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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 14, 2018

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Monsieur Coucou

21 février 2018 |
SERIE
Monsieur Coucou
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
17.95 €
DATE DE SORTIE
09/02/2018
EAN
280363676X
Achat :

Allan vit en France, où il s’est fait une place dans la famille de sa femme, repoussant le plus loin possible ses racines libanaises. Là où on l’appelle encore Abel. Il ne parle pas à sa soeur qui téléphone souvent, encore moins à sa mère. Mais il s’occupe de sa belle-mère qui meurt à petits feux d’un cancer. C’est d’ailleurs cette dernière qui va le pousser à faire le voyage sur sa terre natale, à la recherche d’un hypothétique remède miracle. L’occasion forcée de se confronter à sa famille, à son passé, aux déchirures trop longtemps tues.

monsieur_coucou_image1Après le touchant Yallah Bye, Joseph Safieddine et Kyungeun Park reviennent avec un nouveau one-shot entre France et Liban, encore autour des thématiques du départ, du déracinement et donc de l’identité. Mais, en empruntant un ton proche du drame familial et non un contexte politico-militaire, ils appuient ici sur le poids des secrets et des non-dits, la difficulté de vivre une double culture, le sentiment de culpabilité du départ qu’il faut enterrer avant qu’il ne vous submerge. Abel rejette la culture musulmane de sa famille, se tient à distance de sa mère qui ne lui montre que mépris, ne comprend pas les reproches de sa soeur qui aurait aimé grandir auprès de son frangin… Sans être larmoyant, Monsieur Coucou prend souvent aux tripes car il touche avec subtilité à l’intime. Et il évoque en filigrane le destin de tous les immigrés (même si la raison de la fuite d’Abel du Liban vers la France est peu claire), contraints de quitter leur terre et leurs pairs pour simplement survivre. Pour mettre en images ce récit poignant, le Coréen Kyungeun Park déploie un style plus réaliste que pour Yallah Bye, plus fin mais pas moins expressif. Dans ses planches lumineuses (les couleurs de Loïc Guyon et Céline Badaroux sont très réussies), on discerne l’évolution des traits d’Abel, à la fatigue et à la tension croissantes, jusqu’au relâchement final. Ensemble, Safieddine et Park livrent une bande dessinée pleine d’émotions véritables et interrogent avec intelligence ce qui fait une famille, par delà les frontières et les destins éloignés.

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