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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 20, 2020















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Red Ketchup #3

8 avril 2020 |
SERIE
Red Ketchup
ALBUM
Intégrale - 3
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
28 €
DATE DE SORTIE
17/10/2019
EAN
2897770678
Achat :

Chez Bodoï, on vous a déjà beaucoup parlé de Red Ketchup, cet agent du FBI ultra violent, anti-communiste et ne se nourrissant que de pilules médicamenteuse. En 2013, Réal Godbout et Pierre Fournier nous racontaient la création de cette caricature réjouissante de super-soldat : « Red Ketchup a été introduit en 1982 comme personnage secondaire dans la série Michel Risque, car nous avions ponctuellement besoin d’un agent du FBI intransigeant. Les lecteurs l’aimaient beaucoup, mais nous l’avons tué après quelques épisodes… avant de le ressusciter. »

red-ketchup3-image1Et Red Ketchup n’en finira plus de défier les lois de la nature. Cette caricature réjouissante de super-soldat américain sera publiée dans Titanic puis dans le magazine Croc, qui l’avait vu naître. Sa présence dans deux revues majeures de la BD québécoise et son humour anticonformiste jouant avec les codes du récit d’enquête comme l’imaginaire de la bande dessinée affirmeront la série comme un titre culte du patrimoine dessiné de la province. Ainsi, Godbout, également coscénariste, utilise une post-ligne claire caractéristique, dont la force est caractérisée par sa capacité à absorber des quantités imposantes de textes sans jamais alourdir la lecture. Tous les lecteurs pensent rapidement à Tintin en voyant des pages, mais un Tintin soudainement adulte, parfois fatigué, sous cachet et loin d’être adulé par tous.

C’est d’ailleurs une caractéristique de Ketchup, qui se sait héros, mais se voit limité à des missions absurdes et n’en peut plus d’être sous-exploité. Il aimerait, comme Rambo, aller casser du terroriste en sautant d’un avion, mais dans Échec au King son chef l’envoie chercher un bigfoot, une taupe géante ou le vrai Elvis Presley, évidemment vivant. Par la suite ça ne s’arrange guère, chaque aventure ressemblant à une tentative du FBI pour se débarrasser de son encombrant agent. Il n’y a que Lucifer qui l’accueille avec passion (Red Ketchup en enfer), mais il reviendra d’entre les morts. Rassurez-vous, ce n’est pas vraiment un spoil car s’il y a une chose à retenir c’est que Red Ketchup revient toujours, et ce n’est pas la fin de carrière annoncée dans la dernière page d’Élixir X qui nous convaincra vraiment du contraire…

red-ketchup3-image2Après une tentative de publication en France chez Dargaud seuls trois tomes étaient parus. Depuis 2007 les éditions La Pastèque (qui rééditent aussi Michel Risque et ont édité L’Amérique ou le disparu de Réal Godbout d’après Kafka) ont publié l’intégralité des neuf volumes de la série en albums indépendants ainsi qu’une édition intégrale, publiée en parallèle à partir de 2012. En voici donc le troisième et dernier (mais vous a-t-on dit que Ketchup ne s’arrêtait jamais réellement ?) volume de cette intégrale que La Pastèque nous propose. On y retrouve trois aventures longtemps inédites en albums et récemment rééditées : Échec au King (1993), Red Ketchup en enfer (1994) et Élixir X (1995-2017).

Le format est agréable et l’édition soignée, mais si l’on peut se réjouir de plonger dans une série longtemps indisponible, on peut tout de même regretter qu’« un personnage phare d’un tandem légendaire de la BD québécoise », selon les mots de l’éditeur, ne voie aucun accompagnement critique dans une réédition intégrale. Ainsi, quasiment rien n’explique le contexte de parution, il faut chercher pour voir que les albums datent des années 1990 et ont été publiés dans Croc sans être édités en album. Ou qu’Élixir X y a été débuté, s’est stoppé brutalement avec l’arrêt du magazine, avant d’être repris et terminé vingt ans plus tard pour l’édition en album…

Un petit dossier de présentation, même d’une dizaine de pages, aurait permis aux lecteurs de mieux prendre conscience de l’importance du magazine Croc comme de ce « tandem légendaire ». Il aurait aussi sans doute été l’occasion de publier d’éventuelles couvertures de la revue avec Red Ketchup ou autres travaux peu connus, comme la rencontre de Red avec le personnage Jérôme Bigras (par Jean-Paul Eid) en plein milieu de l’épisode Échec au King, évidemment non repris en album, ou le bref épisode parus dans Safarir après l’arrêt de Croc. C’est souvent le rôle des intégrales et on peut regretter que La Pastèque soit passée à côté en évitant de faire de ce gros volume, certes drôle et économique, un vrai objet patrimonial. Ce sera peut-être pour une prochaine édition ? C’est tout le mal qu’on souhaite à Red Ketchup, qu’on adore détester et qui a tout pour rester un héros culte pour encore quelques décennies.

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