Baptism #1
Actrice célébrée pour sa beauté, Izumi dissimule en réalité depuis des années la décrépitude de son visage. Les rides gagnent peu à peu, mais surtout une tache disgracieuse et même de plus en plus hideuse grignote sa face. Ne pouvant plus supporter son reflet ni surtout l’idée de vivre défigurée, elle organise le pire des scénarios : elle va mettre au monde une petite fille pour récupérer son corps…
Manga culte sorti dans les années 1970, Baptism est réédité par Glénat dans un format agrandi par rapport à sa version française initiale, et avec des pages couleurs. Excellente idée, car la série de Kazuo Umezz (L’École emportée, Je suis Shingo…) n’a rien perdu de sa force narrative, ni surtout de sa profondeur thématique et de sa capacité de transgression. À la fois thriller psychologique ultra violent et conte horrifique (mention body horror), ce premier tome (sur quatre) place l’ambition scénaristique très haut : une fois que son cerveau a été transplanté dans le corps de sa fille prépubère, la mère déviante va tenter de séduire son professeur et accomplir des actes d’une perversité toute adulte. Ce qui produit des séquences très perturbantes, renforcées par le dessin réaliste de l’artiste, dont les silhouettes raides et les visages grimaçants glacent le sang. Terreau fertile pour analyse psychanalytique autant que fiction fantastique jouant avec les limites, Baptism demeure une œuvre à part, puissante et inégalée, tant elle questionne de manière incisive et dérangeante sur l’image de soi, la séduction, la peur de vieillir, la manipulation, la domination des adultes sur les enfants (ou l’inverse?) et la fin de l’innocence. À réserver aux adultes avertis, de toute évidence.
Traduction : Anthony Prezman
SENREI © 1995 Kazuo Umezz SHOGAKUKAN




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