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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 22, 2018

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Mai 68 : la veille du Grand Soir

2 novembre 2018 |
SERIE
Mai 68 : la veille du Grand Soir
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
24.95 €
DATE DE SORTIE
14/03/2018
EAN
2413000380
Achat :

Il y a 50 ans, naissait une crise qui secouait la France. Étudiants, ouvriers, tous allaient devenir les acteurs d’un mouvement qui tentait alors de redéfinir le sens de l’existence de chacun. Qu’en était-il des espoirs révolutionnaires ouvriers ? Des aspirations d’une jeunesse ? Du tournant politique de l’après-guerre ? À travers le regard d’un étudiant – double à peine voilé de Patrick Rotman – entraîné par hasard par l’engrenage de ce printemps des peuples, on voit défiler les journées allant du 22 mars 1968 à la fin du mois de juin, de l’insurrection de la faculté de Nanterre au vote en faveur de De Gaulle, reconsolidant, pour un temps seulement, sa légitimité.

mai_68_veille_du_grand_soir_image1 Le personnage, qui sert de passeur entre les événements et le lecteur dans cette histoire, côtoie Cohn-Bendit, Weber, Geismar… Il assiste aux différentes AG, aux divisions entre syndicats, mais aussi à la formidable énergie et la volonté du peuple face à un pouvoir qui ne comprenait que peu de choses et dont l’aveuglement s’est avéré grave en conséquences violentes et meurtrières. À l’heure où Mai 68 reste un marqueur fort pour les politiques – en faveur ou en réaction –, Patrick Rotman et Sébastien Vassant dressent un bilan documenté et distancié, sondant à la fois les arcanes du pouvoir comme les attentes des étudiants ou des ouvriers.

On trouve dans cette BD la patte rigoureuse du travail de Rotman, fin observateur et analyste de l’histoire contemporaine que ce soit en tant que documentariste (68, Chirac, Été 44, Un mur à Berlin…) ou en tant que scénariste pour le cinéma (Nuit noire, L’Ennemi intime, La Conquête…). Les points de vue sont croisés, les détails sont explicités : c’est une oeuvre instructive et pédagogique. Au dessin, Sébastien Vassant semble très à l’aise dans un style qu’il connaît bien maintenant depuis Juger Pétain ou Histoire dessinée de la guerre d’Algérie. Le trait fin de son crayon croque avec justesse les personnages connus et moins connus, passant ainsi des couloirs de l’Élysée et des discussions de cabinet à l’agitation du boulevard Saint-Germain.

Mais cet ouvrage est avant tout un travail d’historien mis en image. On applaudit la volonté d’instruire mais l’originalité vient à manquer. La présence de ce personnage fictif de l’étudiant en histoire semble factice, comme s’il avait fallu rendre le propos moins rugueux, moins sec, moins austère. Cette sensation d’âpreté est d’ailleurs renforcée par le trait de Vassant, peu révélateur de la joie qui régnait aussi, malgré les tensions, parmi cette jeunesse révolutionnaire.

Ce Mai 68 reste une bonne copie, celle d’un étudiant studieux, mais qui manque quelque peu de chaleur humaine, d’empathie et de sentiments.

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