Kid Francis
Né à Marseille en 1906 de parents immigrés italiens, Francesco Buonagurio s’intéresse tôt à la boxe. Poids coq, il progresse vite jusqu’à devenir champion de France à 19 ans. Doué et ambitieux, « Kid Francis » goûte à la gloire sur le ring, aux soirées parisiennes, et même à une tournée américaine. Mais dans son entourage rôde son oncle, François Spirito, gangster notoire qui flaire la bonne affaire avec le minot aux gants d’or. Et qui précipitera sa chute…
Cet épais album au dessin expressif constitue une belle fresque historique inspirée de la vie si romanesque de ce jeune talent de la boxe française, à l’ascension météoritique et au déclin tout aussi brutal. Et tragique, car Francesco Buonagurio a été raflé en 1943 à Marseille, et est mort en déportation en Allemagne. Le scénariste Marius Rivière s’attache à dresser un portrait chaleureux et fascinant de ce gamin pauvre du Vieux-Port qui a conquis l’Amérique, têtu et tenace, mais qui n’a pas toujours fait les bons choix. Son album a du souffle, mais il le perd par moments en restant trop linéaire : en n’adoptant pas un point de vue plus personnel sur son héros et en demeurant trop attaché à la chronologie et aux détails, et en gardant une distance respectueuse, il manque un peu de corps. Au dessin, Grégory Mardon ne se ménage pas, avec nombre de décors et de figures à brosser de son trait semi-réaliste ondulant et ses couleurs sobres, mais paraît aussi un peu coincé dans le nombre d’informations à illustrer. Néanmoins, l’album reste intéressant et plaisant à suivre, car il sait rendre immédiatement attachant de Kid au destin hors norme.






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