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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 15, 2018

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Happiness #1-4

4 décembre 2018 |
SERIE
Happiness
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
7.75 €
DATE DE SORTIE
17/10/2018
EAN
2811633146
Achat :

Happiness_extraitAvez-vous déjà eu la rétine agressée, en plein hiver, sous l’effet d’un soleil piquant dont la présence détone ? L’impression d’évoluer dans une réalité altérée où la logique et les habitudes auraient foutu le camp? C’est un peu ce que vit le héros lycéen d’Happiness, à la puissance mille, depuis qu’une vampirette bestiale l’a changé en l’un des siens. À vrai dire, la chute dans la marginalité est au cœur de tous les titres d’Oshimi parus en VF, où de jeunes gens à l’âme tourmentée, aux portes de la vie adulte, évoluent sur une ligne serpentine qui fluctue entre la voie ordinaire et les fascinants bords de route. Dans Happiness, c’est là encore cette exploration d’une strate cachée du monde qui attire, plutôt que le vampirisme en tant que tel : Oshimi n’a pas grand chose de neuf à apporter au thème et son parallèle avec la sexualité adolescente a déjà été vu et revu, notamment dans l’indépassable Vampyre de Maruo. Ici, la transformation en vampire permet à Oshimi, pour la première fois, de faire franchir un point de non retour à son personnage principal qui, contrairement à Takao des Fleurs du mal, ne pourra plus revenir à un quotidien normal.

Ce que le vampirisme apporte, aussi, c’est un bon prétexte aux images enfiévrées et autres envolées graphiques. On connaissait déjà l’Oshimi des métaphores visuelles, celui qui dessinait cet œil détraqué qui recouvre le ciel des Fleurs du mal. Dans Happiness, il emmène sa démarche plus loin et multiplie les marqueurs visuels du glissement vers une vie parallèle, dont le plus emblématique reste – à nouveau – le ciel constellé de spirales que voit Makoto, citation évidente de La nuit étoilée de Van Gogh. À la différence qu’ici, il s’agit moins d’allégories extradiégétiques que de la vision subjective d’un héros en état modifié de conscience – en cela, Happiness perd peut-être un degré de lecture par rapport aux Fleurs du mal, son chef-d’œuvre.

On a parfois du mal, lorsqu’on lit les premiers tomes d’un Oshimi, à trancher entre superficialité décevante et simplicité salutaire : ses récits ne semblent pas raconter grand chose et paraissent très formalistes. Mais par leur épure, ils capturent la quintessence d’un sujet sans s’éparpiller. Au fil des volumes, l’auteur travaille encore et encore les mêmes idées, la même poignée de personnages et, à la manière du mouvement d’une spirale, semble faire du sur place mais ne cesse en réalité de creuser, lentement, jusqu’à créer l’hypnose et parfois atteindre une profondeur insoupçonnée, comme ce fut le cas au cours des Fleurs du mal. Sans doute Happiness, vertigineux mais pas encore arrivé à maturation, suivra-t-il la même trajectoire.

HAPPINESS © Shuzo Oshimi / Kodansha Ltd.

 

Happiness_extrait_2

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