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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 20, 2018















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Florida

18 mai 2018 |
SERIE
Florida
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
27.95 €
EAN
2413009787
Achat :

florida_image1 Les livres d’histoire ne s’appesantissent pas, en général, sur les détails de la découverte des Amériques et surtout ses premières tentatives de colonisation. Car il n’a pas suffi aux Européens de débarquer avec une paire de bateaux, de la verroterie pour les autochtones et de la poudre à canon pour s’établir sur cette terre promise de l’autre côté de l’océan. Affronter le climat tropical, cartographier les rives et les marais, comprendre les enjeux des luttes entre tribus, et surtout trouver de la nourriture pour la garnison… Nombreux sont ceux qui s’y sont cassé les dents. C’est ce que raconte ce long roman graphique, par les yeux d’un cartographe français protestant, revenu traumatisé d’une expédition coloniale avortée en Floride…

Jean Dytar poursuit son chemin singulier dans la bande dessinée historique, après l’étonnant Le Sourire des marionnettes et l’enivrant La Vision de Bacchus. Et il semble passer un cap, malgré un dispositif narratif un peu alambiqué. En effet, il faut attendre le deuxième tiers de cette épaisse BD de plus de 230 pages pour connaître enfin le récit du cartographe reconverti illustrateur floral, que le périple en Floride a laissé boîteux et torturé. Mais il en avait besoin, pour poser les enjeux de ce siècle de Lumières et de guerres de religions, les bisbilles diplomatiques, les espoirs et les déceptions nés de la conquête de ce qu’on appelle pas encore l’Amérique. Une fois le décor brossé, d’un pinceau habile et expressif concentré sur les émotions et les regards, il se laisse aller à la description d’une terre hostile en tout point. Une Floride inhospitalière, surtout pour un équipage qui s’est cru trop bien préparé. Les tons verts vaporeux de ce récit dans le récit tranchent avec le brun de la trame du présent. Ce vert évanescent, strié de lignes évoquant les cartes maritimes, joue parfaitement sur l’ambiguïté : il peut paraître magique à Éléonore qui rêve de voyages et d’aventure, mais il se fait funeste pour son époux qui en est revenu meurtri. Ces allers-retours entre passé et présent évitent un déroulé trop linéaire, qui nuisait à La Vision de Bacchus. Même si on aurait aimé, par moments, davantage de rythme et de surprise, Jean Dytar se tient à son choix de sobriété et c’est tant mieux. Car son livre n’en est que plus cohérent et historiquement passionnant.

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