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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 24, 2019















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50 nuances de gras #1-2

25 juillet 2019 |
SERIE
50 nuances de gras
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
7.50 €
DATE DE SORTIE
02/05/2019
EAN
2818967686
Achat :

Les hommes préfèrent les rondes ! Et clairement Synecdoche, l’auteur du manga 50 nuances de gras, aime dessiner ses héroïnes avec des formes généreuses. Car aujourd’hui, l’heroic fantasy doit faire face à deux données incontournables : d’une part, il est difficile d’innover dans un genre qui a exploré énormément de déclinaisons scénaristiques, et de l’autre, sa propension à montrer des héroïnes en « armure bikini » pousse à la polémique en ces temps de politiquement correct et de moralisme.

50-nuances-de-gras_image1Afin de surmonter le premier obstacle, l’auteur du manga pose un postulat de base complètement farfelu mais ingénieux : des créatures d’un monde médiéval fantastique arrivent sur notre Terre pour y découvrir nos spécialités culinaires. Hélas, certaines ne peuvent êtres raisonnables et mangent bien plus que de raison. Résultat : elles ne peuvent franchir à nouveau le portail dimensionnel entre nos deux univers, car ce dernier n’accepte de ses voyageurs que ceux-ci fassent le même poids au départ… comme au retour ! Pas le choix pour nos gourmandes voyageuses : il va falloir faire un régime et du sport ! Voici donc le premier récit de fantasy diététique ! Aidées par un jeune chiropracteur, nos sportives du dimanche vont d’abord apprendre à faire front commun (elfes, elfes noires, loup garous, sirènes, etc.) et se motiver ensemble à perdre leur kilos. Le manga se fait alors aussi drôle que didactique en distillant au passage nombres d’informations intéressantes sur la nutrition ou encore les sports à pratiquer au quotidien pour au minimum s’entretenir.

Concernant le deuxième point, l’auteur assume pleinement ses préférences esthétiques et évite l’écueil de la grossophobie en dessinant des héroïnes aux formes généreuses mais aussi très sensuelles, mais sans vulgarité. Synecdoche aime ses personnages et les bichonnent, car il rit AVEC elles, pas CONTRE elles ! Il parle ainsi du regard de l’autre, de son rapport avec son corps, d’obésité, du fait de s’assumer sans pour autant tomber dans un excès morbide servant d’excuse, et surtout, il dresse une galerie de portraits cocasses d’héroïnes (avec en tête Erufuda, l’elfe qui aime trop les frites !) qui, si elles ne manquent pas de courage pour affronter un dragon de passage, manquent cruellement de self contrôle devant un menu Big Mac ! Il mélange ainsi les clichés de la comédie de boulevard avec les lieux communs de l’heroic fantasy – la mésentente entre elfes et elfes noirs, la sirène qui tient une poissonnerie, une mandragore qui a son propre magasin de fleurs, etc. – et nous sert un récit qui, pour le moment, ne sombre pas dans la répétition et aligne les gags coquins mais surtout bon enfant !

Kara

ELFSAN HA YASERARENAI © 2017 Synecdoche / Wani Books Co.

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Commentaires

  1. loutra

    « Hélas, certaines ne peuvent êtres raisonnables et mangent bien plus que de raison » ; « fait de s’assumer sans pour autant tomber dans un excès morbide servant d’excuse »
    Hum…
    Le fait que ce soit une œuvre de fiction n’empêche pas la propagande libérale on dirait.

    C’est une analyse typiquement libérale : faire reposer un problème collectif (de santé publique ET de système économique) sur l’individu isolé, représenté ici par des personnages aux oreilles pointues aux habits trop petits pour leurs mesures.
    En résumé, si j’ai bien compris, le message de la BD c’est : la solution est interne à chacun : maigrir ou « s’assumer », mot très imprécis quand même, ça veut dire quoi ? on doit accepter collectivement le harcèlement potentiel des petits gros ? accepter que les gros payent double pour un billet d’avion ?

    La raison essentielle de l’obésité, c’est que les industriels mettent absolument n’importe quoi pour réduire le coût de fabrication de leurs produits : huile, sucre, sel, qui n’ont rien à faire là, endommagent les artères, et causent souvent une mort prématurée.
    Et que le « marché » de l’alimentation est organisé pour que les plus pauvres soient contraints de consommer ces produits-là, avec un tabassage publicitaire de la population sans lequel n’irait acheter ces horreurs la première fois.

    Bref, encore une BD qui, sous couvert d’historiette sympathique, diffuse une idéologie destructrice. Je passe mon tour, du coup.

  2. Franck

    Le problème de l’obésité est plutôt que les gens bouffent de tout et n’importe quoi, ils se respectent pas… Ce n’est pas de la faute des industriels si les gens achètent leurs produits. Les fruits et légumes bruts sont toujours disponibles. Les produits bruts en générale. Le problème c’est que les gens sont devenus fainéants : pas de cuisine, pas de sport.

    Et puis, c’est plus simple de mettre la faute sur les autres : les industriels, les moqueurs, … plutôt que de remettre soi-même en question. Pas du tout apprécié cette critique orientée.

    Marre de ce message de victimisation…

  3. loutra

    à Franck : Faire reposer la crise de l’obésité sur une raison morale me paraît peu sérieux, et l’hypothèse ne me convainc pas. Je suis franchement dubitative à l’idée qu’un problème mondial de santé publique soit dû à la « fainéantise » de l’ensemble de la planète.
    Comment expliques-tu en ce cas les autres troubles alimentaires (anorexie etc…) ? Là encore un problème moral ?

  4. Seb

    Les causes d’obésité les plus courantes sont pourtant les plus simples et les plus évidentes. On absorbe plus d’énergie que la quantité qu’on en fait dépenser à notre corps. Et nul besoin de bouffe hyper riche/merdique pour en constater les rapides effets. Je mange plutôt sainement dans l’ensemble, en tout cas jamais de fast food, presque pas de sucre, surtout pas de sodas. Pourtant, comme j’ai arrêté le sport il y a presque trois ans sans adapter les quantités d’aliments que j’absorbe, je me retrouve aujourd’hui avec plus de 17 kilos de plus qu’en 2016 et suis médicalement considéré en surpoids. Il me serait même très facile d’accéder d’ici à quelques années au status d’obèse. J’essaie actuellement de me reprendre en main et j’en chie pas mal, mais je ne peux m’en prendre qu’à moi même.

    Ce que je constate sur mon corps, je le constate sur le corps de ceux qui m’entourent.
    Je ne remarque chez personne d’évolution physique qui ne soit pas en total adéquation avec leur mode de vie et leur alimentation. Certes on ne stocke pas les graisses tous de la même façon, certes il y a des pathologies qui provoquent ou aggravent le surpoids et/ou l’obésité. Mais pour la vaste majorité des gens dans cette situation, les causes sont simples et les solutions aussi évidentes qu’à porté de tous. Beaucoup le comprennent et s’y appliquent autant que possible, mais une autre frange de cette foule préfère, plutôt que de se prendre en main, se poser en victime de ‘grossophobie’. En tout cas leur cas n’est pas du tout à comparer avec quelque chose d’aussi grave que l’anorexie.

  5. loutra

    @Seb : Vos observations sont correctes, mais incomplètes. Conséquence, votre raisonnement biaisé, et aboutit sur un résultat erroné.

    Votre observation de base est très juste : « Je ne remarque chez personne d’évolution physique qui ne soit pas en total adéquation avec leur mode de vie et leur alimentation ».

    Mais vous ne la développez pas suffisamment :
    – le « mode de vie » dont vous parlez est imposé par le libéralisme (travaux de bureau, voitures, trop peu de temps libre laissé aux salariés pour faire des activités extérieures…)
    – l' »alimentation » est également imposée en trop grande partie par le libéralisme (monopole des supermarchés, publicité pour des produits de merde, cantines publiques ou privées mal approvisionnées, et j’en passe).

    La part de libre-arbitre existe, mais elle est extrêmement réduite.

    Donc votre résultat est faux : l’obésité n’est pas dû à des facteurs internes à chacun (vision néo-libérale, fondée sur une base chrétienne moraliste) mais sur des facteurs externes (le néo-libéralisme qui structure nos modes de vie actuels).

    Merci de présenter aussi clairement l’analyse néo-libérale du sujet, qui fait peser sur l’individu la responsabilité et la culpabilité morale d’un problème économique collectif, qui devrait être collectivement résolu et collectivement pris en charge (cantines bio, subventions aux agriculteurs de qualité, meilleurs contrôles des filières alimentaires, interdiction d’utiliser tel ou tel produit nocif pour la santé dans les produits alimentaires…).

  6. loutra

    Double post, désolée, mais j’ai oublié de mentionner un élément important dans le « mode de vie » imposé par le néo-libéralisme et qui impacte l’alimentation :
    le stress
    (qu’on soigne à coup d’anxiolytiques, la France est parmi les premiers consommateurs par habitants au monde ; ou la nourriture, causant de l’obésité).

  7. Seb

    Je ne peux pas me sentir d’accord avec vous. L’obésité n’est pas un problème si récent ou apparu avec le ‘néo libéralisme’ ou les supermarché. Surement notre époque exacerbe-t-elle ce problème mais elle ne peut être tenue, à mon sens, pour unique responsable.

  8. loutra

    Je suis prête à revoir mon raisonnement si vous avez à disposition des sources qui démontrent que les époques qui ne fonctionnaient pas sous le néo-libéralisme connaissaient aussi des épidémies d’obésité, du même genre que celle d’aujourd’hui (approximativement, et même sur un territoire plus réduit, bref des éléments de fait, peu importe lesquels, qui appuieraient votre argument).

  9. Seb

    C’est à dire que pour parler d’épidémie il faudrait que ce soit une maladie ce qui n’est pas vrai pour la vaste majorité des cas d’obésité, mais c’est un peu jouer sur les mots.
    Aux époques médiévales, le petit peuple ne comptait que peu d’obèse mais c’était moins du à une alimentation saine qu’à un dur labeur quotidien parfois associé à des famines. Les moines en revanche, cantonné aux travaux d’écriture et à régime alimentaire équivalent étaient sujet à l’embonpoint et l’obésité. Pourtant nul macdo ou carrefour market à accabler.
    Lors des périodes des grandes explorations et des grandes découvertes, l’importation de certains produits et notamment le sucre a conduit à des vagues d’obésité.
    Et quand l’embonpoint était signe extérieur de richesse, nombre de noble étaient gros.
    Il est donné à tous de devenir gros ou obèse, il suffit de manger trop et qu’importe ce que vous mangez. Je ne sais pas à quel point j’ai à coeur de vous faire revoir votre raisonnement, mais je m’emploierai quand même à l’occasion de vous trouver quelques sources pertinente.

  10. loutra

    Bon ben j’attendrais les sources pertinentes alors.
    Parce que pour l’instant, toujours aucune preuve, aucun fait justifié n’est avancé, seulement des affirmations. Et la plupart sont erronées, à peine des souvenirs d’images d’Épinal…
    Or, si on veut bien comprendre un problème, des affirmations non justifiées ne sont pas suffisantes.

    Pour reprendre votre première affirmation : si, l’obésité est qualifiée d’épidémie par des gens sérieux, comme l’INSERM
    ( https://www.inserm.fr/index.php/information-en-sante/dossiers-information/obesite )
    Et l’INSERM, c’est un établissement public de chercheurs (wiki ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_national_de_la_sant%C3%A9_et_de_la_recherche_m%C3%A9dicale)

    Le Figaro, par ex, utilise lui aussi le terme : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/10/16/19295-lepidemie-dobesite-marque-pas-france

    Donc je pense que sur la question de l’obésité = épidémie, y a pas trop à tergiverser.

    Et votre affirmation analyse une épidémie comme si c’était un phénomène individuel, c’est… ah ben c’est cohérent avec vos anciens messages : logique néo-libérale qui fait reposer un problème collectif sur l’individu isolé. On y revient.

    Vous affirmez que les moines souffraient d’obésité : sur quoi vous fondez-vous, précisément, à part sur une image d’Épinal dont tout le monde connaît la valeur scientifique (quasi-nulle) ? Vous avez des documents qui prouvent ça ?

    Pareil pour la noblesse : vous affirmez qu’elle souffrait d’obésité si j’ai bien compris ? Mais c’est une erreur historique : les nobles étaient très sportifs, et pratiquaient la chasse, les duels… la guerre aussi, fallait mieux être en forme
    (Voir par ex cet article, qui indique qu’avant le XIXe siècle « Les nobles, qui à la différence des bourgeois valorisaient les activités corporelles », c’est le début du 2e paragraphe de cet article type universitaire-sérieux-fait-par-des-grosses-têtes etc. : https://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1989_num_80_1_2913)

    Bref, je veux bien discuter sur des bases sérieuses, pas sur des lieux communs ou des approximations.

  11. Benjamin Roure

    Bon, j’ai laissé discuter ici, mais BoDoï n’est pas un forum, ni un site médical. Donc je vous invite à poursuivre vos discussions sur l’obésité et autres ailleurs. Merci.