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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | January 30, 2026















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Les Montagnes dorées

30 janvier 2026 |
SERIE
Les Montagnes dorées
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
25 €
DATE DE SORTIE
07/01/2026
EAN
2754844937
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On dirait un fantôme. Pourtant, il est bien là, Dima, en chair, en os et en trauma. Déclaré mort par l’armée, il revient pourtant du front tchétchène dans son petit village du fin fond de la Russie. Sous la neige et l’ennui, il est accueilli par sa grand-mère Anna, matriarche haute en couleurs, son petit frère Mitya, trop heureux, et la jolie Sveta. Mais aussi un policier suspicieux, pour qui on ne revient pas de la guerre ainsi, trop facilement. Sauf que rien n’est facile pour le colosse aux pieds d’argile Dima, que ses démons nocturnes ne laissent jamais en paix.

les-montagnes-dorees_image1Après leur superbe adaptation de Il ne devra plus y avoir d’orphelins sur cette terre d’après Curzio Malparte, Thomas Azuélos et Aurélien Ducoudray proposent une autre vision du retour de la guerre, à travers le portrait d’un petit village russe dans les années 1990 et la figure d’un vétéran du front tchétchène. Cet homme en apparence solide est brisé de l’intérieur par les atrocités vues et commises en Tchétchénie. Des cicatrices mentales profondes, qui le poussent à revivre certaines séquences morbides, sous le regard apeuré de ces proches. Outre des dialogues de haute volée, qui évoquent l’écriture du cinéma de l’Est, la grande force de la narration des deux auteurs est justement de soigner le regard, les postures et les émotions plus ou moins contenues de l’entourage de leur protagoniste : c’est par eux, par leur courage, leur détresse, leur volonté de ramener à la vie et à un semblant de normalité ce beau Dima, que l’on perçoit la douleur et la folie qui le rongent. Dans de grandes cases mêlant encre, crayon, acrylique, jouant à fond le contraste entre l’immaculé de la neige ou du ciel d’hiver, le noir de la nuit et de la guerre, le rouge du sang et les quelques couleurs d’un possible bonheur entrevu, surtout à travers le blouson flashy de l’amoureuse, Thomas Azuélos se détache d’un froid réalisme, et donc d’un récit qui serait trop âpre. Sous ses pinceaux, l’histoire devient une sorte de conte slave attachant et bouleversant, traversé par la fatalité, qui narre que revenir d’entre les morts n’est pas forcément revenir à la vie.

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