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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 24, 2017

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Les + du blog : Igor KORDEY

26 mars 2008 |

Ce grand bonhomme de 51 ans est capable de dessiner cinq albums par an. Aux pinceaux de Taras Boulba, Le Cœur des batailles ou encore L’Histoire secrète (Delcourt), Igor Kordey a quand même pris le temps de discuter avec nous autour d’un verre de Bordeaux. Faites connaissance ici avec ce charismatique dessinateur croate, et retrouvez l’intégralité de son portrait dans BoDoï #117.

Ses premiers pas dans la BD
« J’ai toujours voulu faire de la BD. À l’âge de 7 ou 8 ans, je copiais les BD qui me passaient entre les mains. J’ai commencé par Prince Vaillant et Eagle, un magazine anglais.

« Parfois, je suis très en colère de voir que les hommes détruisent le monde sans se soucier des générations futures.  »
Igor KORDEY

J’ai lu aussi pas mal de BD yougoslaves quand j’étais jeune, puis des comics américains. Daredevil a été une révélation pour moi. Ce héros est aveugle et réalise des choses incroyables. Je m’y identifiais car moi aussi, j’avais une mauvaise vue ! Comme je voyageais pas mal en Europe en auto-stop à ce moment-là, j’ai découvert des revues d’autres pays, comme Métal Hurlant. C’est au Festival de Lucca en Italie en 1986 que j’ai rencontré quelques grands auteurs qui m’ont mis le pied à l’étrier : Hugo Pratt, Bill Sienkiewicz, Attilio Micheluzzi… » 

Son pays, la Croatie
« La Croatie est en train de devenir une république bananière. Le gouvernement privatise les banques, l’industrie, les télécoms… On va bientôt revenir à la situation d’avant la seconde guerre mondiale, quand le pays appartenait à de riches investisseurs étrangers. Mais c’est sans doute le développement naturel de l’humanité. J’appelle ça la « pensée mensualisée » : on ne pense pas à l’avenir au-delà de la prochaine fiche de paie. Parfois, je suis très en colère de voir que les hommes polluent, détruisent le monde sans se soucier des générations futures. »

Les États-Unis, où il a travaillé pendant dix ans
« L’Amérique est une terre d’illusions. La culture se concentre dans quelques grandes villes, le reste du pays n’est habité que par des rednecks dans des caravanes. Et là-bas, tout tourne autour de l’argent. On pousse les gens à consommer, prendre des crédits. Ils se retrouvent alors surendettés. Je pense que la vie est meilleure en Europe, même si mon pays, la Croatie, est en train de prendre le même chemin que les Etats-Unis : les Croates sont un des peuples les plus endettés du continent ! »

La musique
« Je faisais partie d’un groupe en 1983-84, mais j’ai abandonné car on ne peut pas prétendre à exceller dans plusieurs domaines… Il y avait une scène musicale importante en Yougoslavie à ce moment-là. Parfois, j’ai un peu la nostalgie d’être sur scène, devant un public. Ça procure un plaisir fou, aussi fort que le sexe ! »

Ses filles
« J’ai trois filles que je ne vois pas très souvent, puisqu’elles vivent avec leur mère au Canada, et que je suis retourné vivre à Zagreb depuis quelque temps. J’essaie d’être leur copain, de les écouter et les orienter, mais sans les contraindre. Mon aînée a par exemple fumé son premier joint avec moi. Je préfère qu’elle l’ait fait à la maison, en ma compagnie, plutôt que dans la rue avec sa bande. C’est normal de tout vouloir essayer quand on est jeune. J’y suis favorable et j’ai fait la même chose. Mon père ne voulait pas que je fasse les Beaux-Arts parce que, selon lui, c’était un lieu propice aux drogues, au sexe et au rock’n’roll. C’était vrai. Et ce furent les plus belles années de ma vie ! »

Propos recueillis par Benjamin Roure

Images © Delcourt
Photo © Radomir Saradjen

 

 

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