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	<title>Commentaires sur : &#171;&#160;Russian Olive to Red King&#160;&#187;, l&#8217;inclassable livre des époux Immonen</title>
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		<title>Par : Domonkos Szenes</title>
		<link>http://www.bodoi.info/russian-olive-to-red-king-linclassable-livre-des-epoux-immonen/#comment-167640</link>
		<dc:creator><![CDATA[Domonkos Szenes]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Oct 2018 15:10:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[(annule et remplace commentaire précédent, avec ajout et corrections)

Ouvrage magnifique, frisant la perfection formelle, impossible de n&#039;avoir pas la gorge nouée, la larme à l&#039;oeil, en même temps de ne pas éprouver le pur plaisir de la contemplation esthétique. Oeuvre littéraire plus que bande dessinée (pas seulement parce que les paroles d&#039;une vieille chanson et des textes de Tchékhov et de Shakespeare accompagnent l&#039;héroïne dans son errance et sa déshérence, la rattachant à l&#039;humanité lointaine).

 En désaccord absolu avec la critique ci-dessus qui laisse craindre au lecteur qu&#039;on pourrait avoir des difficultés à entrer dans un ouvrage qui est la simplicité et la limpidité mêmes, qui renvoie au vécu de quiconque un jour (c&#039;est-à-dire de nous tous) a vécu le deuil, l&#039;absence, le doute sur soi-même, et, par-dessus tout, &quot;le dur désir de durer&quot;, de survivre tout de même. C&#039;est ce que font à leur façon les deux personnages. 


 Fantasme de rupture sentimentale qui remettrait en cause la réalité de ce que vit la jeune femme dans la taïga ? Je ne crois pas. Il y a l&#039;appel téléphonique émanant sans doute d&#039;autorités locales que reçoit l&#039;homme, et qui fait le pont entre les deux récits parallèles, qui les relie et leur donne réalité, qui fait entrer la réalité du crash et de l&#039;errance de la naufragée des airs, dans le naufrage de celui qui attend vainement. Le fait que ce retour qui se fait attendre, qui s&#039;éternise, qui devient improbable, renvoie l&#039;homme à ses craintes et ses fantasmes de rupture et d&#039;abandon, ne signifie pas que le récit de l&#039;accident d&#039;avion n&#039;a aucune réalité… 

Il faudrait également parler du chien. Autre lien entre les deux personnages (et qui rend très improbable la rupture sentimentale : il est évident que la jeune femme ne serait pas partie sans son chien). L’absence, l’incompréhension de cette absence, se lisent dans les regards du chien, ses attitudes, et renforcent les sentiments de manque. Avec au début une demande d’explication adressée par le chien à l’homme et, à la fin, une froideur et une indifférence entre les deux, chacun enfermé dans son deuil, chacun tâchant de le régler, à sa manière d’homme, à sa manière de chien. Rien n’est dit, tout est dit.

 Quant à la seconde partie, sous forme de récit, ponctué de mystérieuses petites cases &quot;abstraites&quot; (qui s&#039;expliquent à la fin dans une double planche dessinée qui vient clore les deux récits), si elle peut surprendre de prime abord, devient rapidement le contrepoint de la première partie : une absence irréparable (du père) vient en miroir d&#039;une autre absence irréparable (de la femme aimée). 

 J&#039;ai rarement lu un &quot;album de bande dessinée&quot; aussi abouti, beau, émouvant, et qui appelle la relecture, puis la relecture... de la même façon que le héros ne cesse de se remémorer.]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>(annule et remplace commentaire précédent, avec ajout et corrections)</p>
<p>Ouvrage magnifique, frisant la perfection formelle, impossible de n&rsquo;avoir pas la gorge nouée, la larme à l&rsquo;oeil, en même temps de ne pas éprouver le pur plaisir de la contemplation esthétique. Oeuvre littéraire plus que bande dessinée (pas seulement parce que les paroles d&rsquo;une vieille chanson et des textes de Tchékhov et de Shakespeare accompagnent l&rsquo;héroïne dans son errance et sa déshérence, la rattachant à l&rsquo;humanité lointaine).</p>
<p> En désaccord absolu avec la critique ci-dessus qui laisse craindre au lecteur qu&rsquo;on pourrait avoir des difficultés à entrer dans un ouvrage qui est la simplicité et la limpidité mêmes, qui renvoie au vécu de quiconque un jour (c&rsquo;est-à-dire de nous tous) a vécu le deuil, l&rsquo;absence, le doute sur soi-même, et, par-dessus tout, &laquo;&nbsp;le dur désir de durer&nbsp;&raquo;, de survivre tout de même. C&rsquo;est ce que font à leur façon les deux personnages. </p>
<p> Fantasme de rupture sentimentale qui remettrait en cause la réalité de ce que vit la jeune femme dans la taïga ? Je ne crois pas. Il y a l&rsquo;appel téléphonique émanant sans doute d&rsquo;autorités locales que reçoit l&rsquo;homme, et qui fait le pont entre les deux récits parallèles, qui les relie et leur donne réalité, qui fait entrer la réalité du crash et de l&rsquo;errance de la naufragée des airs, dans le naufrage de celui qui attend vainement. Le fait que ce retour qui se fait attendre, qui s&rsquo;éternise, qui devient improbable, renvoie l&rsquo;homme à ses craintes et ses fantasmes de rupture et d&rsquo;abandon, ne signifie pas que le récit de l&rsquo;accident d&rsquo;avion n&rsquo;a aucune réalité… </p>
<p>Il faudrait également parler du chien. Autre lien entre les deux personnages (et qui rend très improbable la rupture sentimentale : il est évident que la jeune femme ne serait pas partie sans son chien). L’absence, l’incompréhension de cette absence, se lisent dans les regards du chien, ses attitudes, et renforcent les sentiments de manque. Avec au début une demande d’explication adressée par le chien à l’homme et, à la fin, une froideur et une indifférence entre les deux, chacun enfermé dans son deuil, chacun tâchant de le régler, à sa manière d’homme, à sa manière de chien. Rien n’est dit, tout est dit.</p>
<p> Quant à la seconde partie, sous forme de récit, ponctué de mystérieuses petites cases &laquo;&nbsp;abstraites&nbsp;&raquo; (qui s&rsquo;expliquent à la fin dans une double planche dessinée qui vient clore les deux récits), si elle peut surprendre de prime abord, devient rapidement le contrepoint de la première partie : une absence irréparable (du père) vient en miroir d&rsquo;une autre absence irréparable (de la femme aimée). </p>
<p> J&rsquo;ai rarement lu un &laquo;&nbsp;album de bande dessinée&nbsp;&raquo; aussi abouti, beau, émouvant, et qui appelle la relecture, puis la relecture&#8230; de la même façon que le héros ne cesse de se remémorer.</p>
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