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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 18, 2017

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Séance de rattrapage : quelques livres à s’acheter avec les sous du Père Noël

15 janvier 2013 |

Sortis fin 2012, voici quelques bouquins qui valent le détour, surtout si le Père Noël a été généreux avec vous.

Trois bonnes BD Jazz

Le principe de la collection BD Jazz des éditions BD Music est simple et efficace : une courte bande dessinée ou une évocation graphique du musicien choisi, des notices biographiques et techniques, et deux CD de compilation d’albums. Parfois inégal, le résultat est souvent intéressant, comme avec l’étonnant Valaida Snow sorti l’an dernier.

bdjazz

Les trois nouveaux titres parus à l’automne constituent une belle fournée, surtout par l’intérêt des enregistrements choisis. Autour de Ella Fitzgerald, l’illustrateur José Correa propose une succession d’images aux couleurs chaudes reprenant des photos célèbres de l’histoire du jazz, tandis que les deux disques agrègent des grands classiques du répertoire de la chanteuse, sur des standards de Duke Ellington, Cole Porter et Rodgers & Hart.

Voix moins connue mais tout aussi envoûtante et puissante, celle de Carmen McRae. Le début de sa carrière est narrée avec sobriété dans un texte illustré sagement par Bertrand Dubois; côté CD, le premier sélectionne certains de ses succès, et le second compile deux beaux albums : Lover Man & other Billie Holiday’s classics (superbes Yesterdays et My Man) et Take Five at Basin Street, avec le trio du pianiste Dave Brubeck, décédé récemment.

Encore plus essentielle que les deux premières, la BD jazz de Louis Joos sur Thelonious Monk. Il s’agit du tome 2, donc son histoire ne révèle pas grand-chose de précis de la carrière du pianiste, si ce n’est qu’il a joué avec tous les plus grands. Et qu’il était un véritable génie, à la méthode de travail anarchique et mal comprise, un esprit habité par la musique depuis toujours et qui a fini muré dans le silence. Et aux côtés de l’aérien dessin en noir et blanc de Joos, les deux CD reprennent quelques-uns des albums majeurs de Monk. Le difficile Portrait of an Ermite, le chouette Brilliant Corners et l’indispensable Thelonious Monk plays Duke Ellington. Si la qualité du son n’est peut-être pas la meilleure que l’on puisse trouver sur le marché, la sélection ici proposée fait de ce volume une réussite.

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hausmanMémoires d’un pinceau

Par Nathalie Troquette. Le Lombard, 39€, décembre 2012.

« Pareil au Magicien des légendaires qui, d’une formule et de quelque étrange gestuelle, crée un royaume de chimères, Hausman aux fières mains, de quelques traits, d’un rayonnement de couleur ou d’une pâte à papier, ramène aux éternelles enfances l’heureuse imagerie des rêves retrouvés. » Les mots de Pierre Dubois évoque bien le talent et l’univers de René Hausman, dont de nombreuses images sont ici regroupées dans un épais volume paru au Lombard. Dans une maquette soignée et autour de deux thématiques (bestiaire et fabulaire), on découvre des dessins anciens et peu connus, quelques planches, des photos d’archive, mais surtout des dizaines d’illustrations de l’auteur belge (76 ans) réunies et annotées par son épouse Nathalie Troquette. Tout un monde à la fois familier et fantastique, créé pour des affiches, des couvertures, des portfolios, des ex-libris et bien sûr des bandes dessinées. Se plonger dans ces Mémoires d’un pinceau, c’est faire un voyage bucolique et charmant, qu’on n’oublie pas de sitôt.

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jaffeeLes Histoires les plus longues sont les meilleures

Par Al Jaffee. Marabout, 10€, octobre 2012.

Curieux petit ouvrage tout en hauteur qu’ont publié les éditions Marabout (collection Marabulles) en octobre dernier : un recueil des dessins humoristiques de l’Américain Al Jaffee, parus dans la presse à partir de la fin des années 1950. Ce comparse de Harvey Kurzman a eu l’idée de proposer aux journaux un gag d’une case dans un format vertical facilement insérable dans une colonne de leurs éditions. Et l’autre brillante idée de ces Tall Tales était d’être muets, afin de pouvoir se vendre dans le monde entier sans problème ! Voici donc un florilège de ces dessins, qui ont souvent un peu vieillis, mais dont certaines trouvailles visuelles font toujours mouche.

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Chlorophylle — l’intégrale t.1 et 2/3

Par Raymond Macherot. Le Lombard, 25,50€, octobre et novembre 2012.

Il fit ses premiers pas en 1954 dans Mission Chèvrefeuille, une histoire en quatre pages publiée dans Tintin. Inventé par Raymond Macherot, le lérot — une espèce de petit rongeur proche du loir — Chlorophylle voit ses aventures rassemblées en trois tomes au Lombard. Une oeuvre animalière patrimoniale, inspirée des romans populaires du XIXe siècle (Paul Féval, Eugène Sue). Dont le héros, à la fois gentil, vantard et plus costaud qu’il y paraît, affronte des rats noirs, parmi lesquels le vicieux Anthracite, leur chef. L’intégrale débute par une introduction bienvenue (réalisée par Jacques Pessis), qui recontextualise l’ensemble, montre des reproductions d’originaux ou des extraits du journal Tintin. chlorophylle2Les pères de la BD animalière (Disney, Jean de Brunhoff, Edmond-François Calvo ou Félix Lorioux) sont évoqués — mais manque un artiste de taille, Benjamin Rabier ! Le scénariste et romancier François Rivière décrit Raymond Macherot comme « une sorte de bateleur tendre et nostalgique, comme on en voit parfois encore sur les places du village ». Un conteur dont les récits vifs et tendres ont gardé leur saveur, au fil des années.

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Mémoires de la Terre

Par Miguel Brieva. 12 Bis, 35€, octobre 2012.

Miguel Brieva est un auteur engagé, mititant, écolo, franchement à gauche. Et ses strips et histoires courtes ne cessent d’appuyer là où ça mal, dans une société capitaliste en bout de course et qui ne s’en rend pas compte. Sous la forme de mémoires d’un extraterrestre qui aurait visité, ébahi, la planète Terre, ce recueil de 176 pages au format à l’italienne regroupe des collaborations de l’auteur espagnol avec des journaux de son pays, comme El Pais ou El Jueves. brieva C’est cinglant, parfois trash, drôle et franchement rentre-dedans. Société de consommation outrancière, esclavagisme moderne, folie des armes et destruction aveugle des ressources naturelles sont autant de sujets abordés de manière décalée et caustique dans de grandes images au trait souple et aux couleurs vives, comme des détournements de l’imagerie clinquante d’un lointain âge d’or publicitaire. Bravo aux éditions 12 Bis d’avoir traduit cet impressionnant et salutaire travail. Qui permet d’aborder 2013 en riant pas mal, mais franchement jaune.

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