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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 27, 2020















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Mon père, cet enfer

23 septembre 2020 |
SERIE
Mon père, cet enfer
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
23 €
DATE DE SORTIE
26/08/2020
EAN
2075144257
Achat :

mon-pere-cet-enfer_image1Travis vit avec sa mère et un homme qu’il appelle papa, puisque sur les papiers c’est lui le paternel – adoptif en réalité. À l’age de six ans, il apprend que le grand moustachu sympathique qui vient le chercher parfois le week-end est son père biologique. Mais, sous le vernis chaleureux et enjôleur, papa Dave a des soucis. Il est toxicomane, accro à l’héroïne. Ce qui engendre des comportements erratiques, une perpétuelle quête d’argent frais et une violence érputive quand vient le manque.

Peut-on aimer quelqu’un qui détruit la vie de sa famille? Peut-on détester son père qui, malgré toutes ses errances, aime les siens d’un amour probablement sincère? Jusqu’où peut-on croire un toxicomane? Jusqu’à quel point peut-on encaisser et pardonner la violence d’un homme malade? Toutes ces questions sont sous-jacentes au terrible récit autobiographique de Travis Dandro, qui use d’un trait sobre et quasi cartoonesque par moments pour brosser l’enfer de sa relation avec cet homme qui se disait son père. Une ligne mi-fragile mi-déterminée, qui se noie sous des ombres compulsivement griffonnées quand arrive la violence.

Au fil de ce long récit étouffant – pas de marge blanche autour des planches, comme pour marquer l’absence de sortie possible de la spirale infernale de la vie avec un drogué –, l’auteur américain livre un témoignage sans fard mais pas impudique. Il en veut à son père – comment excuser un homme qui met son fils devant la télé pendant qu’il se pique dans la cuisine ou impose sa loi inique avec ses poings? –, il en a voulu à sa mère de se laisser envoûter plusieurs fois par Dave, mais il regarde aussi avec lucidité ses propres réactions d’enfant et d’ado, qui auraient pu mener au pire.

Le découpage de sa trame, sur quelque 464 pages, en des séquences fortes aux larges cases et quelques bouffées de calme et de nature au milieu, permet au livre d’éviter la manipulation émotionnelle tout en maintenant un niveau de tension élevé. Un modèle de narration et d’ambition artistique, autour d’un sujet extrêmement délicat et périlleux. Qui coupe littéralement le souffle.

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