Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 20, 2017

Retour en haut de page

Haut de page

No Comments

Les + du blog : VAILLANT 4/5

5 mai 2006 |

VaillantHervé Cultru, dans Vaillant, la véritable histoire d’un journal mythique, raconte l’épopée du journal célèbre qui vivra jusqu’en 1969 (il se métamorphosera alors en Pif Gadget) et affichera des signatures aussi prestigieuses que Poïvet, Chéret, Tabary, Godard, Lécureux, Gotlib, Mandryka, Forest, etc.
Mais un journal, c’est d’abord des hommes, un univers, une atmosphère, une odeur, une légende qui se crée jour après jour. Nous vous invitons, tout au long de 5 épisodes à suivre, à pénétrer dans cet immeuble du 5 rue Montmartre, à Paris, qui abrita Vaillant. Et à découvrir cette alchimie bizarre qui aboutit à un journal sentant bon l’encre fraîche.

Gillon improvise un épisode de Cormoran en 150 minutes !

Pour les tout-petits, sur des scénarios de Madeleine Bellet, qui a pris la relève de Pierre Olivier, il y a Roudoudou, d’Arnal, et Riquiqui, de Moreu, puis Pipolin, le joyeux nain de Coelho et Pat et Chou, de Galan. Pour les plus grands, il y a les albums, les recueils des Grandes Aventures, les reliures qui reprennent les invendus, pour lesquelles il faut prévoir des couvertures inédites, et les petits formats qui, à eux seuls, mériteraient tout un chapitre. Parfois on est à deux doigts de la catastrophe, il faut vite partir en expédition pour récupérer les éléments en souffrance. (Raymonde est allée jusqu’à Florence pour rapatrier du Pipolin !) L’idéal est de coincer l’affreux retardataire – il y en a qui osent venir narguer leurs collègues alors qu’ils savent pertinemment qu’ils sont en tort – et le retenir prisonnier jusqu’à ce qu’il exécute ce que l’on attend de lui. Gillon a été victime d’une telle mesure de rétention; en l’espace de deux heures et demie, il a réussi à improviser un épisode de Capitaine Cormoran, aussi magnifique que les autres – mais tout le monde n’a pas la même facilité…
Quand sont enfin réunis tous les matériaux, la balle passe dans le camp de la mise en page. Là, une grande table assemble tout le monde, sous l’autorité de Gilbert Florès, secondé par une prénommée Thérèse, puis par Robert Strauss à partir de 1963, et l’on discute du montage. Il s’agit de décider de la position relative des mots et des images. Les dactylotypes, qui viennent de la salle voisine, comprennent tous vingt et une lignes, de soixante signes chacune, ce qui représente une unité de surface et permet aisément de s’y reconnaître, du moins quand on a l’habitude… Ils sont virtuellement casés sur des gabarits, où des traits de contour à l’encre rouge marquent les futures colonnes, et où l’on précise la police (le plus souvent du Gill ou du Times) et le corps (c’est-à-dire la grosseur) souhaités pour les caractères. Des lignes bleues délimitent l’emplacement des illustrations. Quand la maquette de ce que l’on veut obtenir est ainsi avancée, il n’y a plus qu’à la glisser dans de grandes enveloppes, avec ce que l’on a prévu d’y insérer, textes, photos, hors-texte et strips, le tout dûment coté et numéroté, et à la confier aux coursiers en partance pour l’imprimerie Crété, sise à Corbeil, dans l’Essonne.

Vaillant

Dans l’autre sens, depuis l’usine, la navette ramène des bleus et des ozalids au parfum entêtant (ces trucs au nom barbare sont des supports sensibles, impressionnés par l’action d’une solution ammoniaquée qui sent très fort). Il faut les examiner avec la plus extrême attention, pour repérer les erreurs ultimes, et, après accord, les découper, puis les remonter en les collant sur un second gabarit, avant de les retourner à l’envoyeur. Après un dernier traitement préparatoire, Crété réexpédie, cette fois, un jeu de cahiers, des feuillets pliés, analogues, dans leur allure, à ceux qui seront emboîtés et agrafés, et que le lecteur aura en mains. À ce stade, on est presque parvenu au terme du processus. Il n’y a plus qu’à contrôler la concordance des pages, à signer un bon à graver, qui mentionne le tirage attendu, évalué en concer-tation avec les commerciaux, et à renvoyer les commis sur leurs petites motos… En fonction des quantités voulues, le chef de fabrication de Vaillant s’occupe également de passer commande du papier nécessaire.

SUITE : Évidemment, rien ne se passe comme prévu !

© Hervé Cultru, Vaillant collection

Autres dossiers : 1/5, 2/5, 3/5, 5/5

Publiez un commentaire