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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 25, 2017

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Les + du blog : VAILLANT 3/5

4 mai 2006 |

VaillantHervé Cultru, dans Vaillant, la véritable histoire d’un journal mythique, raconte l’épopée du journal célèbre qui vivra jusqu’en 1969 (il se métamorphosera alors en Pif Gadget) et affichera des signatures aussi prestigieuses que Poïvet, Chéret, Tabary, Godard, Lécureux, Gotlib, Mandryka, Forest, etc.
Mais un journal, c’est d’abord des hommes, un univers, une atmosphère, une odeur, une légende qui se crée jour après jour. Nous vous invitons, tout au long de 5 épisodes à suivre, à pénétrer dans cet immeuble du 5 rue Montmartre, à Paris, qui abrita Vaillant. Et à découvrir cette alchimie bizarre qui aboutit à un journal sentant bon l’encre fraîche.

Ah, l’attaque du chemin de fer !

Jean Ollivier a le nez creux pour repérer les textes de qualité, Roger, lui, sans jamais avoir tenu un pinceau, a développé un goût très sûr en matière de dessin. La rumeur assure qu’il est allé jusqu’à se mettre à quatre pattes devant un illustrateur émérite pour lui enseigner les plis que prennent les vêtements dans cette position. Certains de ses commentaires ne sont pas tendres, ce qui lui donne parfois des sueurs froides, a posteriori. Un beau jour, il se retrouve menacé par un grand G.I. musclé qui veut à toute force lui placer des bandes et pense le convaincre en tapotant nerveusement son Colt 45. Roger parvient à l’éconduire, sans plus de bobo, mais craint, pendant quel-ques mois, d’avoir à affronter un second assaut1.
À vrai dire, les risques d’agression sont minces. Quatre ou cinq collaborateurs sont là en permanence, qui font une espèce de garde rapprochée. Il y a Raymonde Cuzenard, arrivée en 1955, blessée à l’aile du nez au cours d’une bataille qui fit date (non pas une rixe, juste un duel au pistolet à fléchettes…), Claude Boujon puis Georges Rieu, à partir de 1957, Jean Sanitas et Pierre Géraud, qui les rejoignent en 1958. C’est cette fine équipe qui, cinq ou six jours par semaine, de 9 heures à 18 heures 30, assure l’essentiel des tâches, réceptionne le matériel des pigistes, corrige les fautes d’orthographe (Madeleine est intraitable sur le sujet et accomplit une relecture attentive), retape les textes, et en invente parfois. Tous sont invités à se tenir au courant de l’actualité, la grande, celle qui touche à la politique, et la petite, qui concerne le monde du spectacle. Une prime leur est versée pour aller au cinéma ! Sanitas s’y rend quatre fois par semaine, entre midi et deux; il se contente alors de manger des croissants pour tenir le coup !

Vaillant

Tous sont polyvalents : ils peuvent être amenés à devenir scénaristes, pour Jean et Jeannette, P’tit Joc ou Bob Mallard par exemple, et ils composent couramment nouvelles et articles documentaires. Ils gomment le crayon sous l’encre des BD originales, qui couvrent une superficie double ou triple que celle qu’on leur connaît une fois publiées, ils portent un numéro sur chacune d’elles, pour que le photograveur puisse aisément identifier un ordre, et ils indiquent les cotes, dimensions définitives dans lesquelles on veut que l’ensemble soit imprimé.
À l’occasion, ils écrivent les résumés des histoires à suivre, rédigent des chapeaux, font des coupures, se creusent la tête pour accoucher de jeux réalisables, vérifient la validité des définitions des mots croisés, recomptent le nombre de cases dans les grilles, traduisent en français intelligible quelques explications obscures, vont chercher dans des ana des blagues et devinettes point trop salaces, et ajoutent, pour embellir le fruit de leurs cogitations, des titres, des lettrines et des filets.
Ils peuvent aussi se faire coloristes, afin d’enluminer quelques séries (des « comiques », en général, dont la finition n’a pu être assurée, et, au coup par coup, des « réalistes » comme Les Pionniers ou Ragnar), et frottent des crayons d’écolier sur des calques, autant de modèles que les chromistes professionnels reporteront plus tard, avec un soin infini, sur des cellulos semblables à ceux utilisés pour les films d’animation.
Le plus pénible est de suivre la progression du chemin de fer. Raymonde et sa bande établissent de grands tableaux où figurent toutes les pages des douze ou quinze numéros à venir, ils surveillent de près la ponctualité des livraisons et attendent le facteur de pied ferme. Il leur faut absolument s’en tenir au planning, et la gymnastique des délais est vraiment contraignante. Surtout qu’elle s’alourdit des fascicules annexes que l’on a mis au point pour drainer de la clientèle.

SUITE : Gillon improvise un épisode de Cormoran en 150 minutes !

© Hervé Cultru, Vaillant collection.

Autres dossiers : 1/5, 2/5, 4/5, 5/5

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