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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | February 20, 2026















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Sainte Lacrymonie

20 février 2026 |
SERIE
Sainte Lacrymonie
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
19 €
DATE DE SORTIE
06/02/2026
EAN
2889231607
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Être enlevé par des extraterrestres a ceci de commode que cette expérience ne peut être située. Ni ici, ni ailleurs, ni fiction, ni réalité, entre le rêve et l’expérience vécue. Ce genre de témoignage évolue dans un éther dans lequel peuvent s’engouffrer les émotions les plus indicibles et les comportements les plus inexplicables. Peut-être est-ce pour cela que le Canadien Michael DeForge a choisi ce versant pour attaquer la montagne de sa dépression. Selon lui son récit « le plus autobiographique », Sainte Lacrymonie prend l’abduction comme décor fantastique pour mieux appréhender cette angoissante position où les pieds ne touchent plus terre et où la tête racle le sol.

sainte_lacrymonie_image1Dès la première page, Jackie rencontre le troisième type. Au milieu de la nuit, il est avalé par une bouche géante venue du ciel et se retrouve dans un monde inconnu, à subir la curiosité de créatures protéiformes. Celles-ci s’intéressent notamment à la tristesse insondable dont il semble faire preuve. Ce sentiment qu’elles ne comprennent pas, elles veulent pouvoir l’analyser, le scanner et le reproduire. Pour une fois que quelqu’un tente de comprendre ce que vit Jackie, il leur obéit volontiers. Puis vient la deuxième partie, sur Terre. Là, il tente de partager son expérience à un groupe de parole ayant – peut-être – vécu la même chose. Mais le témoignage des autres membres semble si différent du sien qu’il a du mal à y croire. La dépression semble être une maladie bien solitaire.

On sait Michael DeForge (Un visage familier) en proie à de nombreux doutes sur nos sociétés occidentales. Il parvient régulièrement à les traduire en BD en prenant la tangente science-fictionnelle. Ici, sa recette marche délicieusement bien pour traiter de lui-même. Son dessin spectaculaire, pourtant fait de formes simples et de traits secs, pioche dans l’abstrait pour rendre les émotions plus concrètes. Il faut avouer qu’il fonctionne particulièrement pour parler du noir mental, impalpable par essence. Et le voyage narratif proposé, entre ailleurs galactique et terre-à-terre terrien, dit tout de l’ambivalence d’une santé mentale meurtrie, sachant à la fois que la solution est ailleurs, mais que la vérité est ici. D’un premier abord conceptuelle, Sainte Lacrymonie déploie peu à peu un discours ancré dans une réalité duraille, qui frappe d’autant plus fort qu’on ne l’avait pas vu venir. Le témoignage par la science-fiction.

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