Le Procès des affamés
Pourquoi ces trois braqueurs ont-ils tiré sur les passagers du train qu’ils dévalisaient ? D’où viennent-ils et quelles étaient leurs motivations ? Alors que la corde les attend sur l’échafaud, il faut revenir sur le passé de Sheld le magouilleur, Will le simplet et John le chasseur fou.
Pour son premier album à la couverture très réussie, pétri d’ambitions, Jolan Thomas plonge dans la seconde moitié du XIXe siècle américain. Quand les bisons ne sont plus qu’os et légende, décimés par l’homme blanc avide de trophées et d’argent facile. Quand le chemin de fer remodèle l’économie comme les paysages, reléguant les fermiers au rang de prolétaires et non plus de pionniers. Quand les élites des grandes cités de l’est voyagent pour imposer leur vision du monde dans un Ouest de moins en moins sauvage. Dans un style expressionniste, brossé par un pinceau scarifiant le papier comme les trognes de ses personnages – une bande de paumés incarnant un monde finissant –, le jeune auteur compose un thriller à rebours, funèbre et presque halluciné. Devant une construction habile, une efficace caractérisation des protagonistes, et quelque planches frappantes dans l’utilisation de la lumière notamment, on pardonnera alors un scénario trop court qui ne creuse pas assez dans les profondeurs de son sujet, une typo un peu grossière et un niveau de précision aléatoire selon les cases. Un album imparfait mais prometteur pour un auteur à suivre, donc.






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