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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 17, 2017

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11 Comments

Kick-Ass : un film héroïque et délicieusement régressif

21 avril 2010 |

Kick-Ass, le film adapté des comics de Mark Millar et John Romita Jr., sort aujourd’hui. Et il met un bon coup de boule dans le genre super-héroïque au cinéma.

kick_ass_affiche0Avec sa voix-off incisive et ses dialogues potaches, Kick-Ass met le spectateur immédiatement dans le bain. « Pourquoi tout le monde veut être Paris Hilton et pas Spider-Man ? », demande le héros, Dave, un lycéen geek comme tant d’autres, avec cheveux gras, lunettes et une connexion web pour se masturber devant les sites pornos. Sans pouvoir, ni millions de dollars pour s’équiper en gadgets high-tech, Dave commande une clinquante tenue de plongée sur eBay et décide d’avancer masqué pour combattre le crime (ou du moins la petite délinquance, pour commencer). Mais n’est pas Batman qui veut, et à sa première vraie sortie, il se prend une méchante rouste. Malgré des mois d’hôpital, il persiste et, grâce à une de ses interventions filmées par un ado et postée sur YouTube, il devient un vrai héros. Et il est bientôt rejoint par d’autres justiciers masqués, aux intentions fort différentes…

Fidèle à la BD, le long-métrage oscille entre comédie ados et film d’action délicieusement bourrin. Côté comédie, c’est parfois un peu light, on aurait aimé un peu plus d’humour. En revanche, côté défouraillage, on en a pour son argent, avec litres d’hémoglobine et séquences d’une rare violence. Car le jeune héros rencontre vite beaucoup plus allumé et costaud que lui en la personne de Hit-Girl, petite fille dressée à tuer par son père. Kick-Ass marche alors sur la ligne étroite qui sépare le cinéma pop-corn et l’écoeurante épopée vengeresse : sa plus grande qualité est de ne jamais s’en écarter et de ne pencher ni d’un côté, ni de l’autre.

kick_ass_photo1En effet, le scénario s’interroge sur ce qui fait les (super-)héros, et surtout sur la manière de le devenir. Mais sa plus grande originalité est la réponse qu’il apporte : si être un héros est un choix, les motivations pour s’affirmer comme tel sont personnelles, voire intimes, et elles ne regardent personne. Kick-Ass tabasse les voyous parce que c’est cool et que ça l’aide à grandir. Hit-Girl accomplit son destin vengeur dans le sang, et ça ne regarde personne. Loin de l’angélisme béat qui baigne les épopées Marvel ou DC sur grand écran (The Dark Kinght excepté), Kick-Ass propose une vision basique et terriblement régressive de l’héroïsme, qui est finalement jouissive tant elle souffle un vent d’air frais dans le genre.

« Pas de pouvoir, pas de responsabilité ! », lance à un moment le héros. Tout est dit. Si les Spider-Man et autres Captain America se sentent investis d’une mission de sauveur de l’humanité, Dave/Kick-Ass désire simplement ne plus se laisser enquiquiner par les plus grands et les plus musclés. Il ne changera pas la face du monde, il le sait, il préfère jouer avec. C’est pour cela qu’on se range finalement à ses côtés, car il est simplement un gamin comme nous, ni un modèle, ni une icône. Juste un type qui décide de prendre sa vie en main, maladroitement souvent, judicieusement parfois. kick_ass_photo2Un type presque normal, comme n’importe qui. Et qui casse la gueule aux méchants. La classe quoi.

Malgré ses petites baisses de rythme dans les séquences de comédie, Kick-Ass est un film globalement jouissif, qui envoie valser le politiquement correct en même temps que les sagas héroïques qu’on nous sert depuis des années. Celui qu’on attendait pour nous redonner envie de voir des histoires de héros masqués, qui seraient drôles et intelligentes à la fois, et pas simplement des foires aux effets spéciaux. Un petit plaisir coupable finalement, sans d’autre ambition que de nous faire passer un bon moment de cinéma. Pari gagné.

Benjamin Roure

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Kick-Ass.
Par Matthew Vaughn, d’après le comics de Mark Millar et John Romita Jr.
Avec Aaron Johnson, Nicolas Cage, Chloe Moretz, Mark Strong, Christopher Mintz-Plasse…
1h57, en salles le 21 avril 2010.

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KICK-ASS – bande-annonce – VOST

Commentaires

  1. Francois Pincemi

    Personnellement, j’ai trouvé les scènes de comédie réussies aussi. Un trés bon film qui ravit le public (le mercredi aprés-midi, c’est sortie cinéma pour les teenagers) et le fait rire!
    Voila ce que je dis de ce film sur mon cinéblog, visible sur cinémovies.

    Un excellent film d’action où il y a de l’humour. Un ado à lunettes (on le croirait sorti des « beaux gosses » de Sattouf subit les frustrations communes aux garçons moches et timides de son âge, mais il adore les BD de super-héros. Et il pense que les super-pouvoirs ne servent à rien, il suffit d’un peu de volonté, d’enthousiasme et de naïveté. Donc il achète sur le net une tenue verte de plongeur qui lui servira à se battre, s’entraine un peu au combat au bâton et part affronter la délinquance.
    Certains des combats (les pirouettes de la fille de 11 ans, Hit-Girl) semblent avoir été réglées par le grand Tarantino en personne. D’ailleurs, la musique accompagne aussi avec efficacité cet étonnant moment d’action, de violence et de cynisme. Le héros monologue parfois en voix off (comme dans les BD), mais les textes sont bien écrits et font rire. Je recommande!

  2. Francois Pincemi

    Personnellement, j’ai trouvé les scènes de comédie réussies aussi. Un trés bon film qui ravit le public (le mercredi aprés-midi, c’est sortie cinéma pour les teenagers) et le fait rire!
    Voila ce que je dis de ce film sur mon cinéblog, visible sur cinémovies.

    Un excellent film d’action où il y a de l’humour. Un ado à lunettes (on le croirait sorti des « beaux gosses » de Sattouf subit les frustrations communes aux garçons moches et timides de son âge, mais il adore les BD de super-héros. Et il pense que les super-pouvoirs ne servent à rien, il suffit d’un peu de volonté, d’enthousiasme et de naïveté. Donc il achète sur le net une tenue verte de plongeur qui lui servira à se battre, s’entraine un peu au combat au bâton et part affronter la délinquance.
    Certains des combats (les pirouettes de la fille de 11 ans, Hit-Girl) semblent avoir été réglées par le grand Tarantino en personne. D’ailleurs, la musique accompagne aussi avec efficacité cet étonnant moment d’action, de violence et de cynisme. Le héros monologue parfois en voix off (comme dans les BD), mais les textes sont bien écrits et font rire. Je recommande!

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