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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | March 5, 2026















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Gregory Mackay : « Enfant, j’avais tellement de temps pour imaginer… »

5 mars 2026 |

Gregory Mackay, en dédicace à La Virevolte, à Lyon. © BoDoï

Gregory Mackay, en dédicace à La Virevolte, à Lyon. © BoDoï

L’Australien Gregory Mackay était de passage en France en début d’année, et il était impensable pour BoDoï de ne pas en profiter pour le croiser. Car il est l’auteur d’une série jeunesse sans nulle autre pareille : Anders, publiée par The Hoochie Coochie, dont le nouveau volume, Anders et la montagne vient d’arriver tout fringant sous sa couverture de carton brut en librairies. Un volume à l’image des précédents, avec un dessin minimaliste, et un scénario qui prend son temps, celui de suivre une bande d’enfants – Anders et Eden les écureuils, avec leurs amis éléphanteaux et leurs géniaux insectes de compagnie – jouer et se raconter de histoires, puis qui partent à l’aventure avec ferveur et passion. Anders, c’est une vraie bande dessinée douce et rassurante pour les primo-lecteurs, mais aussi très stimulante pour l’imaginaire. Et en cela, elle est assez unique.

Vous ne venez ni du livre pour enfants, ni de la BD jeunesse. Alors comment est arrivé Anders, ce petit écureuil intrépide, sous vos crayons ?

Au départ, effectivement, je dessinais plutôt des choses assez autobiographiques, et ça avait donné naissance au personnage de Francis Bear. L’éditeur de The Hoochie Coochie l’avait découvert quand je vivais à Amsterdam et que j’en faisais des fanzines, et lui avait donné sa chance dans la revue Turkey Comix. Puis j’ai rencontré un éditeur australien qui était intéressé par mon travail, mais trouvait que Francis fumait et buvait un peu trop… Il m’a demandé de réfléchir à un personnage pour enfants. J’étais en Floride à ce moment-là, et il y a pas mal d’écureuils là-bas. Anders est né ainsi et m’a renvoyé à mes souvenirs d’enfance.

Anders, c’est vous ?

Non, j’étais sans doute plus proche d’autres personnages moins aventureux ! Mais Anders est sans doute l’enfant que j’aurais voulu être.

anders-diorama-montagneDans la série, les parents sont présents, bienveillants, mais laissent les enfants très libres de vivre leurs aventures, même dangereuses. C’est peu commun en BD jeunesse…

Ils sont une sorte de mélange entre les anciennes générations de parents qui se désintéressaient pas mal de ce que faisaient les gamins sur leur temps libre et celles d’aujourd’hui qui apprécient passer du temps avec leurs enfants, pour les guider, les accompagner. Dans mes livres, ils finissent toujours pas être importants, mais ils ne sont jamais autoritaires et, c’est vrai, n’interdisent rien !

Une des grandes trouvailles de votre univers, ce son les Bestioles, ces insectes géants de compagnie qui transportent et aident Anders et ses amis dans leurs aventures. D’où viennent-ils ?

Tout simplement de la réflexion que si mes héros animaux avaient des animaux de compagnie, ce serait forcément des créatures plus petites qu’eux-mêmes, et donc des insectes ! Mais les Bestioles sont devenues bien davantage que des compagnons de la vie quotidienne, elles sont les vrais partenaires d’aventure de mes héros. Elles sont un peu la métaphore des amis dont on a besoin pour affronter les changements inévitables qui interviennent quand on grandit.

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L’une des spécificités, et des grandes qualités, d’Anders est de montrer les enfants jouer tranquillement, bricoler, discuter, imaginer… avant même de partir à l’aventure. Pourquoi prendre ce temps-là ?

Les jeux d’enfants, pour eux, c’est déjà des aventures. C’est tellement important ! Pendant ces moments-là, ils ne pensent à rien d’autre, c’est juste leur vie normale et intense, ça compte énormément. À chaque album, ces moments dépendent du contexte, du décor de l’histoire, mais sont toujours aussi incontournables. Je ne suis pas nostalgique de mon enfance, mais ce sont des années où j’avais tellement de temps pour imaginer…

Quelle est votre méthode d’écriture et votre technique de dessin ?

J’imagine d’abord toute l’histoire dans un carnet, sous forme de mini-vignettes figurant les pages. C’est aussi pour cela que mes histoires démarrent lentement et que, d’un coup, les rebondissements s’imposent. Parfois, j’ai d’abord l’idée d’un titre. Ou alors, c’est un lieu qui m’inspire, comme les montagnes au-dessus de chez Gautier de The Hoochie Coochie, ou la grosse colline là où je vivais enfant, et que je m’amusais à grimper puis à dévaler sans cesse. Graphiquement, je dessine tout à la main et je travaille mes aquarelles comme des textures. C’est assez long, mais j’essaye de m’améliorer à chaque album !

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Y aura-t-il une suite aux aventures d’Anders ?

Je ne sais pas exactement, mais je n’ai pas envie d’abandonner mes personnages… Je ne vis pas que des livres, j’ai un autre boulot, dans les services sociaux. Alors, ce n’est pas toujours aisé de se recentrer sur soi-même, ce que réclame pourtant la création en bande dessinée. Je dois réfléchir à comment m’y prendre pour raconter de nouvelles histoires dans l’univers d’Anders, car ça prend tellement de temps… Cela pourrait être des choses plus courtes, pourquoi pas des spin-off sur des personnages secondaires. Mais j’ai aussi des idées de bandes dessinées pour un lectorat adulte, dans un style différent…

Propos recueillis et traduits par Benjamin Roure

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Anders et la montagne.
Par Gregory Mackay.
The Hoochie Coochie, 128 p., 21 €.

(et lisez les autres titres de la série : Anders et la comète, Anders et le volcan et Anders et le château!)

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