Les Enfants du bois
Le mélange des genres est à la mode. Entre steampunk, cybernétique magique et fantastique horrifique, Les Enfants du Bois tente un cocktail audacieux où la suspension consentie d’incrédulité du lecteur est mise à rude épreuve. Cette fameuse suspension est une proposition d’univers adressé au lecteur, et pour que ce dernier accepte ce contrat, l’univers doit ainsi garder une cohérence qui fait la différence entre l’original et le n’importe quoi. Et pour le coup, Andrea Casaran remporte allègrement son pari en nous proposant en quelque 70 pages un univers complexe mais complet. Les pièces du puzzle du scénario s’imbriquent et les révélations s’enchaînent sans temps morts, proposant à chaque page des idées se greffant les unes aux autres dans un tout parfaitement logique et, surtout, trépidant à suivre !
Ainsi l’adorable Aliénor fête ses 14 ans en compagnie de son père, inventeur de génie. Celui-ci lui crée pour l’occasion un automate censé prendre la place de son petit frère disparu tragiquement. S’ensuivra alors une cohabitation difficile, en parallèle avec une enquête sur un mystérieux et terrible accident de train survenu dans la région. Il faudra ainsi littéralement interroger les fantômes du passé, sur les lieux de la catastrophe ou autour de la famille d’Aliénor…
Difficile de ne pas voir une certaine influence (directe ou indirecte) de l’univers du manga Fullmetal Achemist dans le récit très dense d’Andrea Casaran. Le graphisme reste cependant charmant et lisible, alternant moments d’émotion et d’action dans une quête tragique aux accents presque gothiques. On regrette juste qu’avec un univers aussi vaste et des personnages aussi tordus qu’intéressants, on ne nous propose pas une série plutôt qu’un one-shot qui reste tout de même généreux.
Kara






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