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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 17, 2017

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Les + du blog : MEMOIRES DE JACQUES SADOUL 4/7

31 mai 2006 |


En 1969, les fans de SF tombent en catalepsie en découvrant, dans la prestigieuse collection du livre d’anticipation aux éditions Opta, les aventures d’Elric le nécromancien, imaginé par Michael Moorcock. En prime, de somptueux dessins dessinés par Philippe Druillet. On retrouvera ces chef-d’oeuvres dans Yragaël. La plupart, hélas, en couleurs.

« PHILIPPE DRUILLET DÉCOUPE, ZOOME, TRANSFORME

UNE GRANDE PLANCHE EN UNE SÉRIE DE PETITES IMAGES »

En moins de deux ans nous eûmes la plus belle collection de bandes dessinées qu’on puisse imaginer avec des auteurs tels que Binet,Lone Sloane Bretécher, Coyote, Edika, Franquin, Geluck, Gotlib, Liberatore, Maëster, Margerin, Mœbius, Pétillon, Hugo Pratt, Quino, Rosinski, Tardi, Van Hamme, Martin Veyron, Vuillemin, Walthéry, Wolinski, et les Américains Phil Davis, Alex Raymond ou Dave Stevens. À l’exception d’Astérix, Luky Luke et Blueberry, tous les grands personnages étaient là.
Certains auteurs de Dargaud, toujours opposé au projet, exigèrent même de figurer à notre catalogue. Ce fut le cas de Philippe Druillet – un ami depuis l’époque où il illustrait des nouvelles à Hitchcock Magazine ou des volumes du Club du Livre d’Anticipation pour moi – qui nous donna Yragaël, Vuzz et Les 6 Voyages de Lone Sloane. Dans le cas de ses albums, où nombre de dessins occupent une pleine page, la technique de remontage imaginée par Deleplace était impossible, aussi Philippe Druillet se chargea lui-même de concevoir l’édition de poche. Il découpa, zooma, transforma une grande planche en une suite de petites images. Le résultat fut étonnant même si, forcément, moins frappant que les immenses dessins d’Yragaël par exemple.
Au festival d’Angoulême, lors d’une conférence de presse, Jacques Goupil et moi fûmes violemment pris à partie par un journaliste pour le « massacre » des albums de Druillet. Philippe était dans la salle et se chargea de faire taire le détracteur sans le convaincre d’ailleurs car, en sortant, j’entendis cet homme dire à un ami : « C’est peut-être Druillet qui s’est occupé de l’édition de poche, mais c’est un massacre quand même. »

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Ce journaliste n’était pas le seul à critiquer la collection, tous les puristes nous reprochaient de « réduire » les dessins. C’était parfois vrai, souvent faux, les vignettes de Gaston Lagaffe étaient presque toujours légèrement agrandies par rapport aux albums Dupuis et complétées par des culs-de-lampe dessinés spécialement par Franquin pour notre édition. Je tiens d’ailleurs à lui rendre hommage ici pour toute l’aide qu’il nous a apportée, c’était un homme charmant et généreux, malheureusement dépressif comme le sont presque tous les humoristes. Notre édition de poche l’intéressait réellement. Un jour, dans son appartement de Bruxelles, il me dit aimer nos petits livres et prendre plaisir à les améliorer. À ses yeux, ils ne dénaturaient pas son œuvre.
Notre projet amusa beaucoup les dirigeants des autres collections de poche et ils prédirent son échec à brève échéance. En fait, la collection J’ai Lu-BD dura dix ans. Ce fut d’abord un gros succès puis l’engouement tomba et elle dut être arrêtée au début de 1996. Elle avait publié 291 titres et vendu plus de six millions cinq cent mille volumes.
Les premiers ricanements passés, le Livre de Poche se mit en devoir de nous imiter en 1988 avec quelques bons titres – je n’avais pu tout acheter – mais qui avaient l’inconvénient d’être presque tous en couleurs ce qui obligeait à les vendre trop cher. La série s’arrêta vite. Un peu plus tard ce fut au tour de Pocket de voler au secours de la victoire en décidant Dargaud à lui céder ses titres, à prix d’or je suppose, mais la période de grande vogue était passée et la collection ne dura pas.

SUITE : « Nous, traduire des mangas ? Pouah, Môssieur ! »

Texte tiré de C’est dans la poche ! de Jacques Sadoul, éditions Bragelonne, 200 pages, 17 euros. © Bragelonne 2006

Lire les autres dossiers : 1/7, 2/7, 3/7, 5/7 ,6/7, 7/7

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Commentaires

  1. Bonjour, sur ce pont : mais la periode de grande vogue etait passee et la collection ne dura pas ; je ne vous suis pas tout à faitn:) billet intéressant en tout cazs ! toujours un plaisir de vouslire, @+

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