Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 12, 2019















Retour en haut de page

Haut de page

No Comments

Penss et les plis du monde

4 octobre 2019 |
SERIE
Penss et les plis du monde
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
25.95 €
DATE DE SORTIE
25/09/2019
EAN
2413013512
Achat :

penss-et-les-plis-du-monde_image1Penss est un rêveur. Il préfère passer des heures à regarder l’eau du ruisseau onduler, les fleurs s’épanouir ou les nuages s’étirer dans le ciel que d’aller pêcher ou chasser. En cette période préhistorique, son clan lui en veut de ne pas participer à la survie du groupe en renâclant à traquer le gibier. Mais Penss cherche quelque chose, il voit plus loin. Et encore plus loin suite à la séparation de son clan et la mort de sa mère : il va comprendre le cycle de la vie des végétaux et faire une première et prometteuse expérience d’agriculture. Penss voit plus loin mais surtout, il veut faire partie d’un monde qu’il sait plus grand et plus fort que lui, à tout jamais.

Après La Saga de Grimr, Fauve d’or 2018 à Angoulême, la nouvelle bande dessinée de Jérémie Moreau était fort attendue (surtout depuis la présentation de quelques originaux à Angoulême 2019). Et elle ne déçoit pas. Adoptant des outils de dessin traditionnels, plume et aquarelle, et un graphisme plus direct et limpide, sans renier ses découpages complexes façon puzzle triangulaire quand le récit l’exige, l’auteur de Max Winson prend le temps de brosser une aventure quasi immobile autour d’hommes et de femmes luttant quotidiennement avec la nature. Et qui trouveront une forme d’apaisement quand ils auront cessé de lutter pour préférer une vie en harmonie avec elle. Mais bien au-delà d’une plate apologie de la consommation responsable et du retour à la terre, Jérémie Moreau propose une réflexion philosophique sur ce qui fait l’homme, qui se construit par ses rêves, son aptitude à faire partie d’un grand tout, et sa capacité à s’adapter, à rebondir, sans s’enferrer dans des certitudes et des dogmes.

penss-et-les-plis-du-monde_image3Comme son Max Winson martyrisé par son père et l’orphelin Grimr, Penss se retrouve vite sans parent – après une séquence d’une grande dureté , mais on ne vous dit rien, le moment est fondateur – et doit trouver la place qui est la sienne, et non celle imposée par d’autres. Il est là encore question de paternité, de transmission et de choix, et l’intelligence de l’auteur est de faire évoluer son héros sur les quelque 228 pages, de gentil illuminé à jeune papa responsable, en passant par gourou agricole, jamais monolithique.

Son livre peut alors se lire comme le chemin introspectif de l’enfant qui devient adulte et doit assumer ses choix. Mais aussi comme une interrogation sur un monde qui ne serait que plis et replis, et qu’on pourrait déplier à l’envi pour peu qu’on le fasse avec mesure et bienveillance. Dans une ambiance aquarellée apaisante et lumineuse, aux motifs en cohérence avec le fond du récit, au fil de séquences souvent pleines d’émotions contenues, Jérémie Moreau propose une bande dessinée d’une grande originalité et d’une profondeur rare. Qui, en plus, est accessible à tous. C’est précieux.

Publiez un commentaire