Les + du blog : DUFAUX, LE REVEUR DE MONDES 4/4
JEAN DUFAUX: En octobre sortira Croquis, un album Rapaces, composé de textes et d’images, qui a sa place dans le coffret de l’intégrale. J’y raconte certains évènements que je n’ai pu détailler dans le cycle, ainsi que plusieurs éléments à venir. Car Rapaces aura une suite. Mais je ne sais pas encore si elle sera dessinée ou non par Marini. Je n’ai pas le temps, actuellement, d’entamer ce nouveau cycle, mais il est clair qu’il est nécessaire. Il me permettra d’aller au bout de certains éléments non aboutis dans le premier cycle.
Un des fragilités de mon travail est qu’il faut attendre parfois longtemps pour lire l’intégralité d’une histoire. Certaines trouvent un second souffle lors de la publication en intégrale. C’est le cas pour celle de Dixie Road, pour laquelle j’ai eu beaucoup plus de réactions que lors de la sortie en albums. Il y a surproduction, du coup tous les fonds de catalogues s’effondrent. Un auteur, pour gérer son œuvre, n’a plus qu’un biais possible : l’intégrale. Je suis en négociation avec Glénat pour rééditer, en intégrales, toutes mes séries publiées chez eux. Santiag, Les Révoltés, etc. et cela sous des formes nouvelles sur lesquelles on travaille. Pour chacune, j’écrirai un texte dans lequel je resituerai l’histoire dans ma carrière. J’ai toujours pris beaucoup de notes.
En 2002, je pronostiquais dans BoDoï que la production de la bande dessinée allait littéralement exploser. En 2006, c’est fait. Normal. On peut tout dire en BD. Il y faut simplement de la sincérité et du style. C’est un métier absolument merveilleux, il est compréhensible qu’il y ait surproduction. Et, s’il y a des tas de choses illisibles, on trouve aussi de très bons albums.
Qu’il lise un Pardaillan de Zévaco ou du Flaubert, un gamin ouvre des portes absolument merveilleuses. Enfant, j’aimais beaucoup Zévaco. A vingt ans, je suis tombé sur Le Journal de Jules Renard. Le plaisir a été le même. Mais Jules Renard n’a pas pris la place de Zévaco !
On a un devoir de mémoire disait Stendhal. Il avait raison. Nous sommes là pour nous souvenir et communiquer aux autres nos souvenirs.
FIN
(Couverture de l’intégrale du premier cycle de La Complainte des landes perdues © Dargaud).

