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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 22, 2017

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2 Comments

Enki Bilal au Musée des Arts et Métiers

5 juin 2013 |

À l’initiative de 9e art + (organisateur du Festival d’Angoulême) et du Musée des Arts et Métiers à Paris, Enki Bilal s’est immergé dans les collections de l’endroit. Le résultat est une exposition rétrospective de l’oeuvre de l’artiste en dialogue avec certaines pièces du musée, baptisé par un néologisme qui sonnera comme une évidence pour les connaisseurs de l’oeuvre du dessinateur-cinéaste : Mécanhumanimal.

bilal_mam01Superbement scénographiée dans un espace à taille humaine, l’exposition présente des originaux d’Enki Bilal – de Partie de chasse à Animal’z et Julia & Roem, en passant par La Femme piège et La Tétralogie du Monstre –, mis en scène face à des objets et machines du Musée des arts et métiers. Que l’artiste renomme de manière poétique, comme des engins d’un futur technologique propre à son univers. Un robot lave-vitre de la Pyramide du Louvre devient ainsi une « sangsue dessous de mise en ordre », un émanateur de radium se transforme en « provocateur de beauté enrichi », une panoplie de tourneur se lit comme un « titilleur-déverrouilleur de mémoire »… C’est drôle et malin, et fait bien sûr penser aux biographies fictives écrites par l’auteur pour son exposition au Louvre.

À noter qu’en partenariat avec Alain Mikli, certaines images de l’auteur ont été reproduites ici dans une version à toucher, partiellement en relief, à destination des malvoyants.

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La question de l’hybridation est évidemment au coeur de l’exposition, qui s’est montée patiemment durant près de trois ans: Bilal y creuse son obsession de l’évolution de l’homme, « augmenté » par des ajouts mécaniques ou électroniques, fusionné avec des formes animales. La réalité augmentée est d’ailleurs au rendez-vous, avec une étonnante installation conçu par Dassault systèmes, qui permet de décortiquer en 3D le « script-walker » de La Femme piège. Hybridation aussi dans les créations d’Enki Bilal pour cette exposition : comme pour Les Fantômes du Louvre, l’auteur a photographié des pièces du musée, pour peindre ensuite sur le cliché. Double déconstruction-recomposition enfin: dans la présentation de l’oeuvre cinématographique de Bilal, avec la projection d’une version condensée de Cinémonstre (qui était déjà une compression de ses trois longs-métrages); et dans celle de son oeuvre en bandes dessinées, avec un accrochage non chronologique mais thématique, qui confronte les planches de différentes périodes comme une relecture globale de trente ans de carrière.

Au final, par le soin apporté à la scénographie, le choix des originaux dévoilés, et l’implication de l’artiste dans sa conception, l’exposition réussit le pari d’ouvrir le monde d’Enki Bilal à ceux qui le connaîtraient peu ou mal, et de lui donner une nouvelle dimension pour ses amateurs les plus fervents. Ainsi que de faire pénétrer un nouveau public dans le très bel établissement qu’est le Musée des Arts et Métiers. Un événement à ne pas manquer, doublé de la publication d’un élégant catalogue chez Casterman.

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Mécanhumanimal.
Exposittion jusqu’au 5 janvier 2014. Du mardi au dimanche, 10-18h (le jeudi jusqu’à 21h30).
Musée des Arts et Métiers, 60 rue Réaumur, Paris 3e.
5,50€/3,50€

Mécanhumanimal.
Casterman, 168 p., 27 €, le 29 mai 2013.
Achetez-le sur Fnac.com
Achetez-le sur Amazon.fr

Photos © BoDoï

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Commentaires

  1. MERINDOL

    Bonjour,

    En voilà une bonne nouvelle : après le Louvre, et jusqu’en janvier 2014, il est de retour avec son univers à Paris…

    Je l’ai découvert il y a plus de 20 ans, grâce à un ami suisse, et j’ai plongé dans le bleu et la trilogie de la Femme piège ou dite Nikopol. Il alimenté une partie de mes envies à l’école des Beaux Arts, où j’étais alors déjà, et il est pour moi depuis un compagnon de voyages, de rêves.. Il a contribué, et d’ailleurs toujours, à la construction de mon univers pictural et militant. Je l’ai aperçu de loin dans des festivals de BD, retrouvé par hasard dans des lieux où je ne pensai pas. Il est fascinant. Je vous souhaite de le découvrir et de l’apprécier.

  2. Francois Pincemi

    Moui. Cela semble plus intéressant que ses photos bidouillées présentées dans une petite salle du Louvre, mal indiquée. Bilal a commencé par la science-fiction, il est normal qu’il s’intéresse aux machines et à la technique. Au fait, a t’il cessé de faire de mauvais films?

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