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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 19, 2017

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Jean David Morvan, plus que jamais franco-japonais

7 décembre 2009 |

morvan_introFéru de mangas et habitué du Japon, Jean David Morvan a scénarisé un récit pour l’un des plus grands mangakas contemporains, Jiro Taniguchi. Dans Mon année, bande dessinée en quatre épisodes, il raconte le quotidien poétique de Capucine. Cette petite fille trisomique va voir ses parents se déchirer à cause de son état. Jiro Taniguchi donne vie à cette histoire tendre et un peu triste, usant d’une narration européenne et de couleurs directes. Jean David Morvan revient sur la genèse et la création de cette mini-série.

morvan_taniguchiDe quelle façon avez-vous connu l’œuvre de Taniguchi ?
Lors d’un voyage au Japon en 1990, j’avais ramené plusieurs mangas en version originale – alors que je ne lis pas le japonais -, dont L’Homme qui marche. Je l’avais passé à Philippe Buchet afin qu’il copie les décors, pour réaliser le deuxième épisode de Nomad. J’aimais bien cette ambiance, proche du Japon que je connaissais, sans clichés.

Comment avez-vous rencontré Jiro Taniguchi ?
Quand je suis retourné au Japon en 2002 avec l’équipe de Dargaud Benelux, pour préparer un projet avec des Japonais. Il y a eu un repas avec Taniguchi, au cours duquel nous avons discuté – via un interprète – technique BD. À un moment, il a glissé qu’il aimerait faire un album sur une famille française. C’était un pari qui l’intéressait, il voulait se frotter à quelque chose de nouveau, d’excitant. Alors je lui ai proposé de réaliser ensemble une bande dessinée.

D’où vous est venue l’histoire de Capucine ?
Yves Schlirf, directeur éditorial chez Dargaud Benelux, a une petite fille handicapée. J’ai eu envie de montrer ce qu’une enfant dans ce cas pense et entend. Cela me permettait de plus de décaler le regard que l’on allait porter sur une famille française, et de montrer au lecteur autre chose que ce qu’il connaît. Jiro Taniguchi pouvait apporter une juste émotion à ce récit. En novembre 2002, il a dit oui.

morvan_institutionDans cette histoire, vous donnez beaucoup d’importance aux parents de la petite…
Oui, je souhaitais montrer une famille. Et donc raconter comment un couple vit le handicap de son enfant. Le lecteur découvre le moment d’une fracture familiale : les progrès de Capucine s’arrêtent, ce qui remet en cause beaucoup de choses. La fillette va détecter une fissure dans le couple parental. On la verra dans les trois épisodes suivants partir en vacances, puis faire sa rentrée dans une unité spécialisée. Réussira-t-elle à aider ses parents à rester ensemble ?

Comment avez-vous fonctionné avec Jiro Taniguchi ?
Il est venu en repérage en France, en Normandie. De retour au Japon, il a travaillé avec ses assistants. Il lui fallait des photos de tout ce qui était mentionné dans l’album, pour représenter les choses et lieux correctement. J’ai dû photographier Reims, une école française, les couverts que l’on utilise pour manger… Il a fallu aussi obtenir des photos d’enfants handicapés en séance de psychomotricité, et Vanyda a participé en envoyant des vues de Lille. morvan_cadeauCes recherches étaient marrantes, mais un peu laborieuses. Pour le prochain épisode, nous travaillons autrement : j’adapte le scénario aux photos que l’on peut récolter. Ainsi, les personnages partent en vacances en Crète, tout simplement parce qu’Yves Schlirf y est allé et m’a prêté ses clichés.

Taniguchi a-t-il eu des exigences particulières au niveau du scénario ?
Alors que j’avais écrit les deux tiers de l’album, il m’a demandé de rajouter un chien dans l’histoire. Je crois qu’il avait tout simplement envie d’un dessiner un ! Sinon, je lui ai livré une continuité dialoguée, pour lui laisser une certaine liberté d’interprétation.

Que pensez-vous de sa vision de la France ?
Elle est un peu désuète, à la Claude Sautet, mais ne manque pas de charme.

morvan_chambre

Mon année sera-t-elle éditée au Japon ?
Futabasha devrait la publier dans un magazine. J’ai bon espoir que ce soit en couleur, et pas en noir et blanc.

Jiro Taniguchi qui fait une bande dessinée plutôt qu’un manga, qu’est-ce que ça change selon vous ?
morvan_cerceauxC’est un tournant pour la BD franco-belge. Les Japonais pourront se dire qu’il existe une ouverture vers l’Europe, et ça peut les pousser à découvrir nos albums. Faire connaître notre production à l’étranger est un boulot énorme, je m’y emploie depuis un moment.

Quels sont vos projets ?
Ouh la la… J’en ai beaucoup. Le troisième tome du Petit Monde est en cours de réalisation, je prépare des mangas pour le Japon, d’autres avec des dessinateurs chinois. Je termine certaines séries, comme Al’Togo ou Je suis morte. Avec José-Luis Munuera, j’ai depuis sept ans un projet d’une BD d’aventures se déroulant en Grèce antique, Epik. On y verra un gamin qui trouve un masque, et obtient un pouvoir : celui, s’il est bon acteur, de se transformer en n’importe lequel de ses personnages. Et puis sinon, au Japon, je prépare des expositions pour le musée du manga à Kyoto avec Florent Germaine. J’y organise aussi des masterclasses, et je donne des cours de BD à l’Institut Français de Tokyo.

Propos recueillis par Laurence Le Saux

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Mon année #1 : Printemps.
Par Jiro Taniguchi et Jean David Morvan.
Dargaud, 13,50 €, le 13 novembre 2009.

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Commentaires

  1. FrancoisPincemi

    Tout ce que j’ose esperer, c’est que les livres à paraitre de Monsieur Morvan seront meilleurs que ses derniers Spirou que j’ai trouvé fort décevants…

  2. FrancoisPincemi

    Tout ce que j’ose esperer, c’est que les livres à paraitre de Monsieur Morvan seront meilleurs que ses derniers Spirou que j’ai trouvé fort décevants…

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