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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | April 15, 2021















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2 Comments

#Balance ta bulle

1 avril 2021 |
SERIE
#Balance ta bulle, 62 dessinatrices témoignent du harcèlement et de la violence sexuelle
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
28 €
DATE DE SORTIE
22/10/2020
EAN
2380352283
Achat :

balance-ta-bulle_image1L’élection de Trump avait secoué nombre de militantes féministes, dont des dessinatrices, en 2016. Avoir à la tête du pays ce millionnaire qui veut toutes « les attraper par la chatte » a nourri en réponse plusieurs initiatives, comme le magazine Resist ! lancé par Nadja Spiegelman et Françoise Mouly, principalement réalisé par des femmes et distribué gratuitement dans le pays lors de son investiture. De son côté, c’est face à la déferlante #MeToo et en ayant toujours en tête les paroles du président que Diane Noomin, autrice underground qui participa à la création de Wimmen’s Comix et Twisted Sisters, a lancé ce projet.

Elle contacte alors de nombreuses autrices, principalement étasuniennes (mais on en trouve des britanniques, israéliennes, salvadoriennes, et même une française en la personne de Soizick Jaffre, déjà connue via les zines LGBT-BD ou Egoscopic), en leur demandant une courte histoire autobiographique sur le sujet des violences et du harcèlement sexuel. Au Figaro, Noomin raconte : « Il est intéressant de noter qu’à l’exception d’une femme, chaque artiste que j’ai contactée avait une histoire de violence sexuelle ou de harcèlement à raconter. Je n’ai pas eu de mal à convaincre les dessinatrices de raconter leurs histoires. » Un triste constat qui explique que pas moins de 62 contributrices soient présentes dans le livre.

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Sur près de 300 pages, ce sont donc des styles, mais aussi des générations et des approches, très divers que l’on croise. De l’insulte de rue au viol, en passant par beaucoup de pressions et de menaces, présentées parfois dans un souvenir cru, d’autres fois avec un détachement qui en devient drôle, toutes témoignent de l’inquiétante banalité de ces agressions. Si quelques noms connus se détachent, comme Aline Kominsky-Crumb (vieille compagne de route de Noomin), la multiprimée Emil Ferris (Moi, ce que j’aime, c’est les monstres) ou la jeune figure de la BD colombienne Powerpaola (Virus tropical), la grande majorité des autrices sont quasiment inconnues ici, sans être pour autant des débutantes.

C’est une des grandes richesses de ce livre. Au-delà de son militantisme assumé et bienvenu montrant les multiples visages du sexisme, il nous plonge dans une richesse créative et nous fait découvrir nombre de noms passionnants. Ainsi de déjà anciennes actrices de la scène underground féministe comme Joyce Farmer (et son sidérant « viol accidentel ») ou Roberta Gregory, une illustratrice du New-Yorker dont le style graphique fait rêver, à d’autres traductions comme Katie Fricas, mais aussi de la relève ultra-contemporaine comme Carta Monir ou Ariel Schrag. Un mélange qui a aussi le mérite de faire le pont entre les féminismes de toutes les époques, des militantes pro-appropriation du corps des 70’s aux queers millennials, que l’on oppose souvent de manière artificielle.

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Si tout lire d’un bloc peut évidemment être un peu indigeste (et risque de faire monter en vous beaucoup de colère ou de tristesse), l’ouvrage est réellement intéressant et original dans ses approches. Un seul regret à la lecture : la traduction du titre en #BalanceTaBulle alors que le titre original est Drawing Power, ancrant bien plus le livre dans une volonté de reprise de pouvoir et de lutte, mais peut-être moins directement compréhensible par le public ?

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Commentaires

  1. loutra

     » des militantes pro-appropriation du corps des 70’s aux queers millennials, que l’on oppose souvent de manière artificielle. »
    Est-ce à dire que cette BD est un pot-pourri d’histoire de femmes de tous bords politiques, étiquetée « féministe » pour la seule raison qu’on n’y trouve que des autrices ?
    Bon ben je vais y regarder à deux fois avant de l’acheter, on a bien compris que les éditeurs avaient flairé le filon, et taguent toutes les nouvelles bd comme « féministes » pour mieux les écouler.
    J’ai envie de dire, suivant Tolkien, « tout ce qui brille n’est pas d’or » (encore un horrible misogyne d’obédience chrétienne celui-là, mais au moins avec du talent, et il avait l’excuse de son époque)

  2. AMBER

    Egoscopic est une revue indépendante, nommée deux fois à Angoulême, pas un fanzine.

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