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XIII, le retour : Yves Sente planche sur une suite!

2 octobre 2008 |

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Souvenez-vous. L’an dernier sortaient deux volumes de la série XIII, concluant une saga commencée en 1984. Son héros, le plus célèbre amnésique de la BD, trouvait enfin sa véritable identité. Et, pour annoncer ce dénouement tant attendu, un slogan marketing avait été trouvé : « Tout jeu doit avoir une fin. » Mais personne ne croyait vraiment à la mort d’un des personnages les plus rentables de la BD franco-belge. Ces soupçons avaient été alimentés par le créateur même de XIII. Dans BoDoï 112, Jean Van Hamme laissait entendre que « William [Vance] n’avait pas envie d’arrêter. » Seule inconnue : le nom du scénariste de ces nouvelles aventures. Peut-être Yves Sente, le successeur du même Jean Van Hamme aux manettes de Thorgal (dessiné par Grzegorz Rosinski). Aucun contrat n’est encore signé, mais l’auteur – par ailleurs éditeur au Lombard – avoue déjà plancher sur XIII

Alors, écrirez-vous ou non la reprise des aventures de XIII ?

Rien n’est encore sûr. Je ne signerai de contrat que lorsque William Vance et Jean Van Hamme auront validé mon histoire. William souhaite poursuivre XIII. Il avait une piste de scénario, mais besoin de quelqu’un pour l’écrire, puisque Jean arrête la série. William est venu me trouver car nous nous connaissons de longue date – j’ai publié le dernier Bruce Hawker et réédité tous les Bruno Brazil. J’ai accepté sa proposition amicale (et flatteuse) à condition que Jean Van Hamme soit aussi d’accord.

Êtes-vous le seul à avoir été contacté ?

13_02.jpgJe ne sais pas au juste, et cela ne me regarde d’ailleurs pas. L’heureux éditeur de XIII est Yves Schlirf, et pas moi. Je crois savoir que d’autres ont été approchés pour travailler sur la suite de la série, mais leurs projets n’ont apparemment pas été retenus. Comme pour Thorgal, on ne s’est tourné vers moi que dans un deuxième temps, ce que je peux comprendre aisément. D’autres ont bien plus d’expérience que moi, qui ne compte que neuf albums à mon actif. Mais ce qui compte beaucoup pour les auteurs, jeunes ou confirmés, c’est de se sentir bien avec leur nouveau collaborateur. Pour eux, le plaisir dans la collaboration est certainement aussi important que le business. À scénario de qualité égale, il est toujours plus rassurant pour un artiste de travailler avec quelqu’un qu’il connaît et qu’il apprécie qu’avec un inconnu, débutant ou confirmé. Et puis, ce qui rassure peut-être également Vance ou Rosinski, c’est que j’aime soumettre mon travail à Jean. Je lui demande toujours ses conseils, car son œil professionnel est redoutable… Il serait idiot de ne pas en profiter !

Écrire la suite de XIII doit générer une sacrée pression ! Comment y résistez-vous ?

Jean Van Hamme cadrera mon travail et William Vance le validera également. Si mes histoires plaisent à ceux qui ont fait le succès de XIII, il y a une chance que les lecteurs apprécient aussi. Et je sais que Jean et William seront francs avec moi. Si ma proposition ne les satisfait pas, je laisserai un autre tenter sa chance à son tour. C’est aussi simple que ça.

Les aventures du séduisant amnésique ont-elles encore un sens, maintenant que l’on connaît son identité ?

Bien sûr ! Le plaisir du lecteur de XIII et l’attrait pour le personnage sont beaucoup plus profonds que le seul alibi narratif de l’amnésie ! Je ne peux rien dire sur l’orientation prochaine de la série. D’autant que la première étape de l’écriture est, comme toujours, légèrement « floue ». Comme d’habitude, j’ai commencé par avoir des « flashs » sur un personnage, un événement historique et une époque qui formeront sans doute le point de départ de mon intrigue. J’accumule ensuite des éléments d’histoire et je construis une trame qui tient compte des « fondamentaux » de la série. Mais je ne suis qu’au début de cette élaboration. William Vance et Jean Van Hamme peuvent encore refuser le scénario final. Et, je le répète, je préfère que ce rejet éventuel vienne d’eux plutôt que du public. En écrivant cette suite, je cherche à prolonger le plaisir des lecteurs. Il y en a 500 000, et, parmi eux, plus de 400 000 ne connaissent probablement pas le nom des auteurs. C’est donc la série qui compte avant tout, et je me considère à son service – ce qui est aussi le cas pour mes autres reprises.

Votre travail de scénariste est-il en train de prendre le pas sur votre métier d’éditeur au Lombard ?

Oui et non. Certaines évolutions se font de manière naturelle. En accord avec le directeur général du Lombard, François Pernot, j’ai demandé que mon ancien adjoint, Pôl Scorteccia, me succède au poste de directeur éditorial, tandis que je continuerai d’assurer les fonctions de directeur littéraire. Outre mes nouvelles fonctions de conseil auprès de la direction générale, mon rôle à l’éditorial consistera essentiellement à accompagner les jeunes scénaristes et suivre les premières phases scénaristiques de leurs projets. De même, je continuerai évidemment à débattre de leurs scénarios avec les auteurs du Lombard que j’accompagne depuis près de 18 ans. Je suis aussi toujours en charge de la communication institutionnelle, car je connais bien la maison. Mais, si j’ai décidé de ne plus être directeur de département à plein temps, c’est aussi pour mieux profiter de ma vie privée et pas nécessairement pour écrire beaucoup plus de scénarios. Je suis trop lent pour ça. Or, je veux que l’écriture reste un plaisir que je gère à mon rythme !

Propos recueillis par Allison Reber

Photo © E Charneux Lambermont / images © Le Lombard

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