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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 19, 2017

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Les Ignorants

24 octobre 2011 |
SERIE
Les Ignorants
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
24.50 €
DATE DE SORTIE
06/10/2011
EAN
2754803823
Achat :

 

Un échange où chacun ressort gagnant. Voilà ce qu’on organisé deux amis, Etienne Davodeau et Richard Leroy.

ignorants_1Le premier est auteur de bandes dessinées (Les Mauvaises gens, Lulu femme nue), le second vigneron, installé dans la Loire. Chacun ignore tout, ou presque, du domaine de l’autre. Ces Ignorants – titre de l’album – vont s’éduquer l’un l’autre, pour le plus grand bénéfice du lecteur.

Etienne découvre le lien entre Richard et ses vignes (« la singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents »), l’importance du sol, la taille, la biodynamie – sans en saisir vraiment l’utilité, il vaporise de la cilice et de la bouse de vache -, ou encore le décavaillonnage, la partie la plus physique du travail (on marche derrière le tracteur qui, comme « une mariée pétaradante et parfumée au gas-oil », est suivie de ses « demoiselles d’honneur titubantes et grimaçantes »).

Ensemble, Etienne et Richard vont voir d’autres vignerons, reçoivent un émissaire du critique Robert Parker, ou assistent à la réalisation de tonneaux. Ils visitent aussi l’imprimerie où le dernier livre d’Etienne Davodeau est fabriqué, les locaux de Futuropolis à Paris, ou les ateliers de Jean-Pierre Gibrat et Emmanuel Guibert. Vivement encouragé à lire des piles de BD, Richard s’endort sur Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons, reste hermétique au style de Lewis Trondheim (lequel, beau joueur, se fend d’une page, présente dans l’ouvrage), s’enthousiasme pour Maus d’Art Spiegelman ou la chaleur du dessin de Gibrat.

En une vingtaine de chapitres subtilement dosés, Etienne Davodeau déroule une formidable « initiation croisée », qui jamais n’ennuie. Avec finesse et pudeur, il met en scène deux non-sachants curieux. Dont l’un est capable de décréter, en découvrant l’exposition qui lui est consacrée à la Fondation Cartier, que « Moebius, c’est pas bon ». Et l’autre de ne pas aimer et verser dans l’évier un vin valant plusieurs centaines d’euros. Deux artisans tout simplement enthousiasmants, qui suscitent l’envie immédiate de déguster un grand cru dessiné en sirotant un chef d’oeuvre liquide.

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