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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 24, 2017

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Festiblog 2009 : la blogosphère BD fait des petits

21 septembre 2009 |

festiblog_affiche_intro.jpgIls étaient quelques centaines, ils sont maintenant des milliers. En cinq ans, les blogs BD ont explosé ! Les éditeurs publient les meilleurs dans des recueils qui s’arrachent en librairie, et les magazines féminins, de Elle à Cosmopolitan, se font un devoir de dresser le top des blogs BD pour filles. Bref, la blogosphère vit un réel succès. L’émergence de cette créativité numérique est accompagnée depuis le début par le Festiblog, festival gratuit et bon enfant, dont BoDoï est partenaire. Comme la blogosphère, le festival grossit chaque année. Nous avons voulu rencontrer les deux – et uniques – responsables du Festiblog, Yannick Lejeune et Michaël Cesneau, afin qu’ils évoquent ce phénomène.

festiblog_affiche1.jpgLe Festiblog est né en 2005. Comment la blogosphère BD a-t-elle évolué depuis ?
Yannick Lejeune : Le caractère tribal de la blogosphère a changé. Au début, il n’existait que 100 à 200 blogs BD dont les auteurs se connaissaient par site interposé. L’affiche de la première édition [ci-contre], où l’on voit tous les blogueurs se pencher à leur fenêtre pour observer leurs voisins, résume bien l’ambiance d’alors. Ce petit groupe de blogueurs se rencontrait pour la première fois. Les années suivantes, les blogs ont été très médiatisés et la blogosphère a connu une expansion énorme. De quelques centaines de blogs, nous sommes passés à plusieurs milliers. Au départ, les internautes citaient toujours les mêmes blogueurs; maintenant, les talents sont nombreux et nous avons besoin de plusieurs éclaireurs pour ne pas oublier d’inviter le nouvel auteur du moment. Aujourd’hui, la blogosphère BD est tellement large qu’elle s’est divisée en plusieurs parties. Il n’y a plus une tribu, mais des tribus. Ces dernières sont composées d’individus qui ne partagent pas forcément le même style, mais ont le même humour. Comme la bande de Manu-xyz, Mady, Romain Ronzeau et Bambiii.

Le style des blogueurs a-t-il évolué ?
Y. L. : Le blog de Pénélope Bagieu est à l’origine d’un genre désormais installé et déclaré sur la toile : les blogs faits par les filles. Je dis bien « par les filles » et pas « pour les filles», car derrière leur trait élégant et féminin les blogueuses abordent l’univers des geeks ou de la culture pop, ce qui leur permet de toucher un large public. La BD féminine n’est pas apparue sur les blogs, puisqu’il y a eu bien avant Claire Bretécher, Florence Cestac ou Hélène Bruller. Mais, grâce aux blogs, la BD faite par les filles rencontre un plus grand public, qui n’est pas forcément bédéphile.
Michaël Cesneau : On note aussi un ras-le-bol de l’autofiction. Beaucoup de blogs BD fonctionnent sur ce principe et les nouveaux blogueurs se demandent ce qu’ils pourraient amener de nouveau au genre. Ainsi, Marion Montaigne préfère publier des notes humoristico-scientifiques uniques en leur genre. La fiction se développe aussi, notamment à travers les webcomics. Robert Cash prouve que le web recèle de véritables forces créatrices.

festiblog_balak.jpg

Mais les webcomics trouvent plus difficilement leur public…
M. C. : Aux États-Unis, les fictions sur le net ont du succès. En France, leur public est moindre.
Y. L. : Les Français préfèrent les feuilletons sur le quotidien plus que les fictions. Il n’y a qu’à voir les meilleures audiences en BD ou à la télé : Les Profs, Joséphine Ange Gardien ou Plus belle la vie.

Quels sont les blogs les plus innovants ?
M. C. : Les blogueurs ont tendance à poster sur Internet dans l’espoir d’être publiés ensuite. Ils sont rares à explorer les particularités du support. Certains jouent sur la forme, comme Raphaël B qui s’amuse avec la verticalité des notes sur le web. Mais il est plus difficile de jouer sur les propriétés du multimédia, car la plupart des blogueurs BD n’ont pas les connaissances techniques pour intégrer du son, de l’animation, ou une lecture séquentielle dans leurs BD. Aujourd’hui, ces créations sont l’apanage de gros studios américains, qui créent des « motion comics ». Chez les blogueurs, un auteur comme Balak propose des expérimentations numériques très intéressantes. Si le support numérique devient viable, les auteurs vont avoir besoin de compétences techniques. Aux côtés du nom du scénariste et du dessinateur, on va voir apparaître celui du développeur informatique.

festiblog_penelope.jpgComme la lecture des blogs BD, l’accès au Festiblog est gratuit.
Y. L. : C’est une richesse pour nous. Nous pouvons inviter qui l’on veut, blogueurs amateurs ou professionnels qui ont déjà un bouquin en librairie. La seule contrainte pour le public, c’est de s’offrir le billet de train pour venir jusqu’à Paris. De cette manière, les auteurs ont aussi des exigences moindres, à la hauteur de nos moyens. Et nous aurons dans le futur la liberté de nous arrêter quand nous le voudrons. Tout l’argent des sponsors est investi dans l’accueil du public et des auteurs, qui sont désormais défrayés de leurs frais de trajet et invités à dîner le samedi soir. Notre motivation est de créer du bonheur – je sais, ça fait « bisounours » de dire ça… Pourtant, notre salaire est composé des mails reçus le lendemain, qui nous disent: « Le Festiblog, c’était super cool ».

Qu’y aura-t-il de nouveau au Festiblog 2009 ?
Y. L. : Nous sommes installés dans un nouveau lieu, une vraie zone piétonne qui nous permet de réunir tous les stands en un seul endroit. Nous serons entre la mairie du IIIe arrondissement et son parc. Nous voulions rester à l’extérieur, pour conserver une ambiance conviviale et pas confinée, même s’il y a un risque météorologique. Autres nouveautés: nous laissons un espace et un créneau horaire aux différentes communautés de blogueurs afin qu’elles puissent convier leurs propres invités, et nous organisons une rencontre, la veille, à l’École e-artsup, sur les métiers de la création numérique. Il devrait aussi y avoir une fresque et une expo. On renouvellera aussi le Festifight club, où le public peut affronter les blogueurs au dessin à partir d’un thème donné.

Quel est votre pire souvenir du Festiblog ? Et le meilleur ?
M. C. : Gérer une édition du festival avec 40 degrés de fièvre et ne garder aucun souvenir du week-end à la fin. Le positif: les rencontres privilégiées avec des blogueurs qu’on admire.
Y. L. : Voir la pluie s’inviter et obliger les blogueurs à dédicacer sous des parapluies tenus par le public. Mon meilleur souvenir ? Le soutien des auteurs à des moments de doute, où je pensais tout arrêter. [Après quelques minutes de réflexion] Ah oui ! Et c’est durant le Festiblog que nous avons rencontré nos copines respectives…

Propos recueillis par Allison Reber

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Festiblog 2009

Les 26 et 27 septembre, devant la mairie du IIIe arrondissement de Paris.
180 auteurs de blogs BD en dédicace.
En partenariat avec BoDoï.

Images © Maliki / Cha – Balak – Pénélope Jolicoeur

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festiblog_affiche.jpg

Commentaires

  1. Gipo

    « Si le support numérique devient viable, les auteurs vont avoir besoin de compétences techniques. »

    Même pas ! La philosophie « Balak » ne s’appuie sur aucun gadget électronique (animations, boucles, son…) mais sur de la simple superposition réfléchie.

    Lorsqu’on dessine en numérique vectoriel, la fonction « pelure d’oignon / onion-skin » du logiciel Flash est bien pratique (transparence de plusieurs images l’une sur l’autre qui facilite le calage des séquences), mais rien n’empêche d’utiliser les calques de Photoshop pour obtenir le même confort de travail ! Ou carrément de vraie feuilles de papier très très fines (appelées « pelures d’oignon », justement)… ou du bête papier « machine » superposés sur une table lumineuses… que l’on scanne.

    Il suffit ensuite d’enregistrer les diverses images dans l’ordre et de les diffuser telles quelles dans un médium à petit écran (téléphone mobile)… ou dans un bête diaporama Flash pour le web (un « modèle » à utiliser et trois touches à connaître). Non, ce n’est absolument pas un problème technique, les connaissances en informatique de la plupart des blogueurs sont amplement suffisantes.

  2. Gipo

    « Si le support numérique devient viable, les auteurs vont avoir besoin de compétences techniques. »

    Même pas ! La philosophie « Balak » ne s’appuie sur aucun gadget électronique (animations, boucles, son…) mais sur de la simple superposition réfléchie.

    Lorsqu’on dessine en numérique vectoriel, la fonction « pelure d’oignon / onion-skin » du logiciel Flash est bien pratique (transparence de plusieurs images l’une sur l’autre qui facilite le calage des séquences), mais rien n’empêche d’utiliser les calques de Photoshop pour obtenir le même confort de travail ! Ou carrément de vraie feuilles de papier très très fines (appelées « pelures d’oignon », justement)… ou du bête papier « machine » superposés sur une table lumineuses… que l’on scanne.

    Il suffit ensuite d’enregistrer les diverses images dans l’ordre et de les diffuser telles quelles dans un médium à petit écran (téléphone mobile)… ou dans un bête diaporama Flash pour le web (un « modèle » à utiliser et trois touches à connaître). Non, ce n’est absolument pas un problème technique, les connaissances en informatique de la plupart des blogueurs sont amplement suffisantes.

  3. François Pincemi

    Bonsoir. Si je peux me permettre, e ne suis pas persuadé de l’intéret de cette manifestation. D’abord, je ne suis pas parisien, et je ne vais pas me payer le billet de TGV pour descendre sur Paris juste pour rencontrer des jeunes auteurs qui dédicacent dans la rue. Le blog-BD, c’est la BD gratuite sur le web, en général gratuite et rapidement faite. Ok, mais moi je préfère lire de bonnes BD dans mon canapé. Certains editeurs ont essayé d’en faire des albums, mais il est difficile de vendre en librairie ce que l’on peut lire (si on en a envie) gratuitement sur le oueb. Donc quel interet de provoquer un festival sur ce sujet? Les dessinateurs de BD sur le oueb sont pour la plupart de jeunes dessinateurs assez influencés par la BD indé qui envahit déjà nos librairies, à la limite ce sont les successeurs des jeunes auteurs qui publiaient auparavant dans les fanzines du siècle dernier. Pour l’instant, ils ont la chance d’avoir du public, grace à l’hebergement gratuit sur le net de leurs gags! Les meilleurs se font proposer des albums de reprise de leurs blogs par les editeurs classiques, que l’on sait bien en mal de dénicher de nouveaux talents par eux-mêmes (à croire qu’ils ne recoivent aucune candidature spontanée?? bizarre, non??). Mais il y a peut etre de la place dans l’édition-papier pour 10, 20 ou 30 d’entre eux. Les plus brillants, les plus droles, les plus talentueux. Il ne sert à rien de donner de faux espoirs de vedettariat aux milliers d’autres. Pour mémoire, une des meilleurs ventes-papier de blog fut le fameux Blog de Frantico, réalisé en fait par le fameux Lewis Trondheim. Donc au lieu de passer du temps à venir jouer les vedettes, ils pourraient essayer de se perfectionner, sans se faire trop d’espoirs. Je ne fais que donner mon modeste avis d’amateur éclairé de bandes dessinées. Cordialement.

  4. François Pincemi

    Bonsoir. Si je peux me permettre, e ne suis pas persuadé de l’intéret de cette manifestation. D’abord, je ne suis pas parisien, et je ne vais pas me payer le billet de TGV pour descendre sur Paris juste pour rencontrer des jeunes auteurs qui dédicacent dans la rue. Le blog-BD, c’est la BD gratuite sur le web, en général gratuite et rapidement faite. Ok, mais moi je préfère lire de bonnes BD dans mon canapé. Certains editeurs ont essayé d’en faire des albums, mais il est difficile de vendre en librairie ce que l’on peut lire (si on en a envie) gratuitement sur le oueb. Donc quel interet de provoquer un festival sur ce sujet? Les dessinateurs de BD sur le oueb sont pour la plupart de jeunes dessinateurs assez influencés par la BD indé qui envahit déjà nos librairies, à la limite ce sont les successeurs des jeunes auteurs qui publiaient auparavant dans les fanzines du siècle dernier. Pour l’instant, ils ont la chance d’avoir du public, grace à l’hebergement gratuit sur le net de leurs gags! Les meilleurs se font proposer des albums de reprise de leurs blogs par les editeurs classiques, que l’on sait bien en mal de dénicher de nouveaux talents par eux-mêmes (à croire qu’ils ne recoivent aucune candidature spontanée?? bizarre, non??). Mais il y a peut etre de la place dans l’édition-papier pour 10, 20 ou 30 d’entre eux. Les plus brillants, les plus droles, les plus talentueux. Il ne sert à rien de donner de faux espoirs de vedettariat aux milliers d’autres. Pour mémoire, une des meilleurs ventes-papier de blog fut le fameux Blog de Frantico, réalisé en fait par le fameux Lewis Trondheim. Donc au lieu de passer du temps à venir jouer les vedettes, ils pourraient essayer de se perfectionner, sans se faire trop d’espoirs. Je ne fais que donner mon modeste avis d’amateur éclairé de bandes dessinées. Cordialement.

  5. luxsword

    Y a pas que l’édition papier qui compte. Le festiblog c’est l’occasion pour plein de blogueurs amateurs n’ayant pas de velléités à être édités de rencontrer leur « public » et pour leurs lecteurs de voir leurs blogeurs préférés en chair et en os. Le festiblog, c’est surtout des dédicaces sur feuilles volantes, me semble-t-il. Si autant de gens y vont, c’est sûrement que cette manifestation a un intérêt.

  6. luxsword

    Y a pas que l’édition papier qui compte. Le festiblog c’est l’occasion pour plein de blogueurs amateurs n’ayant pas de velléités à être édités de rencontrer leur « public » et pour leurs lecteurs de voir leurs blogeurs préférés en chair et en os. Le festiblog, c’est surtout des dédicaces sur feuilles volantes, me semble-t-il. Si autant de gens y vont, c’est sûrement que cette manifestation a un intérêt.

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