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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 20, 2017

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Métamuta ****

27 mai 2009 |

metamuta_couv.jpgbravo.jpgPar Jérémie Labsolu. Ankama, 11,90 €, le 7 mai 2009.

La grosse claque du mois de mai, la voilà. Parce que ce livre est original à tout point de vue. Parce qu’il prend une bonne dose de risques, comme un alpiniste qui gravirait une montagne les yeux bandés. Et surtout parce qu’il arrive au sommet. Au départ, ce projet hors norme avait en effet un côté casse-gueule bien prononcé. Métamuta était ainsi présenté comme un spin-off de Mutafukaz, la détonnante création de Run, qui avait déjà connu un chouette prequel. Un album à part dans la chronologie, qui devait plonger le lecteur dans un rêve bizarre d’Angelino, le héros à tête noire de la série originelle. Un truc barré quoi. Mais barré avec classe.

Jérémie Labsolu, dont c’est le premier album signé chez un éditeur, a choisi la radicalité. D’abord par sa narration non linéaire qui, après une séquence introductive fort déstabilisante, mêle flashs-backs, saynètes surréalistes à la David Lynch, séquences de baston improbables et une dernière moitié centrée sur une histoire d’amour compliquée. metamuta_image.jpgPar son graphisme ensuite car, sous des allures brouillonnes, il démontre en réalité une maîtrise exceptionnelle. Dans un noir et blanc grisâtre, comme si les pages étaient photocopiées, l’auteur superpose crayon, tâches d’encre, photos et trames, le tout dans un découpage inspiré des mangas. On est entre le fanzine underground et le dessin d’enfant, entre le street art et un détournement punk de l’imagerie kawai japonaise.

L’effet produit est complètement dingue. Car on ne peut être sûr de rien dans cette histoire survoltée, aux personnages tordus et insaisissables. Même les révélations sur le passé d’Angelino (de beaux passages avec sa mère) sont sujettes à caution, tant l’ensemble baigne dans un nuage onirique. Pour le reste, on se laisse porter par l’enchaînement imprévisible de séquences d’introspection et de fusillade, et on est totalement séduit par l’atmosphère à la fois tendre et ultra-violente (si, si, c’est possible) qui règne ici. Le lecteur qui n’a jamais lu Mutafukaz sera très certainement paumé dans ce déluge. Mais s’il ne veut pas passer à côté d’une des grandes révélations de 2009, il s’y mettra nécessairement.

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