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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | July 23, 2018

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GAME – Entre nos corps #1

6 avril 2018 |
SERIE
GAME – Entre nos corps
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
L
PRIX
6.99 €
DATE DE SORTIE
08/03/2018
EAN
236974300X
Achat :

Game 1Akata a pour habitude de publier de bons titres engagés défendant des causes justes et sociales (Le Mari de mon frère, Ma vie dans les bois…). Le succès de Perfect World leur donne opportunités et latitudes pour proposer des shôjos plus adultes. GAME fait partie de leurs titres forts de l’année sur ce secteur et sur le papier on s’en réjouit : on ne demande qu’à lire des titres destinés aux femmes adultes, genre malheureusement maudit sur le marché français.

Cette histoire met en scène une relation sexuelle ambiguë entre Sayo et Ryôichi, un jeune employé de son entreprise. À force d’obstination, ce dernier arrive à mener Sayo dans un jeu sexuel… qui pose sérieusement question !

Même si elle manque de finesse, on apprécie la mise en lumière de la condition de la femme dans le milieu professionnel. Par contre, on regrette que le côté sexuel soit traité de manière si maladroite. À l’heure où la question du consentement mutuel est sur toutes les lèvres et où le hashtag #BalanceTonPorc continue à nourrir les réseaux sociaux, ce titre se révèle grossier et malsain. En présentant GAME, manga érotique écrit par une femme et pour les femmes, l’éditeur est fier d’annoncer que « ce sont les femmes qui en parlent le mieux ». Néanmoins la lecture de ce premier tome prouve que ce n’est pas forcément le cas et que le sujet est assurément complexe

En effet, le personnage masculin est ici clairement lourd dans son approche. Il insiste beaucoup, est vraiment très intrusif et pousse la femme à dire oui… Enfin presque, car ce qui également gênant, c’est que le consentement de Sayo est loin d’être évident. Après plusieurs rejets francs, elle finit par se laisser aller… implicitement, sans être claire, tout en laissant la mauvaise impression que ses « non » veulent en réalité dire « oui ». Elle semble daigner répondre à ses avances à l’usure, plus que par réelle envie.

Game 3Si l’on ajoute à cela que Ryôichi est vraiment antipathique et sans charme, il ne paraît pas très crédible dans son rôle de Dom Juan. Son comportement bien trop entreprenant en ferait presque le prototype du vilain harceleur. D’ailleurs, pour réussir à la mettre une première fois dans son lit, l’homme profite d’un moment d’égarement de l’héroïne pour lui sauter dessus et abuser de sa faiblesse… L’héroïne n’est pas très avenante non plus et son comportement interroge : son austérité et sa sévérité apparentes tranchent avec son assentiment à demi-mot de la situation.

Certes, nous sommes bien là face à des personnages adultes, mais leur psychologie et leurs interactions sont quand même loin de la « grande finesse » annoncée. Les ébats sexuels sont froids et peu enthousiasmants… Et si l’on évoque le design des personnages pas très attractif et le dessin léger, peu original et inégal, on est loin du titre révolutionnaire vendu par l’éditeur.

Présenté comme un « véritable événement » au point de vue féminin et quasi féministe, GAME tape à côté de sa cible. À vouloir trop justifier socialement la sortie de ce manga, l’éditeur déstabilise le lecteur. En réalité, cette BD est tout simplement à prendre pour ce qu’elle est, sans surinterpréter son propos : une romance érotique sans prétention qui joue sur le fantasme du bel homme dominant (à lunettes). Un manga qui cherche à émoustiller les lectrices, sorte de version soft de Cinquante nuances de Grey, rien de plus.

 

GAME – SUITS NO SUKIMA – © Mai Nishikata 2016 / HAKUSENSHA, Inc.

 

Game 2

Commentaires

  1. Voilà une chronique qui fait plaisir à lire. Outre qu’elle présente bien le tome 1 de GAME, j’aime beaucoup la conclusion… qui va tout à fait dans le sens de la mienne ( https://herbv78.wordpress.com/2018/04/01/game-entre-nos-corps-ou-comment-survendre-un-manga/ ). Je me sens moins seul devant la déferlante d’avis enthousiaste vu sur Twitter (ceci dit, grâce au fil twitter d’a-yin et des participations de Rémi et de Natth, c’était déjà le cas depuis quelques jours) :)

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