Souterrains
Henri et Lucien sont mineurs. Leur travail ? Creuser, creuser et creuser encore, jusqu’à épuisement. Alors, pour faciliter la tâche des ouvriers – ou leur prendre leur boulot – les patrons ont mis au point une machine révolutionnaire, censée augmenter les cadences et la productivité. Inquiets pour leur avenir, révoltés par leurs conditions de travail, Henri, Lucien et les autres n’entendent pas se laisser faire sans réagir… Mais ils ne savent pas que derrière les patrons, dans les profondeurs de la mine, se cachent des créatures encore plus retorses…
Du steampunk à la sauce marxiste, c’est le projet de Romain Baudy dans Souterrains. Tout commence par une chronique sociale un peu convenue, les patrons cupides et sans scrupules face aux ouvriers qui triment sans relâche avec juste de quoi nourrir leur famille. Puis l’arrivée d’une machine, les compromissions de certains mineurs et l’explosion relancent toute la mécanique narrative, le scénario prenant un tour fantastique sans sacrifier son réalisme social. Les patrons laissent la place à des nains esclavagistes et des créatures serviles aux proportions monstrueuses. Le couple dominant/dominé se reproduit en sous-sol et le récit se mue alors en angoissant survival.
Voilà une BD intéressante qui ne manque pas d’atouts, sur le papier. Des découpages nerveux, un joli graphisme expressif, détaillé et technique (voir les envolées steampunk en pleine page), presque trop propre d’ailleurs ou peu identifiable parfois (voir les créatures monstrueuses). Une histoire rythmée aussi, avec un sens du suspens consommé. Sauf que voilà, ça ne prend jamais tout à fait non plus. Les dialogues, bavards ou bas de gamme, brident le récit et l’enchaînement des faits devient presque trop logique, le mélange des époques (aujourd’hui, la Révolution industrielle et le Moyen-Age) se révélant artificiel. Quant à cette histoire de nains vénitiens venus du Moyen-Age, prétexte au récit, elle se révèle bancale. La critique sociale, elle, déjà vue, ne manque toutefois pas d’actualité, et n’est jamais inutile. Bref, une histoire de révolte plaisante, entre l’aventure fantastique et le drame social, maîtrisée et plutôt fraîche dans ses intentions, mais bien trop scolaire.
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