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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | June 5, 2020















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Flipette & Vénère

21 février 2020 |
SERIE
Flipette & Vénère
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
24.95 €
DATE DE SORTIE
19/02/2020
EAN
2413008667
Achat :

Clara est une jeune photographe qui se cherche. Qui cherche surtout un sens à sa démarche artistique, dans un monde qui lui fait peur. Elle va rejoindre à Paris sa soeur, Axelle, qui a sans doute besoin d’un coup de main après un accident de scooter qui lui laisse le fémur dans le plâtre. Axelle, elle, n’a peur de rien, et s’engage rageusement auprès de sans-abris, des toxicos, des travailleurs pauvres, des migrants… Et reproche vigoureusement à sa frangine de se voiler les yeux face à la misère et l’injustice du monde, et de ne rien faire pour améliorer les choses. Mais tout est donc tout blanc ou tout noir ? Et doit-on devenir violent et dur dans son engagement et sa vie pour lutter contre d’autres formes de violence et de dureté?

flipette-et-venere_image1 Pour son premier album de bande dessinée, Lucrèce Andreae – qui vient du cinéma d’animation, et a notamment décroché le César du court-métrage avec Pépé le morse – ne va pas à la facilité. Sur plus de 300 pages, elle plonge au coeur des interrogations d’une partie de la jeunesse – ados et jeunes adultes – d’une société qui marche sur la tête : écart de plus en plus grand entre riches et pauvres, urgence écologique, crise migratoire… Sans parler de santé publique, toxicomanie, violence policière, harcèlement sexuel, discriminations… Avec une autre question centrale, celle d’une créatrice : à quoi peut bien servir d’écrire un livre, de réaliser un film, de montrer des images, dans un tel chaos ? N’est-ce pas dérisoire et vain ? Ou au contraire, n’est-ce pas là que réside l’espoir ? Pour creuser cette double quête existentielle, Lucrèce Andreae prend le temps de faire dialoguer ses personnages, de faire avancer Clara sur le chemin d’une conscience politique en même temps que d’affirmation de sa propre vision du monde – plus empathique que brutale –, et ainsi d’apporter mille nuances dans des débats souvent animés par des personnalités hyper investies mais sans nuance, justement. On est forcément quelqu’un de bien et un modèle à suivre quand on file des couvertures aux migrants? On est immédiatement une personne de confiance si on prend un kit médical pour affronter les CRS ? Même si on ne fait pas gaffe à la détresse de ses proches ou qu’on ferme les yeux quand ils subissent harcèlement et violence « acceptables » ?

Portée par une narration enlevée, dans des pages au nombre de cases restreint et au découpage dynamique, et par un dessin d’une belle expressivité dans son trait fin et ses aplats de couleurs flashy, Flipette & Vénère s’impose comme une bande dessinée d’une intensité et d’une intelligence rares, ne cédant jamais aux sirènes de la fiction rassurante ni à la tentation du nombrilisme. Bravo.

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