Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 21, 2018















Retour en haut de page

Haut de page

No Comments

Noël 2017 : notre sélection beaux livres (5)

20 décembre 2017 |

Vite, c’est la dernière ligne droite pour vos cadeaux de Noël ! Vous trouverez des idées de beaux livres de dessin dans nos quatre précédentes sélections (1 / 2 / 3 / 4). Et bien entendu dans la 5e ci-dessous. Bonne lecture et bonne chasse aux cadeaux !

dans_linfini_couvDans l’infini et autres histoires

Quelle trouvaille ! Les éditions 2024 et la BnF publient pour la première fois en album des histoires du méconnu G.Ri. De son vrai nom Victor Mousselet, ce dessinateur né en 1853 et mort en 1940 dessina dans la presse pour la jeunesse durant le premier tiers du XXe siècle, collabora avec Alfred Robida, et fut tout simplement un pionnier de la science-fiction dessinée française. Cité par Alain Saint-Ogan (créateur de Zig et Puce), ce militaire de carrière qui dessinait donc anonymement est peu à peu tombé dans l’oubli, n’ayant jamais vu son travail repris en livre. C’est désormais chose réparée, avec un majestueux ouvrage, sélectionné pour le Fauve patrimoine du prochain Festival d’Angoulême. Où l’on retrouve trois histoires, publiées il y a plus de 100 ans, et qui adoptent la forme en vogue à l’époque: des cases carrées avec du texte en dessous. Pas de bulles, pas de grandes images. Juste des dessins très évocateurs, voire poétiques, qui s’enchaînent au rythme d’un texte échevelé. Texte qui raconte, dans le premier récit, le voyage galactique d’un savant terrien…

L’ouvrage, particulièrement soigné, ravira donc tous les amateurs des pionniers de la BD, comme les curieux de la vision du futur qu’avaient les générations d’avant les guerres mondiales. Une belle réussite.

2024/BnF, 88 p., 35 €.

Couv_D6C’est la jungle !

Voilà un petit livre indispensable pour qui s’intéresse à l’histoire du 9e art. Les excellentes éditions Wombat viennent de publier C’est la jungle ! (1959), album en format poche qui regroupe quatre histoires graphiques par l’immense Harvey Kurtzman, fondateur de MAD magazine. À l’époque, c’est un vent de fraîcheur qui balaye le monde policé du comics. Destinées aux adultes, ces histoires autobiographiques attaquaient de front, par la satire et l’humour, la culture populaire, la médiocrité, l’incompétence ou la pauvreté  intellectuelle du monde éditorial. Le lecteur aura l’occasion de découvrir un auteur passé maître dans l’art du gag et de la caricature, où la liberté de ton se conjugue à l’expressivité du trait. Pionnier du « roman graphique », Harvey Kurtzman reste pour beaucoup une source d’inspiration majeure malgré une œuvre morcelée. Les fondateurs d’Hara-Kiri ou Fluide Glacial sont en cela de parfaits héritiers. Et c’est sans surprise que l’on retrouve des contributions de Georges Wolinski, Art Spiegelman ou Robert Cumb. Toutes saluent le génie d’un auteur rare et virtuose.

Wombat 88 p., 35 €.

couv_tarzan_1

Tarzan

Comme à son habitude, l’éditeur Delirium fait les choses bien. Avec la réédition du Tarzan de Joe Kubert (d’après l’oeuvre d’Edgar Rice Burroughs, 1912), la première depuis sa parution en fascicules vendus en kiosques dans les années 1970, il nous fait avant tout redécouvrir la patte d’un grand dessinateur. Cadrages spectaculaires, cases verticales étirées qui mangent toute la page, et scènes musclées, pas loin de Jack Kirby, restituent une nature sans pitié, narrent les équipées sauvages d’un Hercule plus l’aise avec les lianes qu’avec ses contemporains. Si ces histoires peuvent paraître classiques – et elles le sont –, ce qui reste surtout en mémoire c’est l’énergie d’un travail intemporel qui a fait école à partir des années 1980. Toujours addictif, plein de charme avec ce petit soupçon désuet, à l’image de beaucoup d’intégrales chez Delirium, ce Tarzan se dévore sans que l’on soit jamais rassasié. Ça tombe bien, cette intégrale est prévue en deux tomes.

Delirium, 296 p., 35 €.

ranx_reincarnations_couvRanx – Ré/incarnations

Des dessins, des tableaux, de l’encre, du crayon, de la peinture. Dans ce très grand format (27,9 x 35,7 cm), on se prend du Ranx en pleine face, sur plus de 200 pages. Et quelle claque ! Le virtuose du dessin Tanino Liberatore impressionne dans cette compilation d’illustrations produites pour sa série phare, créée avec Stefano Tamburini en 1981, et qui reste comme une référence dans le genre cyberpunk déviant. On aurait aimé un petit texte pour replacer la série dans son contexte (pour cela on ira voir l’intégrale publiée par Glénat) ou quelques lignes pour évoquer les différentes techniques utilisées par Liberatore. Ou à tout le moins un index pour replacer les dessins dans une chronologie… Rien de tout ça ici, juste des dessins. Et leur évidence. Car si les images couleurs de Ranx vous feront comme un flash dans les yeux, les saynètes plus modestes à la plume ou au crayon possèdent un charme fou et parfois un humour distancié (presque façon Tank Girl) qui n’est pas vraiment la marque de la série, plutôt outrancière. Un très beau livre de dessin, donc, monomaniaque à souhait, pour fan invétéré de l’androïde et de sa copine junkie.

Glénat, 208 p., 39 €.

la_lethargie_des_sentiments_couvLa Léthargie des sentiments

On connaît Igort, l’auteur italien, pour ses « cahiers » engagés: ukrainiens, russes ou japonais. Mais aussi pour d’autres séries ou albums – La Ballade de Hambone, Fats Waller, 5 est le numéro parfait – bercés par le blues et la mélancolie, dans des ambiances noires mais pleines de sentiments. Ici Même avait récemment édité et restauré un travail de jeunesse d’Igort, Symphonie à Bombay. L’éditeur récidive en sortant La Léthargie des sentiments, histoire dessinée en 1984 qui raconte l’histoire d’un triangle amoureux formé par Tsukuba, militaire de carrière, et Zusho, un esthète, par ailleurs épris de la belle et mystérieuse Naomi, au coeur d’un Japon 2.0 tiraillé entre ses valeurs traditionnelles et celles d’une occidentalisation rampante symbolisée par une architecture futuriste. Dans une version restaurée, notes de l’auteur et croquis inédits viennent étoffer la beauté du trait et le mystère d’une relation. Mais attention, il n’y en aura pas pour tout le monde: l’édition est limitée à 350 exemplaires signés et numérotés par l’auteur, pour 35 euros jusqu’au 31 décembre (39 ensuite).

Ici Même, 48 p., 39 €.

Sélection réalisée par M.Ellis et Benjamin Roure

 

Publiez un commentaire