Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 23, 2017

Retour en haut de page

Haut de page

No Comments

Inside BD à Bastia, épisode 3

5 avril 2009 |

inside_bastia_3_5.jpgLa journée avait pourtant bien commencé. Des interviews qui se succèdent dans des conditions pas franchement désagréables, puisqu’elles ont lieu sur le vieux port bastiais. D’abord David B., qui détaille la genèse et surtout les développements qu’il entend donner à sa saga historique Par les chemins noirs (Futuropolis). Féru d’histoire, il explique passionnément comment il gratte les grands événements afin de dénicher les petites anecdotes, celles qui éclairent autrement le passé et lui donnent chair.inside_bastia_3_4.jpg

C’est ensuite au tour de Riad Sattouf de se poser sur la terrasse du même café, face aux bateaux, pour raconter le tournage de son premier film, Les Beaux Gosses, qui sera en juin sur les écrans – et qu’une rumeur flatteuse voit déjà sélectionné à Cannes. Pas franchement à l’aise en interview, l’auteur de La Vie secrète des jeunes (L’Association) réfléchit longuement à chaque réponse et tente d’analyser pourquoi l’ado le fascine autant.

Après une petite balade dans les ruelles étroites du Vieux Bastia, je visite avec Sascha Hommer, auteur de Insekt (Sarbacane), l’exposition consacrée à la BD allemande. Avant, quelques heures plus tard, d’assister à une conférence croisée sur le même sujet. Qui enfonce le clou: la France est décidément un inside_bastia_3_3.jpgpays particulièrement réceptif à la bande dessinée, contrairement à l’Outre-Rhin, où les histoires mises en images restent dédiées aux enfants.

Au centre culturel Una Volta, l’après-midi s’écoule doucement, entre rencontres autour de l’expo « Mémoires du siècle » et dédicaces improvisées. Tranquillement attablés, Boulet, Lewis Trondheim et Camille Jourdy ravissent les gamins en enchaînant les dessins.

Une petite sieste plus tard, j’allume la télé de ma chambre et tombe sur une scène d’émeute: de jeunes cagoulés courent et jettent des cocktails molotov, des CRS s’embrasent – 10 sont blessés. Et je réalise qu’il s’agit de Bastia, où une manifestation visant à protester contre les violences inside_bastia_3_2.jpgpolicières vient d’avoir lieu. D’où les méchants bruits de pétards que j’entends depuis quelques minutes!

N’écoutant que mon courage, je sors… Devant l’hôtel, une armée de CRS bloque une rue. Quelques pas plus loin, c’est un feu qui brûle au beau milieu de la route. L’air est âcre, piquant. Une écharpe sur la bouche, je croise des ados cagoulés courant vers la place du marché, où ça chauffe dur.

Je me réfugie au centre Una Volta, où chacun raconte ses impressions de l’après-midi. David B. exulte: il a suivi les manifestants de près, courant avec eux pour échapper aux CRS. « J’adore quand ça pète », lâche-t-il, excité comme un gamin. Nul doute qu’il a glané du matériau brut pour ses livres.

Les plaisanteries fusent quand paraît Dominique Mattei, grande ordonnatrice de ces 16e Rencontres de la bande dessinées et de l’illustration: « L’animation est particulièrement bien faite cette année, tout est prévu pour que l’on ne s’ennuie pas. » BD à Bastia s’achève dans un climat insurrectionnel, qui cadre fort bien avec les luttes dessinées, armées ou non, mises en avant dans l’escalier Vezzani.

Photos © BoDoï.

Votez pour cet article

Publiez un commentaire