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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 30, 2020















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Le Bord du gouffre

8 octobre 2020 |
SERIE
Le Bord du gouffre
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
15 €
DATE DE SORTIE
20/08/2020
EAN
2390040750
Achat :

leborddugouffre-p2« Pourquoi il fallait que ça tombe sur moi ? » s’interroge Joe sur la page de garde du nouvel album de Noah Van Sciver, l’auteur de la trilogie Fante Bukowski (L’Employé du moi). La situation empire brusquement lorsque sa belle-mère – une sacrée épave – débarque un samedi, n’ayant nulle part où aller. Joe l’appelle « la mutante », parce qu’il lui manque un doigt. Comme elle a apporté de la bière, il ravale sa colère (en vérité, il la vomit dans la douche) et se contente de picoler. Le dimanche, comme tous les jours, Joe repart travailler, mais il réalise qu’il est au bout du rouleau et de la bouteille. Or ce n’est jamais bon signe d’attaquer sa journée de boulot au whisky !

Ce récit en noir et blanc se déroule sur quatre journées seulement, mais cela suffit pour que la vie de Joe bascule. Insidieusement, l’auteur accumule les détails qui ruinent une journée : la pluie incessante, les trajets boulot-dodo, le manque de clientèle, pas assez de pourboires, pas assez à boire, les heures supplémentaires… L’auteur joue sur notre empathie avec un brin de perversité lorsqu’il ajoute des petites touches d’espoir nous laissant croire les choses vont s’arranger pour son personnage.

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Que nenni, il s’agit bien d’un drame social dans lequel Noah Van Sciver aborde de nombreux thèmes : il est question de sexe, de drogue et de rock’n’roll (de vieux), mais surtout de la précarité de la classe populaire américaine – un thème qu’il a déjà exploré dans son fanzine Mon aventure torride (toujours chez L’Employé du moi), récit autobiographique sur son adolescence. Une autopsie de l’Amérique dans la même veine que les récits de Derf Backdef (Mon ami Dahmer, True Stories…), où l’humour noir joue le rôle de scalpel.

L’ambiance a tout pour saper le moral, quelques scènes sont assez trash – et cependant non dénuées d’humour (le mug !) – mais le voyage à Déprimeland vaut le détour pour la chute, tout simplement excellente. Pour la morale, en revanche, on repassera. À réserver à un public averti ne craignant pas le côté subversif de la bande dessinée !

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