Un été loin des hommes
La veille des obsèques de sa mère, Frédérique retrouve une photo de famille : sa mère, son père et elle, tout juste ado, en vacances en Corse. Les souvenirs remontent, elle a 12 ans : les tensions entre ses parents avec le spectre d’un divorce, n’être plus une enfant à faire des châteaux de sable et pas encore une grande pour sortir le soir. Et ce crush pour la serveuse du snack de bord de plage… « C’était un drôle d’été… », résume le père.
Un drôle d’été qui révélera beaucoup des sentiments profonds des membres de la famille, et qui forme une jolie histoire pleine des tourments de l’adolescence. Car elle est bien contée par les yeux de la jeune Frédérique, plutôt solitaire et triste de voir ses parents se déchirer, et appréhendant pour la première fois les papillons dans le ventre d’un coup de foudre. Un amour estival qui plus est impossible… Le scénario est bien construit, les mots bien choisis. Les personnages existent en quelques pages, et c’est là toute la maestria de Thomas Campi qui, au-delà de son talent à reproduire la luminosité méditerranéenne par ses aquarelles, saisit avec beaucoup de précision et d’élégance les regards et les gestes qui en disent long. Une fois refermé cet album touchant, on ne pourra regretter une histoire tout de même assez anecdotique, qui en fait davantage une belle carte postale nostalgique qu’une fiction vraiment profonde. Mais qui fera sans doute résonner chez de nombreux lecteurs et lectrices quelques souvenirs émus…





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