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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 24, 2017

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11 avril 2008 |

the_number_ott_couv.jpgbravo.jpgPar Thomas Ott. L’Association, 20 €, le 11 avril 2008.

Depuis une vingtaine d’années, le Suisse Thomas Ott gratte des feuilles noires pour en faire surgir des squelettes. Proche de la gravure, cette technique est celle de la carte à gratter et demeure l’une des plus fastidieuses et des plus délicates à maîtriser en bande dessinée. Elle consiste, à partir d’un support noir, à gratter de la matière pour faire apparaître du blanc, comme un travail en négatif. La dominante sombre qui prime alors est parfaitement raccord avec l’univers macabre du maître helvète. Et, puisqu’il pousse le raffinement jusqu’à supprimer les bulles, ses planches muettes, dépouillées de tout artifice narratif superfétatoire, mettent encore mieux en avant le dessin et s’admirent comme des tableaux. Après plusieurs recueils d’histoires courtes (Exit chez Delcourt, ou Cinéma Panopticum à L’Association), Thomas Ott signe ici son premier roman graphique grand format. Une centaine de pages pour narrer la mésaventure d’un gardien de prison qui, en nettoyant la cellule d’un condamné à mort fraîchement exécuté, tombe sur un bout de papier sur lequel est inscrit une mystérieuse série de chiffres. Suite logique de La Bête à cinq doigts, une nouvelle qui racontait une exécution sur la chaise électrique avec seulement des dessins de mains (du détenu, du bourreau, du geôlier, du prêtre), cet album au titre énigmatique évoque, par ses cadrages et son ambiance lugubre, l’expressionnisme allemand et les films noirs des années 40. Une élégance folle et un pessimisme absolu.

Jérémie Couston

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