque, exposition, spectacle, ils partagent avec vous leurs coups de coeur. Après les conseils de Marion Montaigne, voici ceux de Timothé Le Boucher (Ces jours qui disparaissent).

Une bande dessinée

lete_fantome_couvJ’ai fait mes études aux Beaux Arts d’Angoulême dans la même classe qu’Elizabeth Holleville, et j’ai toujours été impressionné par son travail. À l’époque, on ne pouvait qu’imaginer qu’elle serait un jour publiée. Il y a quelque temps, sur Facebook, j’ai écrit ceci en parlant de son album L’Été fantôme, paru chez Glénat:

L’Été fantôme fait partie de ces récits qui fourmillent d’idées brillantes et de petites anecdotes étonnantes à tel point qu’on ne peut lâcher l’album avant de l’avoir terminé. Durant des vacances d’été chez sa grand-mère, la petite Louison, délaissée par sa sœur et ses cousines, fait une étrange rencontre : le mystérieux fantôme d’une petite fille.

L’album aborde de nombreuses thématiques qui s’entremêlent dans un récit où le fantastique côtoie la normalité apparente d’une famille en vacances et ses thématiques intimistes : Louison s’ennuie car elle est en décalage avec sa sœur et ses cousines, prises dans les émois amoureux de l’adolescence. La grand-mère semble oublier trop de choses tandis que le petit chien ne cesse d’aboyer et agace le voisin. Les personnages sont touchants, travaillés par petites touches et offrent à l’histoire des dialogues cocasses et justes.

En lisant L’Été fantôme, une forte sensation de nostalgie m’est venue, bercé par mes souvenirs d’enfance en vacances, à lire les « Chair de poule » et autres contes horrifiques, à imaginer un surnaturel qui se glisse dans la banalité ambiante de l’ennui estival. Et d’ailleurs, cette inquiétante fascination pour l’horreur que l’on retrouve dans le récit crée une grande originalité dans les cadrages portés par une narration impeccable. Le lecteur est parfois tel un fantôme flottant qui explore la maison de la grand-mère, observant les objets remplis d’histoires passées. Parfois, on s’attarde sur des endroits vides, laissant présager que le lecteur ne voit pas tout. Il y a des sensations qui se dissimulent dans les ellipses, le hors-champ et par ce qui est induit dans la narration, et qui rendent ce récit encore plus profond et particulier.

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Elizabeth a cette capacité à raconter des histoires toutes plus croustillantes les unes que les autres, à l’aide d’un dessin au pinceau, élégant et subtil, dont l’iconicité rend la compréhension immédiate. Ses couleurs douces et originales arrivent à nous faire ressentir cette impression de bord de mer, le soleil qui tape sur les façades, tandis que dans l’obscurité de la maison se cache le fantôme.

Un livre

Qui a tué mon père, d’Edouard Louis (Le Seuil). C’est un livre court où l’auteur s’adresse à son père. Il revient sur des anecdotes d’enfance qui illustrent toute l’ambivalence de leur relation. Je suis rarement touché par des lectures, mais ce livre fait exception.

Une série

Mindhunter est une série qui retrace les prémices du profilage (sur Netflix). On y suit le cheminement intellectuel de deux agents du FBI et d’une psychologue qui étudient les tueurs en série. L’écriture fine arrive à atteindre parfois une complexité dans son propos qui déjoue les facilités. Cette série m’intéresse particulièrement car elle partage des sujets commun avec mon prochain album…

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