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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 16, 2018

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Cyclisme et BD : bonne ou mauvaise idée ?

17 juillet 2018 |

Après le football, le cyclisme. Comme chaque année à la même époque fleurissent les BD sur le vélo, Tour de France oblige. Focus sur deux albums : Les Porteurs d’eau, fiction mêlant vélo, dopage et justice, et Raymond, une biographie dessinée consacrée à l’éternel second, Poulidor, chouchou des Français.

Les Porteurs d’eau, l’enfer du vélo

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Jérôme Pignon, espoir du cyclisme lyonnais, souhaite passer pro. Et pour y arriver, il n’hésite pas à faire comme tout le monde : prendre une petite potion magique nommée EPO. Florian Cornu, lui, fait du vélo pour garder la forme et rencontrer les copains. Mais après un deal manqué, les deux potes se trouvent embarqués dans une sombre affaire de trafic qui va les mener de Pourville, près de Dieppe, jusqu’au sommet du Mont Ventoux, ou presque. Car en chemin, c’est le souvenir du père de Pignon, mort d’une embolie pulmonaire à 37 ans, qui va les hanter…

Fred Duval, originaire de Seine-Maritime, ancre son polar cycliste dans sa région natale et fait le lien avec quelques lieux symboliques de la petite reine. La frontière franco-belge, là où en 1998 un célèbre soigneur belge se faisait arrêter en possession de produits dopants (c’était le début de l’affaire Festina). Mais aussi au pied ou sur les pentes du célèbre Géant de Provence, le Mont Ventoux. Voilà pour le décor. Pour l’histoire, une classique course-poursuite entre trafiquants, revendeurs et policiers dans le contexte particulier du milieu cycliste. Un deal se passe mal, une cavale s’enclenche et les souvenirs ressurgissent. Si les séquences s’enchaînent avec rythme, les personnages, brossés rapidement, manquent eux un peu de corps. Les deux jeunes paraissent peu crédibles, naïfs et dépassés, face à ce qui ressemble à la mafia sicilienne. Les vieux briscards du peloton, suceurs de roue, le policier chevalier blanc, l’homme de main acculé… Fred Duval montre bien l’hypocrisie du milieu et l’omerta qui y règne sans en faire trop – tout le monde sait, personne ne dit rien – mais le récit pèche à certains moments par son invraisemblance (une fusillade pour de l’EPO, franchement…). À l’image de la scène du deal au début et celle du Ventoux à la fin. Le dessin semi-réaliste de Nicolas Sure, s’il ne fait pas dans l’originalité, reste plaisant et s’adapte parfaitement à l’histoire racontée. Un petit polar certes pas désagréable mais dispensable, à lire plus pour son suspense que sa portée documentaire.

Les Porteurs d’eau. Par Nicolas Sure et Fred Duval. Delcourt, 17,95 €.

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Raymond, l’éternel second

raymond_couv  Dans un autre registre, la biographie, Jean-François Legrand et Christophe Girard s’intéressent au destin du cycliste français le plus populaire, Raymond Poulidor. Lui qui, même si son palmarès en ferait rougir plus d’un, a gardé cette image d’éternel perdant, abonné aux podiums plutôt qu’aux victoires. La faute à Merckx et Anquetil. Raymond, avec son dessin rond, revient sur la jeunesse du cycliste à la campagne, les années de guerre, la formation à l’école et la naissance d’une passion, nourrie des numéros de la célèbre revue Miroir Sprint. On y rencontre ses amis d’alors, Marcel Cerdan ou Georges Guingouin, et on suit les premiers coups de pédales de Raymond sur une bécane d’un autre temps. L’ivresse de la vitesse et les premières victoires à Saint-Léonard de Noblat, la « Pouliche » savait déjà gagner. Et Louison Bobet de s’énerver face à ce chien fou : « Quelqu’un connaît ce guignol ? Je lui règle son compte.« 

Portrait intime d’un champion en devenir – Poulidor lui-même a collaboré à cet album –, Raymond remonte aux sources d’un mythe finalement accessible et c’est là l’intérêt du livre. Montrer un homme resté simple, humain jusque dans la défaite, malgré l’immense popularité. L’album, sincère mais plan plan, se lit sans déplaisir pour ceux que Poulidor intéresse, même s’il parlera avant tout aux plus anciens. Qui le dégusteront un après-midi devant une morne étape de plat.

Raymond. Par Jean-François Legrand et Christophe Girard. Mareuil éditions, 19,90 €.

 

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