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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | July 29, 2026















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Euy

29 juillet 2026 |
SERIE
Euy
ALBUM
J’a œil noir, j’a œil bleu, j’ête chasseuse
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
19.90 €
DATE DE SORTIE
10/04/2026

euy_image1Euy a les yeux vairons et de longs cheveux roux. Sans peuple, elle a été recueillie par Lance de la tribu des bois et, bien contre leur gré, par les autres membres de la tribu. Grande chasseuse, selon elle, elle accompagne son ami partout, mais le voici qui disparaît et, elle, condamnée à l’exil, avec pour mission de nommer un objet ou animal pour permettre la réincarnation de son Lance. Si Euy est téméraire et ne manque pas de convictions, le réel semble montrer qu’elle est nettement moins forte et rapide qu’elle ne le pensait, et quand elle croise le roué Sorcier et son canibot, cela frappe de plein fouet. Cependant, ce maître manipulateur n’arrive pas autant qu’il le souhaite à ses fins et, de rebondissement en rebondissement, les deux ne cessent de se recroiser, tissant et renversant les alliances au fil des clans rencontrés.

Dans une préhistoire fictive, mais crédible, Léon Maret reprend le principe du récit d’apprentissage – même si, comme souvent, la quête initiale change en cours de route. Les parcours des uns et des autres se complexifient, et l’attachement est fort pour cette petite héroïne à qui l’on ment tant et ce type peu sympathique qui s’avère bien plus touchant quand il baisse la garde. En filigrane, c’est une vie d’apatrides indésirables avançant ensemble qui se dessine.

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Construit en différents chapitres correspondant chacun à un clan croisé, l’album frappe par deux aspects. D’abord, sa construction graphique, alternant des pages formellement assez classiques avec de pleines illustrations de titres et des découpages internes nettement plus modernes (ou, au contraire, nous replongeant dans des traditions Art nouveau revivifiées), où des cases s’entremêlent à d’autres pour construire des narrations parallèles. S’y ajoute le trait de Maret, à la foi très net et limpide, à la lecture fluide dans des paysages somptueux, et pleinement ouvert au grotesque, une soudaine grimace, des corps devenant difformes, etc.

L’autre élément, sans doute le plus marquant, est le jeu sur les langues. Euy parle une langue construite sous des formes simplifiées, comme en atteste le sous-titre (« J’a œil noir, j’a œil bleu, j’ête chasseuse »), et chaque tribu a d’autres modes d’expressions : certains sont plus sommaires encore, d’autres versifient, coagulent les mots, les mélangent… Si un guide final explicite cela, l’album se dévore très bien sans (et même une seconde fois avec joie une fois les clefs données), et suscite un plaisir de lecture particulièrement vif. Ou alors, il faudra s’identifier au sorcier, Maître Fluttard qui possède le talent de parler toutes les langues. Mais il se fait aussi haïr de tous !

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