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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 20, 2017

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Leslie Plée revit son adolescence

15 octobre 2012 |

leslie_plee_introDans son premier album (Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses), elle racontait une année — difficile — passée comme libraire chez Cultura. Leslie Plée, 32 ans, a ensuite rassuré les névrosés en exploitant ses propres angoisses (L’Effet Kiss pas cool). Elle ravive aujourd’hui sur ses souvenirs de collégienne dans le très drôle Points noirs et sac à dos. Pour BoDoï, l’auteure revient sur son adolescence.

L.32EDIN000401.N001_PointNSAD_Ip001p056_FRQui est l’héroïne de Points noirs et sac à dos ?
C’est moi à 13 ans. C’était la lose parce que je n’étais pas grande et qu’on me disait de retourner en primaire. À 18 ans, je passais encore pour la petite sœur de mes copines, je n’intéressais aucun garçon, et on refusait de me servir des bières dans les bars. Maintenant, c’est devenu agréable de passer pour une fille de 22-23 ans. Quand on a une adolescence difficile, il faut être patient, après on prend sa revanche… Mais c’est super long!

Quel regard portez-vous sur l’adolescence en général, et la vôtre en particulier?
Il a longtemps été douloureux. Aujourd’hui, je suis amusée par la connerie de cet âge-là, je me dis que tout le monde, même le big boss du collège, a souffert pendant cette période. Moi, je me positionnais vraiment comme une victime, le mouton noir du collège.

Vous n’êtes pas tendre non plus avec le corps enseignant…
Pour écrire cet album, je me suis située à hauteur d’une enfant de 13 ans. À l’époque, je trouvais les profs cruels et intransigeants. Depuis, mon regard a changé — même si, malgré le recul, je peine à avoir de l’empathie pour la prof d’allemand [présentée de manière particulièrement autoritaire dans l’album] !

L.32EDIN000401.N001_PointNSAD_Ip001p056_FRRevoyez-vous les autres SS (sœurs de sang) ? Se sont-elles reconnues dans l’ouvrage ?
Au collège, je n’étais pas si mal entourée que ça. J’avais des copines, mais ces amitiés très fortes pouvaient facilement se détruire. On voit d’ailleurs, à la fin de l’album, que mes personnages ne sont plus copines, elles se piquent leurs mecs, c’est un peu passionnel. J’ai encore des liens avec mes anciennes amies, et j’ai gardé plein de choses de cette période. Dont mon agenda de 4e — qui illustre la page de garde de Points noirs —, et le certificat des SS, avec des traces de sang !

Vos bandes dessinées sont très personnelles, autobiographiques. Comment vivez-vous cette exposition ?
C’est certes autobiographique, mais aussi très scénarisé, avec un peu de fiction dedans pour ne pas ennuyer le lecteur. Je ne me livre pas totalement, mon quotidien n’est pas relaté de façon précise. J’aborde des thèmes universels, ce qui me permet de ne pas me sentir impudique. Lorsque j’ai commencé à bloguer (en 2007), j’avais peu de visiteurs, je ne me posais donc pas la question de l’intimité. Après coup, lorsque je rencontre des lecteurs du blog, je suis un peu embêtée. Je me dis : “tiens, il est au courant de mes problèmes urinaires, c’est gênant !” [voir le post d’octobre sur les calculs rénaux]

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L.32EDIN000401.N001_PointNSAD_Ip001p056_FRDe quelle façon travaillez-vous ?
Le plus important est l’histoire : je l’écris en premier et je réalise un story-board très simple. Je dessine ensuite sur du papier, au critérium, de façon rudimentaire. Et j’ajoute la couleur sur Photoshop, à la palette graphique. J’impulse un rythme à l’album en modifiant la tonalité, pour chapitrer. À la fin, je reviens dix fois sur les mêmes gags. C’est en général le moment où l’éditeur me canalise et m’oblige à m’arrêter…

L.32EDIN000401.N001_PointNSAD_Ip001p056_FRVous êtes auteure de BD depuis quelques années seulement. Quel a été votre parcours ?
J’ai toujours aimé dessiner. Après une année de fac d’arts plastiques, j’ai passé un diplôme de métiers d’art en gravure à l’école Estienne. Et puis j’ai tout arrêté, je voulais raconter des histoires, mais ne me trouvais pas à la hauteur. J’ai alors enchaîné avec un DUT métiers du livre, et ai exercé comme libraire chez Cultura. Le rayon BD m’a un peu décomplexée, et je me suis remise au dessin avec moins d’exigences envers moi-même. Je me suis autorisé un trait simple et minimaliste, pour raconter des choses marrantes. J’ai démarré mon blog en 2007 avec la volonté de donner à lire un vrai récit, et pas des anecdotes isolées. C’est à ce moment que Pénélope Bagieu, éditrice chez JC Gawsewitch, m’a contactée pour publier mon premier livre, Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses.

Quels sont vos projets ?
Je prépare une bande dessinée sur mon chat, Michel. Je pars de l’idée que Michel est un écrivain préparant un livre de développement personnel pour les chats… J’aimerais aussi réaliser deux autres tomes sur l’adolescence, une suite de Points noirs et sacs à dos : on y suivrait une année de seconde et une année post-bac — encore une fois inspirées de mon vécu !

Propos recueillis par Mélanie Monroy

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Points noirs et sac à dos
Par Leslie Plée.
Fluide G., 12€, juin 2012.

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Images © Fluide G.

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