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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 15, 2017

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Vacuum

22 mai 2014 |
SERIE
Vacuum
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
20 €
DATE DE SORTIE
22/05/2014
EAN
9782878271768
Achat :

Un lycéen mal dans sa peau s’ennuie dans sa morne banlieue. Glande, fumette, événements à peine bizarres, rien d’anormal jusque-là. Mais le jour où il sort avec une fille un brin perturbée, le cours de sa vie se trouve modifié. Son pote Sho, après avoir ingurgité une drogue artisanale, devient apathique tandis qu’un ado se suicide aux tranquillisants juste après avoir violé la fille la plus excitante du bahut. Le basculement prend forme dans une fin d’adolescence au parfum de tragédie…

album-page-large-23098Jeune auteur allemand, Lukas Jüliger abord un thème rebattu en bd : l’adolescence et ses affres, une période troublée, quelque part entre Larry Clark et Gus Van Sant. Avec un angle intéressant coincé entre réalisme social et saillies fantastiques, il s’interroge sur les angoisses adolescentes, l’amitié, le sentiment amoureux, la quête de soi… Dans une ambiance presque atone baignée de mélancolie, on suit donc le quotidien de plusieurs jeunes en proie à une métamorphose tout à la fois lente et brutale. Jüliger sonde, dans un climat presque morbide, ce moment de transition incertain, maëlstrom sensible de tendances, d’affects et de refoulements. En ressort quelques expérimentations initiatiques qui permettent à l’auteur de brasser l’ensemble du mal-être adolescent : pulsion de vie et de mort, obsession sexuelle… Pas mal de justesse ici grâce au ton et au rythme, posés et lent (un peu lourd aussi), volontairement débarrassés d’une quelconque intrigue pour mieux plonger dans l’ennui, la banalité et la médiocrité de ces vies moyennes. L’effet de surprise est ménagé par les petites incursions du récit dans le fantastique et les irruptions de violence radicale qui ne suscitent qu’un glaçant détachement de la part du « héros ». Le final soudain, façon Elephant, donne une réelle profondeur à un ensemble pas toujours original mais bien vu et qui surtout évolue vers une intrigante complexité. La délicatesse du visuel, aux couleurs ternes mais cohérentes, font de Vacuum un album dépressif qui décrit un vide intéressant.

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