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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 19, 2017

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Beaux livres pour Noël (4)

16 décembre 2016 |

Quatrième sélection de jolis albums à glisser au pied du sapin (pour voir toutes nos sélections précédentes, rendez-vous ici). Recueils de strips, intégrales BD, artbook, ça part tous azimuts !

cul_de_sac_couvCul de sac

Cul de sac est le nom imaginaire et ironique d’une banlieue très « middle-class » de Washington D.C. Dans l’un des innombrables pavillons de ce quartier suburbain vivent Monsieur et Madame Otterloop – des Américains aussi moyens que la classe dont ils relèvent – ainsi que leurs deux enfants : Petey, aux prises avec les affres de la préadolescence, et Alice âgée de quatre ans. C’est à cette dernière que s’attache avant tout Richard Thompson, puisant dans la vie de la fillette le matériau essentiel de ses strips. L’existence d’Alice n’a pourtant rien de remarquable, circonscrite la plupart du temps entre le foyer familial, l’école et le centre commercial le plus proche. Mais en restituant le regard porté par son héroïne au prénom carrollien sur son quotidien, Richard Thompson métamorphose la banale banlieue en un univers surréaliste et hilarant. Et c’est une manière de Pays des Merveilles que devient Cul de sac grâce à la splendide maîtrise scénaristique et graphique de Richard Thompson. Un livre en sélection au Festival d’Angoulême.

Urban Comics, 352 pages, 22,50 € (tome 2 en février).

canard_enchaineL’Incroyable histoire du Canard enchaîné

Le Canard enchaîné souffle en cette année 2016 sa centième bougie. Un siècle d’existence, ce n’est pas rien, surtout lorsqu’on regarde les nombreux événements qu’il a pu traverser depuis le début du siècle dernier. Un siècle, c’est beaucoup d’histoires, de déboires, de scandales retentissants, de casseroles soulevées, d’affaires révélées… avec une idée fixe : défendre la liberté d’expression coûte que coûte. Didier Convard et Pascal Magnat ont décidé de relater cette épopée tumultueuse sous la forme d’une bande dessinée, en prenant comme guide le petit palmipède qui fait office de mascotte pour le journal. C’est une manière originale de traverser l’histoire de notre pays. Le dernier chapitre de l’album propose un jeu du canard, qui s’inspire du jeu de l’oie, et qui case après case, compile l’ensemble des hommes politiques et des célébrités qui se sont faits piqueter le bout du nez pas ce canard toujours aussi déchaîné !

Les Arènes, 180 pages, 22,90 €.

Des fragments de l’oubli

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EP réédite en intégrale la trilogie mélancolique et fantastique de Serge Annequin (La Trajectoire des vagabonds), publiée de 2011 à 2013 chez Paquet. Une bonne idée, car l’atmosphère troublante de cette histoire de deuil mal digéré gagne à être appréciée dans la longueur. On suit Faustine, ado inquiète par l’attitude de son père, comédien perché et fuyant. Leur foyer familial se délite depuis la mort de la maman, comme l’esprit sénile de la voisine d’en face. Et qui est ce nouveau locataire, qui ne se montre pas ? Citant Jules Verne, Baudelaire, voire David Lynch, Serge Annequin envoûte et inquiète, dans un récit étouffant aux couleurs volontairement ternes. Mais qui s’éclaire peu à peu, quand l’espoir revient. Une bande dessinée originale et soignée.

EP, 148 pages, 18 €.

hagar_dunorHägar Dünor

Le quotidien d’un guerrier viking ne se résume pas à piller des villages, à terroriser des populations entières ou encore à sillonner les mers du Nord pour conquérir de nouvelles contrées : il faut aussi savoir être un époux bienveillant et un père attentif. Pour Hägar, c’est incontestablement ce costume de chef de famille qui lui pose le plus de soucis. Entre une femme autoritaire, un fils poète et une fille qu’il n’arrive pas à marier, il a de quoi occuper ses journées. Publiée pour la première fois en 1973 aux États-Unis, Hägar the Horrible (en VO) signée Dik Browne a connu un succès foudroyant qu’elle doit à la sympathie de son personnage principal et à l’esprit de son créateur. Avec plus de 4000 strips au compteur, publié dans les journaux de 53 pays et dans 13 langues différentes, Hägar Dünor est l’un des plus digne représentant du genre strip et fait indéniablement partie du patrimoine de la bande dessinée. Grâce à la collection Urban Strips, il est désormais possible de redécouvrir cette oeuvre à travers une série de très belles rééditions qui compte déjà deux tomes.

Urban Comics, deux tomes, 232 pages, 22,50 €.

topor2Topor, voyageur du livre, vol.II (1981-1998)

Second tome aux Cahiers dessinés de l’exploration du travail d’illustration de Roland Topor, après un premier volume déjà impressionnant. Un recueil de travaux rares, parfois confinés dans des ouvrages pour bibliophiles, ou exhumés de catalogues oubliés. Ironie crue, érotisme bizarre, goût pour le fantastique et l’absurde, on retrouve au fil de ce superbe volume la touche unique d’un artiste atypique. Avec son trait hachuré, tantôt expressionniste tantôt minimaliste, il illustre Collodi, les frères Grimm, Charles Perrault ou Jacques Sternberg, en ajoutant sa vision, entre cauchemar, malice et grand guignol. Incontournable.

Les Cahiers dessinés, 304 pages, 42 €.

Modern Life

Dans le petit monde du graphisme, de la publicité et de l’illustration, s’il y a bien un frenchie à la mode en ce moment à l’étranger, c’est sans aucun doute Jean Jullien. jean_jullien_modern_ligeCe jeune artiste multicarte, qui a suivi ses études au Royal College Art de Londres, surfe en ce moment sur la vague du succès et ne manque de sollicitations de toutes parts. Lui qui s’est fait connaître du grand public par son image « Peace for Paris », devenue l’emblème de la mobilisation populaire suite aux attentats de novembre 2015, vient de publier chez TeNeus une joyeuse compilation de dessins, qui expose avec malice sa vision du quotidien qui rythme nos vies urbaines. Tantôt parodique, tantôt caustique, mais toujours bien vu, il saisit au travers de ses images la justesse de nos existences hyper connectées et de nos journées bien remplies. La simplicité du trait, l’évidence du message, l’essence même de la communication, Jean Jullien se place en digne héritier des grands affichistes qui ont marqué l’histoire de l’art comme Savignac, Cassandre ou encore Villemot. Un univers à découvrir !

Par Jean Jullien. TeNeues, 160 pages, 24,90 €.

Sélection réalisée par Pierre Charrel, Romain Gallissot et Benjamin Roure

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