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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 17, 2019















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La Princesse de Clèves

17 septembre 2019 |
SERIE
La Princesse de Clèves
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
24.99 €
DATE DE SORTIE
29/03/2019
EAN
2205075950
Achat :

la-princesse-de-cleves_image1 Ses deux yeux mélancoliques nous observent sur la très belle couverture dessinée par Claire Bouilhac. Tout le monde connaît le nom de la princesse de Clèves, mais tout le monde ne connaît pas forcément la teneur de ce roman écrit par Mme de Lafayette et paru anonymement en 1678.

Dans cette très jolie adaptation en bande dessinée, l’univers romanesque de la cour, des châteaux, des princes et des princesses en tenues d’apparat et de leurs mortelles intrigues est servi par un dessin riche en détails. Claire Bouilhac trouve le ton juste avec un trait fort, une mise en couleur en demi-teinte et un réalisme léger. Certain découpages rappellent des planches d’Hergé, avec le château de Coulommiers en lieu et place de Moulinsart ! Cette maîtrise rythmique dépoussière le roman et évite la pesanteur que connaissent certaines adaptations historiques à vocation pédagogique.

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Epilogue dessiné par Catel

Scénarisé en collaboration avec Catel Muller, le roman graphique est parfaitement composé et rythmé. Il est judicieusement introduit par une conversation entre Mme de La Fayette et son mentor et ami M. de La Rochefoucauld, où l’on découvre l’ambition artistique de l’autrice pour son roman à venir. En clôture, un deuxième échange (avec Madame de Sévigné) présente une Mme de La Fayette bien changée, prise d’une « langueur mélancolique » qui ne la quitte plus et la pousse à se retirer définitivement du monde. Ces séquences, dessinées par Catel, mettent en perspective la démarche créative de la romancière ainsi que la ressemblance de caractère entre elle et son personnage.

Enfin, concernant l’intrigue à proprement parler, on ne peut que constater la désuétude de cette histoire de tourments de la passion et du portrait d’une héroïne corsetée dans un voeu de pureté – très à contre-courant de la vision féministe moderne. Mais elle dévoile en même temps une personnalité de femme résistant à une passion éphémère, en visant une élévation spirituelle durable. Mme de Clèves, loin du personnage de belle écervelée, a la lucidité intellectuelle d’anticiper l’inéluctable déclin de la passion de son amant et choisit pour elle-même un destin plus noble.

Tous ces éléments font de cette adaptation un bonbon savouré avec plaisir. Car elle évite les clichés et développe une histoire aussi forte en bande dessinée qu’à l’écrit.

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