Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 20, 2020















Retour en haut de page

Haut de page

No Comments

Angoulême 2020 : l’expo Yoshiharu Tsuge

30 janvier 2020 |

Après Kamimura, Tezuka et Matsumoto, le Musée d’Angoulême accueille, à l’occasion du Festival international de la bande dessinée, une exposition d’une grande richesse et à la scénographie classieuse sur le travail d’un mangaka aussi brillant que rare : Yoshiharu Tsuge.

tsuge49Intitulée « Être sans exister », cette rétrospective chronologique d’une oeuvre qui s’étend des années 60 aux années 80, avec de longues absences, met en avant un auteur souffrant d’angoisses récurrentes voire chroniques, et qui n’a que trop rarement pu les exprimer en bande dessinée. Parce que le marché n’en voulait pas ou que son inconfort de vivre dans une société avec laquelle il n’était pas en phase paralysait sa créativité. « Dessiner m’était de plus en plus douloureux, dit-il après ses premières années professionnelles. Mon quotidien était sombre et pétri d’angoisses. L’art ne m’intéressait pas. Je ne m’étais jamais demandé ce que ‘s’exprimer’ voulait dire. J’étais ignorant de toutes ces choses, seul, sans personne avec qui échanger. La direction que j’allais emprunter ne découlait pas d’une réflexion théorique, mais simplement d’un rejet viscéral du divertissement. »

Assistant chez Mizuki, il a les honneurs de la revue d’avant-garde Garo, qui loue son ton original et son style cherchant à s’émanciper des anciens. Mais il peine aussi à saisir l’opportunité de rencontrer un vrai succès, et disparaît même parfois, sans donner de novelles. Puis il revient et se lance des récits adultes étranges et obsessionnels, un peu autofictionnels, qui déstabilisent le public ainsi que ses confrères auteurs. Sa carrière est ainsi émaillée d’épisodes dépressifs et de moment productifs. Avec une vision qui se dégage : sortir des schémas traditionnels, explorer l’intime, voire l’inconscient. C’est le cas de sa nouvelle La Vis, véritable révolution dans la bande dessinée mondiale, explorant l’onirisme comme jamais auparavant, avec sa trame invisible et imprévisible, ses tabous levés, ses figures violentes et dérangeantes.

Le sexe, souvent violent ou malaisant, sera souvent présent dans ses oeuvres. Mais ce n’est pas la seule figure récurrente. Il y a la campagne, le bord de mer, les habitats traditionnels, inspirés par de nombreux voyages que Tsuge a effectué au Japon. Il y a celle, surtout, de l’homme écrasé par son environnement, naturel ou industriel ou sociétal. Un écrasement qui l’empêche de s’épanouir en tant qu’individu, à s’isoler, voire à songer à mettre fin à une vie si dure. Autant de thèmes que l’on retrouve dans la grande oeuvre somme de Yoshiharu Tsuge, L’Homme sans talent (1984-1987). Un récit composé de plusieurs histoires, qui ne sera jamais vraiment conclu. Mais qui forme, avec une nouvelle indépendante dans laquelle il confesse sa tentative de suicide, le point d’orgue final d’une oeuvre poignante et audacieuse. Depuis, le mangaka, 82 ans aujourd’hui, n’a plus rien publié.

Photo © BoDoï

tsuge01
tsuge02
tsuge03
tsuge04
tsuge05
tsuge06
tsuge07
tsuge08
tsuge09
tsuge10
tsuge11
tsuge12
tsuge13
tsuge14
tsuge15
tsuge16
tsuge17
tsuge18
tsuge19
tsuge20
tsuge21
tsuge22
tsuge23
tsuge24
tsuge25
tsuge26
tsuge27
tsuge28
tsuge29
tsuge30
tsuge31
tsuge32
tsuge33
tsuge34
tsuge35
tsuge36
tsuge37
tsuge38
tsuge39
tsuge40
tsuge41
tsuge42
tsuge43
tsuge44
tsuge45
tsuge46
tsuge47
tsuge48
 

Publiez un commentaire